Bernard Pontneau : « Un an à souffrir »

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    Bernard Pontneau : « Un an à souffrir »
Publié le / Mis à jour le

Le dernier match à domicile est l’occasion pour le patron d’un club promu mais heureux de dresser le bilan de la saison et de se projeter sur la prochaine.

En tant que président, attendiez-vous à vivre une saison finalement aussi simple en Top 14 ?

Ce serait manquer d’humilité et être arrogant de classer notre saison comme simple. C’est toujours à la fin que l’on sait si l’on se trompe ou pas. En début d’année, l’équipe a eu des difficultés à voyager. Nous avons gagné quelques matchs à l’énergie au Hameau. Après, c’est sûr que notre bon parcours à domicile nous a permis de nous maintenir assez rapidement mais tout cela n’a pas été simple. Nous avions un groupe qui, dans sa grande majorité, découvrait le Top 14. On avait choisi de le faire confiance, de leur adjoindre des joueurs de grande qualité et d’expérience mais on s’est appuyé sur les joueurs qui avaient participé à la montée. C’était un pari, il a été relevé. Le travail a payé.

Quelles ont été les bonnes surprises cette année dans ce groupe ?

Je parlerai de satisfaction. Tout d’abord, je crois que nous avons participé à aider des garçons à progresser de manière individuelle. Je pense aux Jacquot, Charlet, Fumat ou Marques. Ils avaient un sacré challenge à relever : être de véritables joueurs de Top 14. Ils l’ont démontré. C’est très bien que nous souhaitions inscrire la Section dans une forme de stabilité, continuité et ils ont plus que répondu à notre attente. Après, je tiens aussi à signaler l’apport de Jean Bouilhou, Damien Traille et Julien Pierre. Ils ont amené tous les trois leur savoir-faire du très haut niveau, sur le terrain mais aussi en semaine au quotidien, par leur exemple aux entraînements. Enfin, l’arrivée de nos deux champions du monde, Colin Slade et Conrad Smith, nous a permis de franchir un double palier, sportivement et médiatiquement. Ce sont deux personnalités remarquables, qui ont compris qu’elle était leur mission.

Au rayon regret, celui de ne pas avoir pu ou su conserver Samuel Marques, qui est l’une des révélations de ce Top 14, non ?

Oui, c’est un véritable regret car c’est un garçon qui est avec nous depuis l’association, c’est-à-dire les équipes de jeunes. Je suis d’accord, il s’est vraiment épanoui au plus haut niveau cette année, là où il a été formé. Après, comment résister à l’appel d’un club comme le Stade toulousain ? Je crois qu’il a souhaité se mettre en danger pour poursuivre sa progression, qui n’est pas terminée j’en suis persuadé tout comme son histoire avec la Section.

Cela veut dire qu’à l’image de Jean Bouilhou, vous seriez disposé à l’accueillir pour sa fin de carrière ?

Pourquoi sa fin de carrière ? Il n’a pas signé pour dix ans et on va suivre ses aventures toulousaines avec attention.

Quel sera l’objectif l’an prochain ?

On doit aborder le prochain Top 14 avec une ambition maîtrisée mais déterminée ! L’équipe dirigeante de ce club est composée d’un groupe d’entrepreneurs. On doit fonctionner comme dans nos entreprises, avec un plan de marche. Il est établi et on va s’affairer à le suivre. Ce que l’on souhaite, c’est s’installer durablement dans ce championnat et la deuxième phase de notre mise en place doit se faire avec progression et une plus grande exigence. On sait aussi que les années se suivent mais ne se ressemblent pas en Top14, où, chaque été, le niveau monte et les équipes s’arment de plus en plus.

Pourquoi avoir pris comme entraîneur des avants Carl Hayman, qui n’a aucune expérience à ce poste ?

Déjà, on aime bien les paris. Après, il sort de l’école rugbystique la plus performante au monde : la Nouvelle-Zélande, qui a pas mal de similitude avec la nôtre. En tout cas, plus à mes yeux que celle sud-africaine. Il faisait partie des gens disponibles qui correspondaient à ce que l’on souhaitait mettre en place. Il rentre dans un cadre bien précis et va nous faire partager sa rigueur. Je suis persuadé qu’il va nous amener une vraie plus-value.

Et renforcer l’axe néo-zélandais du club ?

Cette consonance néo-zélandaise, je la revendique. Pourquoi ne pas s’inspirer de ce qui se fait de mieux dans le monde ? 

Surtout que les apports réussis de Simon Mannix, puis du duo Slade-Smith, doivent vous pousser à continuer dans ce sens…

Simon représente de par son expérience le bon mélange entre la rigueur anglo-saxone et ce besoin de créativité de notre rugby. Il a un très gros vécu, a connu le rugby de village à Romans, une grosse écurie avec le Racing et une franchise axée sur la grande Coupe d’Europe avec le Munster Je crois que nous avions besoin d’une personnalité forte comme manager. Lui souhaitait s’affirmer dans ce rôle et pour le moment notre duo fonctionne très bien. Il commande le navire !

Du coup, on entend ici et là que la Section devient de plus en plus une franchise et utilise de moins en moins des joueurs du cru…

Je réfute formellement cet argument. D’abord, nous allons finir la saison largement au-dessus des quotas de Jiff imposés par la Ligue. De plus, cela me fait doucement rigoler quand j’entends cela. La Section continue de former et de sortir des joueurs dans son équipe première : Julien Jacquot où Quentin Lespiaucq-Brettes en sont des bons exemples. Et que dire de Thibault Daubagna ! Sans compter Damien Traille. Visiblement, certains sont myopes ! (sic)

L’an prochain sera-t-il marqué par des travaux au stade du Hameau ?

Oui. La première réunion de travaux s’est déroulée la semaine passée. On doit en passer par là. Nous sommes en plein dans un pays de rugby et nous avions besoin d’une cathédrale. On l’aura en septembre 2017. La saison prochaine, notre capacité va être amoindrie, de 2000 à 3 000places. On ne pourra pas satisfaire tout le monde en termes d’abonnement. Nous avons un an à souffrir et après… 

Pierre-Laurent Gou
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