Le Racing toujours vivant

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    Le Racing toujours vivant
Publié le , mis à jour

Sûrs de leur force contre Toulouse, les Racingmen arrivent aujourd’hui au bout d’une interminable saison.

Marathon Men

Les Racingmen ont disputé trente-neuf rencontres depuis le début de la saison. « Nous en sommes même à dix-huit matchs consécutifs, plaide Laurent Labit. Personne n’a joué autant que nous, en Europe. » Et les Saracens, auteur d’un doublé outre-Manche ? « Leur calendrier est plus serré que le nôtre, poursuit l’entraîneur des trois-quarts franciliens. Leur saison est d’ailleurs terminée depuis trois semaines… » Assis sur l’un des plus beaux effectifs du vieux continent, les deux Laurent et Ronan O’Gara se sont appuyés sur un turnover intelligent pour faciliter la montée en puissance de leurs soldats, au fil des semaines. Et malgré les blessures de Chris Masoe, Luc Ducalcon, Casey Laulala, François van der Merwe ou Brice Dulin (touché à un genou contre Toulouse, l’arrière ciel et blanc fut longtemps incertain), les Racingmen terminent la saison sur les chapeaux de roue. « Nous sommes supérieurs à ce que nous étions l’an passé, martèle le triumvirat des Hauts-de-Seine. Jouer une demi-finale aide aussi les joueurs à oublier les bobos, la fatigue. » Afin de prémunir le groupe de tout risque de surchauffe, les coachs franciliens ont néanmoins axé la semaine sur de la récupération. Labit enchaîne : « Clermont n’a pas disputé les phases finales de la Champion’s Cup et régénère son effectif depuis plus de quinze jours. Franck Azéma a eu le temps de peaufiner les réglages et dessiner son équipe type. Notre problématique était différente. »

La logique du risque zéro

Samedi soir, face à Toulouse (21 à 16), les Racingmen s’étaient resserrés autour d’un projet de jeu sécuritaire, un alignement souverain (cinq ballons gagnés), une emprise totale sur les rucks (lire ci-dessous) et la patte gauche de Dan Carter. En sera-t-il de même ce soir, à Rennes ? Ronan O’Gara assure que son équipe ne pourrait vaincre Clermont sans marquer le moindre essai. De là à croire en une glorieuse farandole…

« Tous les matchs de phases finales se ressemblent, tranche Laurent Labit. Que ce soit en Champion’s Cup ou en Coupe du Monde, la réflexion devient tout autre, dès lors que terminent les matchs de poules. L’adrénaline, la peur de mal faire, le stress et la pression prennent le dessus. » Plutôt séduisants au cours de la saison régulière, les Racingmen réduiront donc la voilure en Bretagne. Le but ? Prendre Clermont là où il est friable : dans la dimension physique, un secteur de jeu où les colosses du Stade toulousain (Tekori, Picamoles, Johnston…) n’ont d’ailleurs pas existé, à Colombes…

S’il est un regret…

Depuis la défaite en finale de Champions Cup (21 à 9), les Racingmen ont enchaîné quatre victoires face à la Section paloise, La Rochelle, Montpellier et Toulouse. De fait, la désillusion lyonnaise est bel et bien digérée. Pourtant, y pensent-ils encore lorsque le soleil se couche et survient le temps du rêve ? Labit, encore : « Je serai très clair avec vous : je ne regrette pas d’avoir titularisé Dan Carter en finale de Champions Cup. Si c’était à refaire, je referai exactement la même chose : même diminué, son expérience, sa vision du jeu et sa seule présence étaient primordiales en début de match. »

En revanche, les deux Laurent et Ronan O’Gara estiment aujourd’hui s’être trompés dans l’appréhension psychologique de cette finale européenne. « Nous en avons trop fait sur les Saracens, conclut Laurent Labit. Pendant des jours, nous avons répété à nos joueurs à quel point cette équipe était prête, dangereuse, ambitieuse… Nous aurions dû axer la semaine sur nos forces, pas sur les leurs. Ça nous a desservis… »

Marc Duzan
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