Clermont-Racing : Le sol donnera le la

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    Clermont-Racing : Le sol donnera le la
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Une des clés consiste pour les Clermontois à ne pas se laisser dicter le rythme du match. Donc de rivaliser dans le jeu au sol.

Depuis la qualification du Racing, le défi du jeu au sol revient comme une rengaine aux oreilles clermontoises. Par deux fois déjà cette année, l’ASMCA en a fait les frais. En perdition en décembre, l’équipe avait sombré dans ce secteur. Malgré sa domination en mai, elle avait laissé échapper la victoire pour les mêmes raisons. La réputation européenne des Franciliens tient aussi à cette capacité à contrôler le tempo dans des zones où seuls les Saracens, imbattables à ce jeu, les ont châtiés. Pour le reste, ils impressionnent : soutiens, puissance et expérience leur permettent de dicter les sorties de balle. Ils ralentissent la cadence des attaques, créent des turnovers et du déséquilibre, et se montrent très habiles pour provoquer des fautes.

Pour preuve, en barrage, Ben Arous et consorts ont gratté six ballons. Et les sept pénalités inscrites ont toutes été obtenues sur des fautes au sol toulousaines. Franck Azéma synthétise : « Ils ont mis le match à leur rythme et l’ont cadenassé. »

« Ne pas aller contre son ADN »

Face à ce défi, Alexandre Lapandry l’affirme : « On a ciblé quelque chose. » Cette mystérieuse tactique pourrait bien s’inspirer de la finale de la Coupe d’Europe. Très disciplinés, les Saracens avaient collé au ballon sans se consommer. Un condensé de ce que Franck Azéma martèle : « Être placés avant eux, que ce soit en attaque ou en défense, être plus rapides dans les déplacements. » Avec lucidité et précision, pour ne pas offrir de points aux buteurs franciliens.

Mais le choix austère des Anglais (mêlée-défense-occupation) s’appuyaient sur une densité physique hors-norme. Une dimension moins présente chez les Clermontois. Et les Sarries cherchaient avant tout à ne pas perdre. Ce qui ne correspond pas au jeu auvergnat. Le coach ne veut donc pas tomber dans l’imitation : « Tu ne peux pas copier, c’est quelque chose qui est propre aux Saracens. » Avec en écho, l’expérience de la dernière finale de Top 14 où la stratégie du combat avait failli.

Une autre option, alors ? « Essayer de les surprendre par les endroits où on va jouer. » Entendez, multiplier les temps de jeu et alterner entre attaques latérales et courses verticales. Concentrer la défense et créer des surnombres, à l’instar de ce que les Auvergnats ont réussi à Toulon en avril. Il faudra toutefois s’adapter, selon qu’Alexandre Ruiz favorise l’attaque ou récompense la défense sur les déblayages. Franck Azéma l’affirme : « Il faut maîtriser l’adversaire mais aussi le contexte et l’enjeu. »

Voilà certainement pourquoi, de par sa couverture du terrain et sa discipline présumée supérieure à celles de Viktor Kolelishvili et Peceli Yato, Alexandre Lapandry devrait être titulaire. Le plan est manigancé, reste à savoir s’il fonctionnera.

Par Antoine Faure

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