Barry : « Le rugby à VII doit perdurer après les JO »

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    Barry : « Le rugby à VII doit perdurer après les JO »
Publié le , mis à jour

Steeve Barry, originaire de la Charente a commencé le rugby dans le club de Ruffec en 2000, à l'âge de 9 ans. Mais aujourd'hui, il a trouvé dans le rugby à VII un réel épanouissement. Il nous explique alors son aventure dans cette équipe avec un seul objectif en tête : les jeux Olympiques.

Comment s'est faite cette transition entre votre carrière à XV et celle plus récente, à VII ?

 

Steeve Barry : « J'ai découvert le rugby à VII à l'âge de 19 ans lorsque j'étais avec les espoirs de la Rochelle. A l'époque en début de saison, nous avions pour habitude de jouer des tournois de VII, et vers l'âge de 19/20 ans, je suis champion de France avec l'équipe à VII de la Rochelle. De là, au sein de l'effectif rochelais, nous avons été deux/trois à être sélectionné pour passer des tests avec l'équipe de France. Pendant quelques temps j'ai donc partagé mon temps entre les tournées de rugby à VII et ma vie de quinziste avec le club de la Rochelle. Et l'année qui a suivi ils m'ont proposé un contrat. »

 

Cela n'a pas été trop difficile d'allier votre vie entre ces deux rugbys ?

 

SB : « C'était assez dur d'un point de vue physique surtout. J'ai eu beaucoup de mal à prendre le rythme du rugby à VII. De mon point de vue, et pour l'avoir vécu, il faut bien un an pour obtenir pleinement ce rythme. De plus, j'ai du faire évoluer mon jeu. A XV je n'avais pas pour habitude de lire le jeu mais plus d'avancer coûte que coûte. Au rugby à VII, avancer n'est pas vraiment le maître mot. En reculant même, on peut délivrer un espace plus loin. »

 

A quel moment de votre jeune carrière avez-vous décidé de vous consacrer pleinement au rugby à VII ? 

SB : « Lorsque j'ai appris que le rugby à VII devenait sport olympique et qu'on pouvait potentiellement participer aux Jeux. Mais pas seulement. C'est un sport dans lequel je prends toujours autant de plaisir à jouer. On touche beaucoup le ballon, on est tout le temps concerné. Et je ne vais pas mentir en disant que ce sport nous fait beaucoup voyager et c’est vraiment plaisant. Quand j'ai signé j'avais 20 ans, et j'ai quasiment fait le tour du monde avec cette équipe. »

 

Selon toi, est-ce que n'importe quel joueur à XV peut espérer jouer à VII ?

 

SB : « A part certains fidjiens comme Nakarawa qui est le seul deuxième ligne à jouer à VII, cela devient difficile pour un première ou deuxième ligne de passer du XV au VII. Il faut tout de même avoir de bonnes aptitudes physiques. De plus, même en venant sur deux ou trois étapes c'est compliqué. C'est un travail de longue haleine. »

 

Comment expliquez-vous que de plus en plus de quinzistes intègrent les équipes nationales à VII ?

 

SB : « Bien sûr que les JO ont eu une grande part de responsabilité dans cet engouement. Cela fait quatre ans que nous nous préparons pour ces jeux, et bizarrement la dernière année, beaucoup de joueurs intégrent l’équipe (rires). Mais dans toutes les nations c'est un peu comme ça. Maintenant ce qui serait bien c'est qu'après les JO, justement cet engouement perdure. Le tournoi de Paris, nous a fait une bonne pub en tous cas en France, puisque ça a été un réel succès. Même nous, joueurs, on l'a ressenti. »

 

Justement, trouvez-vous que le public commence à s'intéresser à cette discipline ?

 

SB : « Si on voulait de la gloire et des pluies de médias, nous n’aurions pas choisi le rugby à sept (rires). Maintenant, je dois avouer, que ce tournoi de Paris a très bien marché. Et on découvre de plus en plus d'engouement autour de nous, surtout sur les réseaux sociaux. Mais, la popularité de ce sport tient sur nos épaules aussi et nos résultats. Si nous finissions dixième à chaque tournoi, bien sûr que les gens ne vont pas s'intéresser à nous. Il faut ouvrir les yeux ».

 

En parlant de résultats justement, vous allez avoir l'occasion de nous prouver encore de belles choses dans ce tournoi de Londres. Comment s'est déroulée votre préparation ?

 

SB : « Jeudi nous avons fait une séance d'opposition avec les Canadiens et notamment contre nos futurs adversaires dans ce tournoi, les Portugais. Ce n'est pas très commun de faire des séances d'opposition avec l'équipe qu’on affronte. Mais avec l'arrivée des quinzistes, c'est l'occasion aussi pour eux de se mettre dans le bain. L'intérêt était de faire le plus de jeu possible. »

 

Et si nous nous projetons plus loin, et que nous parlons jeux Olympique, tu me réponds... ?

 

SB : « Ça serait mentir que de dire que je n'ai pas envie de les faire. Si je me suis investi à 100% dans cette aventure c'est aussi pour les Jeux à Rio et je ne louperais cette occasion pour rien. Mais si je n'y vais bien sûr que je serai déçu mais j'aurais une autre aventure à vivre derrière. »

 

Et cette aventure va donc se passer du coté de la Rochelle, pouvez-nous en parler ?

 

SB : « Après l'objectif Rio, j'avais envie de me lancer un nouveau challenge. A 20 ans, je n'ai pas pris l'opportunité que le club de la Rochelle m'offrait puisque je voulais me consacrer pleinement au VII. J'ai donc décidé de prendre cette opportunité pour la saison prochaine. Pour l'instant je me suis engagé pour deux ans. Ça me fait un peu peur de retrouver le rugby à XV, mais c'est aussi plaisant de rencontrer un nouveau groupe et de tout faire pour gagner sa place. La Rochelle c'est aussi un vrai choix de cœur, on peut même dire que la saison prochaine j'aurais deux casquettes : joueur et supporter du même club. »

 

 

Par Jessica Fiscal.  

 

 

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