« En 2006, le déclic »

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Publié le , mis à jour

Thomas Castaignède a joué aux Saracens de 2000 à 2007, il a vu grandir ce club petit à petit. L’ancien international nous explique comment les Anglais sont devenus une référence en Europe.

Comment expliquez-vous la réussite actuelle des Saracens ? Un club qui s’est construit quasiment en même temps que la Coupe d’Europe, dans la fin des années 90…

Les Saracens sont très jeunes au niveau européen et même au niveau national. Il a fallu tout construire, et on ne peut pas le faire du jour au lendemain. En 97 les dirigeants sont partis de zéro, il y avait uniquement une section amateur, il a fallu bâtir une équipe, acheter des joueurs, créer une dynamique avec les supporters. Le succès est arrivé rapidement avec une victoire en Coupe d’Angleterre, avec François Piennaar (capitaine des Springboks et champion du monde 1995),Philippe Sellat et Michael Lynagh. Et la même année, le championnat leur tend les mains, et ils finissent à un point de Newcastle. Puis après pendant de nombreuses saisons il y a eu beaucoup d’instabilité, dû à ce succès très rapide et après ils se sont rendus compte qu’il fallait du temps. Et d’abord créer un état d’esprit plus fort que les individualités qui sont allées chercher.

Quand le club décide de vous prendre en 2000, c’est le premier budget d’Angleterre et par la suite, zéro titre jusqu’en 2011…

Oui, mais des équipes comme Leicester, Bath et les Wasps étaient costaudes aussi. Et dans le même temps, beaucoup de grands joueurs étaient arrivés au club. C’est sur qu’il y a eu de l’investissement et aucuns résultats par la suite. Mais il y a eu un virage fort…

Lequel ?

D’abord François Piennaar qui a apporté Johann Ruppert (milliardaire sud-africain), qui lui-même est venu soutenir Nigel Rey dans ses ambitions. Et surtout il y a eu l’arrivée en 2006 de Brendan Venter, il a apporté un état d’esprit, et surtout une stabilité à ce club au niveau des dirigeants et des entraîneurs et cela a permis de construire dans le temps ce que l’on voit aujourd’hui.

À l’arrivée de Mark McCall en 2009, on a l’impression que le club prend une autre dimension…

D’abord il y a eu Venter, c’est lui qui a changé les choses dans ce club. C’était un club avec beaucoup d’étrangers, d’individualités qui n’avaient pas trop l’esprit du collectif. Les joueurs internationaux anglais du club, eux, avec la Coupe du Monde gagnée, ne se préoccupaient pas de leurs carrières internationales. Le club n’avait pas d’objectif précis et il est arrivé, il a changé cette mentalité. Venter a apporté la gagne au club et grâce à ca, tout s’est enchaîné avec l’arrivée de Mark McCall qui est venu compléter ce travail fourni. Le club a voulu garder d’anciens joueurs pour faire la transition avec la jeune génération. J’ai vu Brad Barritt arrivé et aujourd’hui c’est une méga-star, ça s’est fait dans le temps.

Justement parlons de la formation des Saracens, aujourd’hui des joueurs comme Farrell, Itoje, Kruis, Alex Goode sont issus de l’Academie du club…

Goode avait commencé à mon époque. Owen Farrell qui avait 14 ans, nous balançait des ballons à l’entraînement quand on s’entraînait au pied. Le club a compris que pour se développer, il fallait s’associer avec les écoles de rugby locales. De là, il y a eu un énorme travail, ils ont cru très tôt au potentiel de joueurs comme Farrell et Goode et Jamie George, qui sont venus très jeunes au club et aujourd’hui on voit le résultat.

On a l’impression de voir un groupe uni, une bande de copains.

Ils acceptent la concurrence, c’est un état d’esprit sain. La preuve, tous leurs voyages ne sont pas anecdotiques, la fête de la bière à Munich, le voyage à Dubrovnik et la virée aux Etats-Unis, tout cela resserre le groupe. Ils veulent montrer qu’ils sont sérieux mais tout en ayant une vraie vie de groupe. Je suis allé plusieurs dans les vestiaires et c’est des mecs qui s’aiment, c’est certain.

 

Par Philippe Peronne

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