Vignau-Tuquet ou le retour de flamme

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    Vignau-Tuquet ou le retour de flamme
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L’ancien ouvreur professionnel, Antoine Vignau-Tuquet, a rompu deux années d’abstinence pour vivre l’aventure aturine en deuxième division Fédérale. Il avoue avoir fait une découverte.

Jean-Bernard Duplantier et Antoine Vignau-Tuquet n’étaient pas des étrangers l’un pour l’autre. Ils avaient partagé une saison montoise en 2002-2003 et il en était resté quelque chose qui tient à l’affect. Alors, quand le coach à la forte personnalité a rejoint en 2015 son club d’origine qui venait d’accéder à la Fédérale 2, le coup de fil passé à l’ancien international moins de 19, moins de 21 ans et à VII, deuxième meilleur réalisateur du Pro D2 2006, n’est pas resté sans réponse. Le pari de « Jean-Ber » était culotté car Antoine Vignau-Tuquet n’avait pas rejoué depuis deux ans et la chute du Stade montois de l’étage Top 14. Sa première préoccupation a été de s’interroger sur ses capacités sportives. « Je me suis posé la question : vais-je y arriver ? avoue-t-il. Habitué chez les pros à la remise en question, je me suis donné les moyens de relever ce challenge avec un double objectif : prendre du plaisir et aider mes coéquipiers. Cela m’a fait revisiter le rugby différemment en m’entraînant trois fois par semaine à côté de mon emploi. Et ça m’a fait du bien. »

Le choix d’Antoine Vignau-Tuquet a été aussi influencé par des éléments extrasportifs. Le club a facilité sa reconversion au sein d’une entreprise de luminaires et mobiliers design qui le relient à sa formation d’architecture d’intérieur. À Aire-sur-l’Adour, l’ancien cadet d’Arudy qui n’avait le souvenir que de Pau, de Colomiers, de Dax et de Mont-de-Marsan, a plongé dans un monde inconnu : « J’ai été agréablement surpris par l’ambiance, l’état d’esprit et le sérieux de garçons dont certains n’ont porté que ce maillot. C’est une jolie découverte. J’étais attendu et je n’avais pas le droit de trop décevoir. En revanche, j’ai été choqué de rencontrer à ce niveau des mecs pros qui s’entraînent et qui font de la musculation tous les jours. C’est limite au niveau de la sécurité car les rapports de force sont disproportionnés. »

Ce constat n’explique pas la rétrogradation sportive que vient de vivre l’Avenir aturin un an après sa montée. Il y a des raisons plus objectives à la déception d’être sorti de plusieurs matchs, perdus de peu, avec des regrets. « L’équipe était plus faible que ses concurrentes, tout simplement, argumente Antoine Vignau-Tuquet. Mais le jeu proposé est très agréable à pratiquer. Jamais je ne me suis ennuyé sur le terrain, les ballons que j’ai joués au pied ont été assez rares. »

"Je prenais moins de plaisir"

Cette transition entre le passé de rugbyman professionnel et le présent aturin, Antoine Vignau-Tuquet l’a vécu entre déchirement et soulagement : « Un déchirement parce qu’on se retrouve seul et qu’une nouvelle vie commence. On reçoit moins d’aides de l’environnement. Mais cela a été aussi un gros soulagement parce que j’étais parvenu à un stade où j’aimais moins ce que je faisais, je prenais moins de plaisir. J’avais vraiment besoin de souffler, pendant deux ans je n’ai plus eu l’envie de jouer. » Jusqu’à l’appel de Jean-Bernard Duplantier. Prolongera-t-il son aventure aturine la saison prochaine ? À 34 ans, Antoine Vignau-Tuquet est entré dans une phase de réflexion. Marié, papa de deux enfants, il est un homme très affairé au quotidien. À ses occupations, il doit ajouter la charge d’éducateur des cadets du Stade montois et le soutien technique à des joueurs qui souhaitent améliorer leur jeu au pied et leurs performances de butteur.

Est-ce à dire que se dessine pour lui un avenir dans le rugby ? La réponse claque : « Le rugby, je sais de quoi c’est fait et la vie que cela implique. Je ne suis pas sûr d’être fait pour ça. Mais les interventions ponctuelles m’intéressent. » La flamme n’est pas encore éteinte. Par Gérard Piffeteau

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