Demi-finales Top 14 : opposition de styles ?

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    Demi-finales Top 14 : opposition de styles ?
Publié le , mis à jour

Va t-on assister comme quasiment chaque année à des demi-finales pratiquement sans spectacle ?

Voilà, c’est fini. Comme presque tous les ans, les barrages n’auront servi qu’à reposer les deux leaders du championnat puisque ce seront bien les quatre premiers de la phase régulière qui auront l’honneur de s’affronter à Rennes. Ainsi, concernant les techniciens, l’une des affiches sera rien moins qu’un « revival » de 2007 entre Bernard Laporte et Jake White, tandis que la seconde opposera des techniciens français, successeurs potentiels du sélectionneur Guy Novès dans quelques années, à savoir le clermontois Franck Azéma et le bien connu duo Travers-Labit. Et le jeu, dans tout ça ? Oh, il devrait finalement ressembler à rien de moins que ce que les cerveaux de leurs équipes veulent mettre en place, avec les moyens du moment. Ainsi, pour Bernard Laporte dont le RCT présente la meilleure attaque du championnat, le salut pourrait bien passer par le mouvement compte tenu des absences du moment (à commencer par celle de son numéro huit Duane Vemeulen) face à la monolithique phalange des Langueboks de White, qui a tout bonnement écrasé son rival castrais à grands coups de biceps. Quant aux Clermontois d’Azéma ? Au vu des leçons du match de Toulouse, qui a laissé entrevoir quelques failles dans la cuirasse du Racing 92 après plusieurs temps de jeu, la solution pourrait en effet se trouver dans un élargissement des débats, d’autant que les partenaires de Szarzewski n’ont pas leur pareil en Top 14 dans l’art des ballons portés. De quoi attendre deux alléchantes oppositions de style, vous dites ? Sur le papier, en effet, on pourrait y croire…

Conquête, défense et discipline

Sauf que cela serait, finalement, bien peu connaître le rugby que d’espérer cela. Pourquoi ? Parce que, comme les barrages l’ont une nouvelle fois montré, l’art de vaincre en Top 14 relève davantage de la méthode Clausewitz que de l’audace napoléonienne. Entendez par là que ce n’est pas l’équipe qui joue le mieux, mais bien celle qui empêche le mieux son adversaire de jouer, qui l’emporte le plus souvent… Voilà pourquoi on ne serait guère étonnés de voir Clermontois et Toulonnais se contenter d’un rugby minimaliste. En effet, Varois et Auvergnats ne sont pas plus idiots que les autres, et ont assisté depuis leur canapé aux barrages, ainsi qu’aux finales européennes à Lyon. Lesquelles ont indiqué quoi ? Que les Saracens ont battu le Racing 92 en lui imposant une grosse mêlée, du jeu au pied et une grosse défense, tandis que les Harlequins ont cédé face à Montpellier justement pour ne pas avoir su le faire, s’exposant trop facilement. Si bien que l’opposition de style promise pourrait à nos yeux très bien tourner court (trop court), pour accoucher d’une immense souris, à savoir des équipes se regardant dans le blanc des yeux en attendant (ou au mieux provoquant) la faute de l’autre. Même si l’on souhaite se tromper, bien entendu…

Nicolas Zanardi
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