Jake White : "Il n'y a plus besoin de s'entraîner ni de parler"

  • Jake White : "Il n'y a plus besoin de s'entraîner ni de parler"
    Jake White : "Il n'y a plus besoin de s'entraîner ni de parler"
Publié le , mis à jour

A quelques jours de la demi-finale face à Toulon, Jake White aborde le match sereinement. L'objectif est clair, faire le doublé. 

Comment se passe la préparation ?

Jake White : Je crois que nous en sommes à seize ou dix-sept semaines de matchs consécutives. Les rencontres face aux Harlequins, Bordeaux, le Racing et Toulon ont été très difficiles pour nous. Donc pour la préparation, l'idéal pour nous est de prendre deux ou trois jours pour récupérer de la fraîcheur. Et entrer vraiment dans la préparation quand nous arriverons à Rennes.

Comment abordez-vous ce match ?

J.W. : Il n'y a plus trop besoin de s’entraîner ou de parler. Ce qui est important, c'est d'être prêts physiquement et mentalement ce week-end. Je l'ai beaucoup répété, Toulon est une très bonne équipe, avec un très bon entraîneur. Ils ont gagné la coupe d'Europe trois fois d’affilé et le Top 14. Tous les matchs sont difficiles, mais la demi-finale contre Toulon le sera encore plus, et j'en suis conscient.

Justement, que pensez vous de votre adversaire de samedi ?

J.W. : Ca sera plus difficile car c'est une bonne équipe, qui joue au niveau européen depuis longtemps. Bernard (Laporte) fait du bon travail avec eux. Ils sont toujours dans le groupe de tête en championnat, ce groupe de joueur a la culture de la victoire. Comme je l'ai dit, nous avons enchaîné seize ou dix-sept matchs, et c'est délicat pour nous d'être sur le pont chaque semaine et de maintenir nos performances. Mais, et j'insiste là-dessus, c'est un moment très excitant pour Montpellier. Ce sera un terrain neutre, je ne suis jamais allé à Rennes, comme certains des joueurs. C'est fantastique pour ce groupe de joueurs d'avoir une nouvelle occasion de participer à une finale. Le groupe de Toulon comporte beaucoup de joueurs qui ont joué la Coupe du monde, ou qui sont dans le Top 6 du championnat. Et ils ont bénéficié d'une semaine de repos en plus. Je suis donc certain qu'ils seront prêts et qu'ils feront un bon match. A nous aussi de faire un bon match aussi si nous voulons l'emporter.

Qui pensez-vous que le public va soutenir à Rennes ? 

J.W. : Je ne sais pas, car je ne sais pas d'où viendra le gros des supporteurs. Rennes est à la fois loin de Toulon et de Montpellier, donc je ne sais vraiment pas. Toulon est une marque, un symbole en Europe et dans le monde. Et nous voudrions à notre tour accéder à ce statut. N'oublions pas qu'ils ont commencé comme nous, avant d'être une marque c'était de grands joueurs dans un petit club qui voulait se faire une place dans le Top 6. Nous sommes ce que Toulon était il y a six ans. Peut-être qu'en France on aime soutenir les outsiders, les petits. Alors peut-être que le public sera derrière nous car nous somme le petit !

Quelles sont, pour vous, les clés pour gagner le titre ? 

J.W. : Nous pourrons y arriver de la même manière que nous y sommes arrivés cette année. Quand j'ai commencé ici, on m'a posé la même question. Comment faire ? Comment gagner ? Je crois qu'il faut simplement continuer à faire ce qui fonctionne pour nous. Nous avons un bon effectif de joueurs qui veulent réussir avec le club, ils sont heureux, ils s'entrainent dur, et ça ne doit pas changer pour ce week-end. Nous devons nous entrainer dur, nous préparer correctement, prendre du plaisir à ce que nous faisons, et nous donner une chance. Il n'y a plus que quatre équipes qui peuvent gagner le Top 14 et nous en faisons partie. Tant que nous sommes en vie, nous devons continuer de jouer.

Dans quel état est votre groupe ?

