Fluctuat nec mergitur

  • Fluctuat nec mergitur
    Fluctuat nec mergitur
Publié le

Le Stade français a tangué cette saison, mais il n’a pas coulé. A l’heure d’assurer le maintien, les Parisiens ont sauvé le club de la capitale d’une éventuelle relégation en Pro D2. Et avec la manière, s’il vous plaît.

Le résumé du match

 

Le Stade français n’a pas tremblé. Le directeur sportif du club parisien Gonzalo Quesada craignait l’inhibition de son équipe face à l’enjeu de la rencontre. Il a vite été rassuré. A la demi heure de jeu, les Stadistes avaient déjà inscrit trois essais (Ross, Danty et Plisson), ne laissant que trois petits points aux "Oyomen" (Quentin Etienne, 7e). Une performance rarement aperçue cette saison du côté de Jean-Bouin. Avant la mi-temps, le capitaine Sergio Parisse et l’ailier Waisea inscrivaient même les quatrièmes et cinquièmes essais scellant quasiment la victoire et le maintien définitif des champions de France en titre. Evidemment, force est de s’interroger sur la valeur de cette victoire. De deux choses l’une: soit le Stade français a réalisé le match de la saison ; soit l’US Oyonnax n’a guère opposé de résistance. La réponse ? La seconde hypothèse semble la plus juste. Oyonnax nourrissait avant la rencontre un mince espoir de maintient en cas de victoire. Cela ne s’est pas vu sur la pelouse de Jean-Bouin. Les joueurs de l’Ain se sont révélés apathiques, notamment en défense. A des années lumières d’une équipe qui espère prétendre rester dans l’élite. Les Stadistes, eux, ont su jouer juste et se montrer réalistes. Victoire logique, auréolée de dix essais, qui attisera probablement quelques regrets, côté parisien.

Le tournant du match

 

On a bien senti dès les premières minutes de la rencontre que le Stade français avait quelques chose à se faire pardonner. Ou comment expliquer autrement la concentration et l’application des Parisiens dès la première minute du match ? Certes, ce ne fut pas le match du siècle – au contraire – mais la maîtrise affichée a tranché avec le manque de constance accompagnant les champions de France en titre tout au long de la présente saison. Tant et si bien qu’il n’y a pas eu véritablement de tournant dans cette rencontre. Ou, si tournant, il y a eu, il s’est déroulé dans les vestiaires en amont de la rencontre...

 

Le plus bel essai

 

En soi, l’essai de Jono Ross ne restera pas dans les annales. Le troisième ligne sud-africain n’a pas même pas eu à forcer son talent, ni sa puissance. A peine a-t-il été effleuré par les défenseurs d’Oyonnax. La raison ? L’ancien capitaine des Bulls de Prétoria a surtout bénéficié de la qualité de la passe et de la vista de Julien Dupuy. Avant le franchissement net et sans bavure du flanker parisien, à deux reprises le demi de mêlée parisien a armé une passe parfaitement calibrée, plaçant ses partenaires dans le bon intervalle et permettant à son équipe de jouer dans l’avancée. Et rebelote à l’instant d’offrir à Ross ce ballon d’essai. Pourtant, à bien y regarder, la passe de Julien Dupuy n’a rien de très académique. Le geste est pur, limpide ; la balle, elle, semble parfois flotter dans l’air, sans vitesse, ni punch, narguant la défense adverse et flirtant avec l’interception. Mais elle parvient à chaque fois au bon endroit, au bon moment. Chapeau, « la grole ».

 

L’homme du match

 

On a souvent parlé de « Parisse dépendance » au Stade français. A juste titre. Seulement, on en a parfois oublié l’influence de Julien Dupuy sur la qualité du jeu parisien. La très large victoire sur Oyonnax est venue rappeler à ceux qui le jugent sans style, ni vitesse combien « La grole » est précieux. Combien son sens du jeu et sa capacité à lire les situations est essentiel à la bonne marche des Champions de France en titre. Samedi, il a encore montré toute l’étendue de ses qualités. Des passes millimétrées, un jeu au pied efficace, il a su mener son équipe vers le maintien. A croire que le poids des ans n’a aucune influence sur le demi de mêlée du Stade français qui fêtera ses 33 ans au mois de décembre prochain. 

 

A Paris

Samedi 15 heures

10 526 spectateurs

Stade français – Oyonnax : 69-8

Arbitre : M. Charabas (CBL)

Evolution du score : 3-0, 3-3, 10-3, 17-3, 24-3, 31-3, 36-3 (mi-temps) ; 43-3, 48-3, 55-3, 55-8, 62-8, 69-8 (score final)

 

Stade français > 15. Camara (22. Bonneval, 58e) ; 14. Waisea, 13. Doumayrou (21. M. Steyn, 64e), 12. Danty, 11. Sinzelle ; 10. Plisson, 9. Dupuy (20. Tomas, 58e) ; 7. Lakafia (19. Burban, 24e), 8. Parisse (cap.), 6. Ross (2. Bonfils, 66e) ; 5. Flanquart (18. Gabrillagues, 64e), 4. Pyle ; 3. Alo-Emile ( 23. Slimani, 41e), 2. Bonfils (16. Burden, 58e), 1. Taulafo (17. Zhvania, 53e)

 

Oyonnax > 15. Denos ; 14. Codjo, 13. Taufa, 12. Hansell-Pune (cap.) (22. E. Sheridan, 32e), 11. Tawalo ; 10. Etienne, 9. Blanc (21. Lespinas, 64e) ; 7. Missoup, 8. Ma'Afu (20. Swerling, 66e), 6. Sobela (19. Taieb, 68e) ; 5. Fabbri (18. Power, 38e), 4. Metz ; 3. Guillamon (23. M. Clerc, 36e), 2. Maurouard (16. Bordes, 55e), 1. Delboulbes (17. Rapant, 36e)

 

Stade français > Points : 10 E Ross (16e), Danty (26e), Plisson (30e), Parisse (34e), Waisea (39e, 44e), Pyle (59e, 74e), Tomas (65e), Bonneval (76e) ; 8T Plisson (17e, 27e, 30e, 35e, 44e, 66e) et M. Steyn (75e, 76e) ; 1P (7e) Plisson.

Blessés : Lakafia (commotion cérébrale), Ross (mai gauche)

 

Oyonnax > Points : 1E Tawalo (72e); 1 P Etienne (9e)

Blessés : Hansell-Pune (commotion cérébrale), Fabbri (commotion cérébrale)

 

*** Dupuy

** Plisson, Ross, Danty, Alo-Emile

* Camara, Bonfils ; Blanc, Metz

 

Les buteurs : 6T/8, 1P/1 Plisson ; 2T/2 M. Steyn ; 1P/2 Etienne ; 0T/1 Lespinas

 

Par Arnaud Beurdeley et Marc Duzan 

 

 

 

midi olympique
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?