Simon-Champ : une campagne de proximité

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    Simon-Champ : une campagne de proximité
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Lucien Simon et Eric Champ étaient mardi dernier à Châteauneuf-du-Pape pour mettre des mots sur le mal du rugby français et parler de leur programme. Midi Olympique les a suivis, comme il l’avait fait pour la campagne de Bernard Laporte. 

Le regard circulaire, Éric Champ l’avoue sans peine : il y a de plus beaux endroits que Marcoussis pour parler de rugby. Après Sisteron, il y a une quinzaine de jours en ouverture d’une série de rencontres avec les dirigeants de clubs, le caveau du chai du Domaine Ogier où lui et Lucien Simon ont donné rendez-vous à quelque quatre-vingts dirigeants du rugby provençal offre un cadre propice à leurs paroles, au débat plus qu’à la campagne électorale, à la rencontre plus qu’au sermon. Pourtant, tout ça ressemble à s’y méprendre à une messe, de l’acoustique du caveau digne d’une église médiévale à la sagesse des fidèles buvant les paroles d’Éric Champ, de Lucien Simon et de Jean-Claude Ballatore dans un silence… religieux. Et n’eut été l’excellence de l’AOC papale qui vinifie en ces lieux et qui n’a rien d’un vin de messe, on aurait pu croire à un office.

En l’absence d’Alain Doucet, retenu sous d’autres cieux, Jean-Claude Ballatore rejoint donc les deux précurseurs du projet pour aborder, ensemble, quelques grands thèmes. On y relève l’incohérence du projet du Grand Stade pour espérer le retour au Parc des Princes dont le seul nom résonne comme un programme, on y parle de ce XV de France qui a perdu de son pouvoir de faire rêver, on y évoque le calendrier et une élite à trente-deux clubs, le pas en arrière pour servir d’élan, la formation déficiente, l’argent si mal employé, l’immobilisme d’une Fédération assoupie, l’énorme loupé du rugby à VII…

Des mots d’Éric Champ, on retiendra le respect, l’équilibre, l’authenticité, des paroles de Jean-Claude Ballatore, les multiples inquiétudes et de la faconde de Lucien Simon, la nostalgie du temps où le rugby français s’érigeait en modèle avec cette incroyable capacité à captiver un auditoire qui jubile à force d’anecdotes. « En ce temps-là, nous avions nos héros », assène l’avocat aixois sous le regard nourri de quelques-uns d’entre-eux. Éric Champ, donc, mais aussi Jean-Luc Aqua, présent dans les coulisses de cette campagne électorale et Léon Loppy, venu en ami et voisin pour reformer une troisième ligne tout autant toulonnaise qu’internationale qui a choisi de s’afficher en première. En première ligne, il s’entend.

Perspective du merveilleux

Depuis l’analyse très dogmatique du modèle disparu du rugby français, Lucien Simon ajuste sa rhétorique : « On nous a vendu le modèle de l’hémisphère Sud comme étant le seul viable, on nous a promis la fin du Tournoi des 6 Nations, puis on nous a fait croire que le modèle irlandais était pour nous… Lors d’un comité directeur après la dernière Coupe du monde, j’ai même entendu un dirigeant proclamer qu’il fallait nous inspirer du rugby argentin. Comme si nous étions condamnés à copier les autres. Le rugby français possède une spécificité : sa cellule de base est le club. C’est là que notre cœur bat, c’est là que naît le joueur de haut niveau, c’est là que l’on commence à rêver. Je ne renoncerai pas à la perspective du merveilleux. »

 Personne à convaincre bien évidemment, il y a peu d’amoureux de ce jeu qui ne puisse partager pareil constat. Pas dans cette salle en tout cas. Les dirigeants de club partagent leur passion mais aussi leurs souffrances communes, des inquiétudes matérielles et concrètes (que faire de l’équipe réserve ? La formation de joueurs à VII ne va-t-elle pas avoir un impact sur la formation des avants ?…). Pourtant, ils se remettent un peu à rêver, avec une certaine nostalgie. « Le problème de ceux qui nous taxent de romantisme, c’est qu’ils ne sont pas bons. Tout simplement. » Lucien Simon sait parler, cela n’a rien d’un scoop, ses mots touchent juste et le nectar des vignes alentours a tôt fait d’enrober de velours ses évidentes intentions. Que d’aucuns jugeraient bonnes. Par Jean-Luc Chovelon

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