J.W. : J'ai quelques blessés, mais je les annoncerai plus tard dans la semaine. Je ne voudrais pas que vous alliez dire aux Toulonnais qui va jouer et qui ne jouera pas. Certains des blessés s'en sortiront, pour d'autres ça me parait trop risqué pour ce week-end. Mais je ne le répèterai jamais assez, c'est un moment très excitant pour nous. Ce groupe de joueurs va jouer une demi-finale à Rennes, contre une des meilleures équipes d'Europe. (On entend des chants dans le fond) Vous pouvez les entendre, ils sont heureux, ce sont les équipes heureuses qui se comportent comme ça. C'est ce qui m'importe, qu'ils soient heureux, qu'ils gagnent, qu'ils travaillent bien. Ils ont la chance d'affronter une équipe incroyable. Ce que Toulon a fait ces six dernières années, toutes les équipes anglaises, françaises, essaient de le faire. Et avec le départ de Bernard Laporte, je suis certain qu'il y aura de l'émotion chez les Toulonnais. Ce sera un autre défi, car les joueurs voudront bien faire. Leur président a fait du Top 14 leur seul objectif puisqu'ils ont été éliminés de la Coupe d'Europe. Tous ces facteurs entreront en compte de manière majeure pour nous.

D'ailleurs, quelles sont vos relations avec votre homologue de samedi, Bernard Laporte ? 

J.W. : Ca fait longtemps que je connais Bernard. Il avait visité l'Afrique du sud en 2000, avant de prendre l'équipe de France. Il était venu à Durban, il avait séjourné chez moi. J'ai souvent discuté avec Bernard, il m'avait même demandé de venir entraîner à Bayonne, j'étais prêt à accepter mais je ne sais pas trop ce qui s'était passé, je crois qu'un des sponsors s'était retiré. Je suis resté en contact avec lui, j'ai un grand respect pour lui. Je sais que cette compétition est dure, et même si c'est difficile il faut être prêt toutes les semaines, et il a fait des merveilles avec Toulon. Les gens ne voient que le fait qu'il a beaucoup d'internationaux, peu de Français, mais on s'en fiche. Il a raison, car son équipe a gagné trois Coupes d'Europe. Que ce soit en foot, en basket, en rugby, une équipe qui gagne trois coupes d'Europe a forcément quelque chose de spécial. Mais j'espère que ce sera son dernier match.

Qu'est-ce que Bernard Laporte a appris de vous ?

J.W. : Je ne lui ai rien appris quand il était venu en Afrique du sud, c'était surtout du partage. Il allait devenir entraîneur national et il voulait savoir à quoi ça ressemblait en Afrique du sud. Il est venu voir comment ça se passait au niveau du travail d'analyse, comment était le rugby. Quand on devient entraîneur d'une équipe nationale, c'est bien de voir ce qui se passe dans les autres pays. Et comme c'était une période où je travaillais avec les Sharks, nous avons eu la chance de passer du temps ensemble, alors que je ne le connaissais pas. Notre relation dure donc depuis seize ans. J'ai entraîné les Boks, il a entraîné la France pendant huit ans. Nous nous sommes donc affrontés de nombreuses fois, et il a plus souvent gagné que moi. Il est peut-être temps que je gagne plus que lui.

A quel genre de match vous attendez-vous ?

J.W. : A vrai dire, je m'attends exactement au même match qu'il y a deux semaines. C'est ce qui nous donne de la confiance. Toulon était venu ici pour gagner, ils en avaient besoin, mais nous avions triomphé. Ca nous donne de la confiance car ils n'avaient pas pris ce match à la légère. Mais en même temps, je ne suis pas naïf non plus, car c'est une grande équipe, qui arrivera reposée après une semaine de repos, et qui a joué tant de demi-finales, qui a connu tant de situations similaires. Rendons leur hommage, s'il y a quelque chose qu'ils font mieux que tout le monde, c'est d'être en forme au bon moment. Si vous regardez leur début de saison et leur parcours, ils n'ont gagné que seize matchs, et ils ont quand même fini deuxièmes. C'est parce qu'ils savaient quand jouer, quand ne pas jouer, quand aller chercher des points de bonus, quand faire revenir les blessés, quand faire jouer les JIFFs et les non JIFFs. Et ça leur réussit ! lls ont trouvé la recette pour finir fort en Top14, et on ne peut que les respecter pour ça.

Propos recueillis par Julien Louis

midi olympique
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?