Candelon : « Le VII a une importance majeure dans la formation du joueur. »

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    Candelon : « Le VII a une importance majeure dans la formation du joueur. »
Publié le , mis à jour

Julien Candelon a fait le choix il y a quatre ans de se tourner vers le rugby à 7 à temps plein. Il ne regrette rien même s’il avoue quelques moments de doute et fait de cette étape parisienne un rendez-vous en forme de tremplin pour le 7 de France.

En quoi cette étape du circuit mondial à Paris est-elle importante pour l’équipe de France à 7 ?

Tout d’abord, parce que ça fait dix ans qu’on n’a pas vu une étape de 7 en France. Ensuite, c’est l’avant dernier tournoi des World Series, c’est à dire tout proche de la fin de saison avant l’échéance importante des jeux Olympiques.

Quels souvenirs conservez-vous de la dernière étape à Paris ?

J’y étais ! C’est grâce à cette expérience il y a tout juste dix ans à Charléty que je n’ai pas hésité à m’engager à 7 lorsqu’on m’a contacté. L’expérience avait été fabuleuse. Certes, c’était à Charléty, qui n’est pas un stade de rugby. Certes, un an plus tôt (en 2005), la France avait gagné le tournoi. Mais, en tant qu’acteur, mes premières impressions avaient très bonnes. Aujourd’hui, le VII a grandi, il s’est professionnalisé, il s’est durci et s’est véritablement médiatisé. C’est aujourd’hui une discipline très sérieuse et très exigeante.

Vous souvenez-vous de cette date où vous avez choisi de délaisser le XV pour embrasser une carrière de « septiste » ?

Je m’en souviens bien, j’étais en voiture du côté de Lyon. Je cherchais à m’évader mentalement, en famille. C’est Emile Ntamack, un ami, qui m’a parlé le premier du VII. C’est lui qui m’a soufflé l’idée de m’engager avec la FFR. Quand il m’a dit ça, avant même d’avoir Jean-Claude Skréla au téléphone, j’avais déjà presque pris ma décision. A ce moment-là, j’avais des envies d’ailleurs. Je savais que je devais de système. Je commençais à être usé par le Top 14 et le nouveau challenge proposé par la FFR était très séduisant. A l’époque, il y avait quatre étapes. La première, c’était de qualifier la France à la Coupe du monde 2013 ; la deuxième la jouer ; la troisième, se qualifier pour les JO ; la dernière, disputer les jeux Olympiques. Avec des objectifs aussi beaux, il n’y avait pas besoin de cogiter très longtemps.

Avez-vous fait un sacrifice financier à l’époque ?

Bien sûr, c’est un beau sacrifice. Mais, même si ça peut surprendre, pour moi le salaire n’a jamais été un critère important. J’ai toujours privilégié le plaisir. C’est pour ça que dans ma carrière, je suis toujours resté longtemps dans les clubs où je suis passé : six ans à Toulouse, quatre à Narbonne et cinq à Perpignan. Aujourd’hui, ça fait quatre ans que je suis avec l’équipe de France à VII et je me sens bien. Je n’ai pas besoin d’aller voir ailleurs. La compensation d’un effort financier, pour moi, elle est par le plaisir. C’est primordial.

Avez-vous eu tout de même des moments de doute ?

Oui et même très vite. à XV, je faisais partie de ceux qui avait plutôt de bons tests physiques. à VII, quand je suis arrivé, j’étais parmi les mauvais élèves, notamment sur la vitesse. Première claque. Mais le système est différent du XV. Le VII permet de bien travailler. Aujourd’hui, j’ai des tests physiques presque meilleurs à 36 ans que lorsque j’avais 30 ans à XV. Mais je suis une anomalie car dans toutes les grandes nations du VII, essentiellement anglo-saxonne, le VII fait partie des cycles de formation. Moi, j’ai fait l’inverse. J’ai fait toutes mes classes à XV pour finir à VII. Et je me rend compte, à 36 ans, que j’apprends encore beaucoup de choses sur l’aspect technique. Le VII a une importance majeure dans la formation du joueur. Une prise de conscience est primordiale sur cet aspect-là. J’ai vraiment envie que le VII change de braquet et passe à la vitesse supérieure.

Après les jeux Olympiques de Rio, quels seront vos objectifs ?

Vu mon âge, il y a peu de chance que je postule pour ceux de Tokyo (2020). à moins que la science avance à grands pas et m’apporte un peu de jouvence (rires). J’ai découvert à VII toute ce que cela pouvait apporter à un joueur et j’ai envie de transmettre ce message. Dans quelques temps, il faudra que je décide d’arrêter, mais pour l’instant, je n’en ai pas envie. En tout cas, la date n’est pas arrêtée, je n’ai pas prévu de conférence de presse (rires). Évidemment, je ne projette pas plus loin que les JO, mais j’ai toujours autant d’envie.

Arnaud Beurdeley
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