Les plaisirs grisants du jeu

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    Les plaisirs grisants du jeu
Publié le , mis à jour

Une pluie d’essais, des gestes racés, des regards déterminés, et même un léger début de « générale »... Les finales universitaires de rugby à issoire ont tenu toutes leurs promesses.

Le clou de la journée était assez enivrant. Joueurs et spectateurs se laissaient happer par la finale d’Elite XV masculine, une bière à la main. Et même plusieurs parfois, histoire de célébrer ou d’évacuer la frustration. Mais toute la tribune du stade Jacques-Lavédrine (accessible gratuitement pour l’occasion) restait focalisée sur l’étourdissant (et inédit) affrontement entre l’UJF Grenoble et l’Université Lyon 1.

Tous ces spécialistes n’étaient d’ailleurs pas avares de commentaires : « le quatorze là, parmi les meilleurs », tranchait « Tuc », ouvreur de l’INSA Toulouse : « trois ballons touchés, il les a tous bonifiés ». Les filles n’étaient pas en reste : « T’as vu comment il a fixé », appréciait une joueuse de Bordeaux. ça chambrait aussi avec un léger accent breton, ça taquinait en ch’ti, et ça rigolait fort chez les Caennaises…

Car le spectacle était grisant. Lyonnais et Grenoblois se livraient, forts d’une densité physique digne d’une bonne équipe de Fédérale 1. Le combat était rude dans les rucks, entre ces joueurs qui sont pour la plupart des espoirs du Lyon OU, du CS Bourgoin-Jallieu ou du FC Grenoble. Et au moindre espace, les cannes des trois-quarts créaient des brèches, et des frissons chez les spectateurs.

Le scénario était idéal : après un début de match raté les Grenoblois revenaient dans la partie, et les deux équipes arrivaient à la pause sur un score de parité (18-18). Avec le vent, les Lyonnais accentuaient l’écart en début de seconde période, mais l’UJF Grenoble ne s’avouait pas vaincue. à l’instar de leurs acolytes Rennaises (sacrées le 5 mai à Marcoussis en élite féminine), les étudiants de l’Université Lyon 1 soulevaient finalement le bouclier d’élite masculine, lors d’une rencontre à 9 essais (43-35) !

Le jeu au-delà de l’enjeu

C’est sûrement l’une des réussites de cette journée : le spectacle était au rendez-vous, avec 7 à 8 essais par rencontre, provoqués par des gestes plaisants et inspirés. Malgré des équipes assez bien organisées défensivement, les joueurs et joueuses de Nationale 2 cherchaient (et trouvaient) des espaces, bien incités en cela par leurs entraîneurs. Sans se laisser tuer par un enjeu fratricide, INSA Lyon et INSA Toulouse, en finale des grandes écoles, proposaient beaucoup de jeu, ce qui permettait aux sudistes de conserver leur titre.

Cette tendance était aussi flagrante durant les tournois Oval U, visant à l’initiation et au développement du rugby*. Malgré leur courte expérience, les joueurs ne se focalisaient pas plus sur l’affrontement que sur l’évitement. Le ballon vivait après contact, les joueurs passaient les bras, les relayeurs éjectaient vite… Peu importe les disparités de niveau, les intentions étaient bel et bien présentes. Pour tout notre plaisir !

* Synthétiquement, chaque équipe ne peut pas compter, sur la feuille de match, plus de 15 % de joueurs licenciés FFR la saison précédente.

Par Antoine Faure

Au cours de ces finales universitaires, d’autres ont réussi à s’imposer notamment lors de matchs de rugby à huit ou même à dix.

Les joueuses de l’Université Paris V - Descartes ont remporté le tournoi final Oval U féminin à 8.

Les Lyonnais de l’Université Lyon 3 ont remporté le tournoi final Oval U masculin à XV.

Montpellier est sorti grand vainqueur de la Finale Nationale 2 face à STAPS Orsay sur le score de 37-15.

L’INSA Toulouse conserve son titre des grandes écoles face à INSA Lyon (41-12)

Les Bordelaises ont remportés la finale Nationale 2 féminines de rugby à 10.

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