Trélissac : Périgord blanc… doré

  • Trélissac : Périgord blanc… doré
    Trélissac : Périgord blanc… doré
Publié le , mis à jour

Jeune club de 55 ans, le SAT est passé en huit ans de la première série à la Fédérale 1. Un monde qu’il va découvrir, humblement, mais en refusant de jouer les victimes expiatoires.

La générale Claudette Moreau et son état-major mènent un farouche combat pour maintenir en vie le CA Périgueux. Sur le terrain, comme ils l’avaient promis, les « Soldats » ont répondu présent en gagnant la bataille de l’accession à la Fédérale 2. Dès lors, on aurait pu envisager dans quelques mois la première rencontre véritablement historique entre les très proches voisins du Périgord blanc : Périgueux et Trélissac. Mais le sport nous a réservé l’un de ces coups de théâtre dont il a le secret. C’est ainsi qu’à cinq kilomètres du stade où le Cap éliminait Layrac, à la même heure, les Trélissacois célébraient leur bonheur d’atteindre l’élite amateur. Ironie de l’histoire singulière de deux clubs qui se croisent, le SAT devient le numéro 2 du Périgord-Agenais derrière Agen, une position que le Cap a occupé durant des lustres.

De fait, c’est l’aventure actuelle du rugby trélissacois qui suscite un réel intérêt. Quand les présidents Pierre Laurent et Frédéric Soppelsa ont pris les clés de la maison jaune et rouge en 2008, ses joueurs évoluaient en Première Série. Parmi eux, s’illustrait Greg Mercier qui entraîne aujourd’hui au côté de Stéphane Labrousse lui aussi ancien joueur. Huit ans plus tard, juste au-dessus du Sat il y a le Pro D2. À peine croyable. Cette stabilité qui confère aux deux coachs une parfaite connaissance du contexte local et du potentiel sportif, pèse d’un certain poids dans cette spectaculaire réussite. Greg Mercier sait d’où il vient, mais déjà il se projette : « Avec Stéphane (Labrousse, N.D.L.R.) nous avons travaillé sur un projet qui tient la route. Nous voulons conserver le groupe et l’étoffer. Nous allons découvrir la Fédérale1 et le club a besoin de s’organiser en interne. Dans le domaine sportif, le besoin d’un préparateur physique et d’un manager se fait sentir afin que nous puissions mieux nous concentrer sur le rugby. » Les capitaines Julien Houy et Mathieu Archambeau, les « cadres » Mohamed Ben Hamida, Bernard Mignot, Mathieu Queille, le trio des rassurants François Beaugendre, Samuel Galetti, Florent Cazeaux et les jeunes talents comme Robin Gennesson seront là pour poursuivre l’extraordinaire aventure.

« Nous sommes des battants »

En marge du sportif aussi le chantier est ouvert, et il est de taille. Depuis l’événement, le club est en train de se poser les bonnes questions et de réunir tous les éléments d’appréciation pour aborder ce virage délicat. L’ampleur de la tâche pourrait se résumer à la seule indication du budget qui est cette saison de 450 000 €. En montant d’un étage avec le statut de club leader du département de la Dordogne, les présidents espèrent approcher les 700 000 €. « Pour essayer de rivaliser, disent-ils. Mais il reste des clubs qui nous ressemblent. » Quant à savoir si le SA trélissacois hésite à accepter le cadeau que ses joueurs lui ont offert, la réponse de Pierre Laurent claque : « On y va ! Nous allons entrer dans un autre monde, mais si on ne montait pas il n’y aurait plus de clubs de Fédérale 1 dans le département. D’autant que notre niveau de formation baisse. Nous sommes des battants, nous devons nous fixer des objectifs et des défis à relever. Il faut lever la tête dans les moments difficiles. Notre objectif sera le maintien et sinon ce ne sera pas une catastrophe. Nous avons au moins à cœur de tenter l’aventure. » Avec les mêmes présidents aux commandes ? Comment en douter après ces huit années d’un contenu sportif exceptionnel et cet aveu présidentiel : « C’est une passion qui est devenue religion. »

Par Gérard Piffeteau

midi olympique
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?