Brock le Magnifique

  • Brock le Magnifique
    Brock le Magnifique
Publié le / Mis à jour le

Arrivé en 2006 à Clermont, Brock James fera ses adieux au public clermontois ce dimanche au stade Michelin face à La Rochelle. Le demi d'ouverture aux trois cent matchs rejoindra son adversaire du soir la saison prochaine.  

C'était il y a 10 ans, Brock James ou James Brock -certains médias faisaient la faute- posait ses valises en France. Jeune joueur de 24 ans, l'Australien quitte la côte occidentale de son pays (Perth) et sa franchise des Western Force pour le climat de moyenne montagne de l'Auvergne en compagnie de son futur entraîneur Vern Cotter. Très peu utilisé en Super 14 (seulement 10 matchs) lors de la saison 2005-2006, l'ancien ouvreur des jeunes Wallabies arrive sur la pointe des pieds sans parler un seul mot de Français. Accueilli par Jamie Cudmore, le numéro 10 se souvient : « Je pense que mon premier repas en France, c'était avec Jamie. Il m'avait emmené au restaurant.On a passé beaucoup de temps ensemble, sur le terrain et au-dehors».

Mais le public clermontois n'aura pas de mal à adopter le wallabie. Meilleur réalisateur dès sa première saison dans l'élite française, James réitérera cette performance durant les trois saisons suivantes établissant même un record avec 41 coups de pied consécutifs lors de la saison 2008-2009. Ambidextre, le demi d'ouverture de Clermont marquera les pelouses de Top 14 sous le maillot jaune avec ses coups de pied d'occupation, sa technique et sa justesse dans le jeu avec comme point d'orgue le bouclier de Brennus après trois finales perdues « Soulever le Bouclier de Brennus en 2010, après la quatrième tentative. C'était un gros soulagement et une joie de finalement toucher ce bout de bois » avouait James. On pourrait presque croire que James n'a rien à se reprocher, et pourtant si, en défense jugée « trop légère », le joueur au 2057 points inscrits en Top 14 n'a jamais fait l'unanimité, les adversaires allant systématiquement le chercher. Autre ombre au tableau, une défaillance mentale lors de grands rendez-vous notamment à Dublin en quart de finale de Hcup (2010) face au Leinster où James loupe 23 points au pied.

Malgré cela, le demi d'ouverture est dans les petits papiers du sélectionneur de l'époque, Marc Lièvremont. Tout porte à croire que le clermontois foulera les pelouses de Marcoussis. Mais une sélection avec l'équipe de rugby à VII d'Australie lui ôtera tout espoir.

Et maintenant La Rochelle

A lire le début de ce papier ou d'autres articles, on aurait tendance à penser que Brock James met un terme à sa carrière. Mais non, c'est une page de dix ans qui se tourne pour le joueur, pour l'homme « On a fait dix belles années ici,quand on est arrivés, ma femme avait 21 ans, j’en avais 24. On a passé un tiers de notre vie ici. C’est difficile de partir." Aimé du public, qualifié de travailleur et de personne très humble, « Brocky » laissera un immense vide dans le cœur des Auvergnats.

L'an prochain, le franco-australien -nationalité FR obtenue en 2013- sera du côté de la Rochelle, son adversaire de dimanche. Hasard ou destin ? On vous laisse le droit de réponse.

Peu utilisé cette année (7 matchs en tant que titulaire), ses pépins physiques et la titularisation de Camille Lopez n'ont pas arrangé les choses. Avec 588 minutes jouées, c'est son plus petit ratio en Top 14. Avec une signature pour 2 ans en Charente, James a expliqué être attiré par un beau projet « C'est un club très jeune, une équipe jeune également, avec beaucoup d'ambition. C'est ça qui m'a attiré. Après, ça a aussi été un choix familial. J'avais envie de vivre une autre expérience en France ». Une expérience qui nous permettra de continuer à voir sur les pelouses du championnat « l'homme aux gants ».  

Par Lionel Girard

midi olympique
Voir les commentaires
Réagir