Flip n’est plus un flop

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    Flip n’est plus un flop
Publié le , mis à jour

Décevant puis blessé en début de saison, le Sud-africain retrouve de son abattage depuis deux mois.

Soyons clairs : s’il avait fallu écrire ces quelques lignes il y a cinq bons mois, l’analyse des performances de Flip Van der Merwe sous le maillot clermontois n’aurait pas été reluisante. « Il y avait de quoi. Tout le monde l’a vu, les observateurs mais aussi le staff et le joueur lui-même, qui était conscient de cette situation. Flip n’évoluait pas à son niveau réel, ce n’était pas lui, pas le joueur que nous avions recruté. Et il était le premier malheureux de cette situation, à chercher des solutions » assume Franck Azéma. Pas besoin de soumettre ce jugement au joueur. Garçon intelligent donc lucide, Van der Merwe prend les devants, dès les salutations (en Français) passées. « Je suis conscient que mes performances n’étaient pas au niveau des attentes. J’ai débarqué à Clermont après le début de la saison. Je me suis retrouvé projetté dans un nouveau pays, avec de nouveaux coéquipiers. Je ne comprenais pas grand-chose aux systèmes et aux annonces. Dans la vie de tous les jours, aussi, le fait de ne pas parler français a été handicapant. Même si le fait de ne pas tout comprendre m’a au moins permis de ne pas trop m’attarder sur les critiques ! (rires) ».

S’en sont suivis un passage au frigo, un autre sur le billard (genou). Bien loin des attentes qu’avait légitimement générées l’alignement des chiffres : 30 ans, 1,98 mètre, 118 kg et surtout 35 sélections avec l’Afrique du sud, où le deuxième ligne est le poste roi. « Mais tout ce qu’on dit du Top 14 est vrai ! En Afrique du Sud, j’ai joué quelques rencontres très rudes. Mais certains matchs que j’ai joués en Top 14 ont surpassé dans l’engagement physique tout ce que j’avais connu jusque-là en Super Rugby », juge le joueur.

Retrouvailles fratricides

De retour aux affaires depuis deux bons mois, Van der Merwe vient d’enchaîner six titularisations en neuf matchs, profitant notamment des absences de Sébastien Vahaamahina et Paul Jedrasiak pendant le Tournoi 6 Nations. Et puis ? Il y a du mieux, très clairement. « Dès son retour de blessure, après son opération du genou, la différence sautait aux yeux. Sur tous les impacts, il tapait plus fort, même aux entraînements. On a retrouvé celui que nous étions allés chercher, fort sur les contacts et la conquête, précieux dans les zones de rucks. On a retrouvé un Springboks à presque quarante sélections », poursuit Azéma.

Sur le rythme et les automatismes du joueur, donc, tout va mieux. Mais aussi sur son investissement dans les joies du combat de l’ombre. Justement là où l’on juge un joueur de son calibre. « Aujourd’hui, j’ai l’impression de revivre. Physiquement, je me sens désormais comme un jeune homme ! (rires) Mentalement, tout le club m’a soutenu dans les moments difficiles, à tel point que j’ai désormais l’impression de jouer pour des copains. Quand le mental et le physique vont, tout le reste suit. Et j’ai enfin l’impression d’être un élément positif pour l’équipe, plus un poids. » Des aptitudes nouvelles que le joueur aura de nouveau l’occasion de démontrer, ce dimanche sur la pelouse du Racing 92. Un club ou évolue son grand frère, François. « Nous sommes très proches, mais il y a toujours eu de la compétition entre nous. C’était déjà le cas quand nous étions enfants, dans le jardin familial, en un contre un. Qui prenait l’avantage ? Il est plus âgé que moi, mais je me défendais pas trop mal... Nous verrons bien dimanche ce qu’il en reste ». On a hâte de voir ça.

Léo Faure
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