Bonfils marque des points

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    Bonfils marque des points
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Premier test passé avec succès. Même si il a souffert dans le défi physique individuel, le talonneur Rémi Bonfils a sans doute marqué des points dans l’esprit du sélectionneur Guy Novès. Retour sur une première sélection pleine de promesses.

 

Bonfils, ça bataille

 

 

 

Chapo

 

 

 

N’est pas Teddy Thomas qui veut. Souvenez-vous. L’ailier du Racing 92, pour sa première sélection avec le XV de France avait réussi l’impossible : inscrire trois essais. C’était à Marseille en novembre 2014, contre les Fidji. Mais, ils sont tout de même rares ceux qui ont fêter leur première sélection en équipe de France par un essai. Rémi Bonfils, lui, pourra à jamais se targuer de cet honneur. Deux ballons portés après touche, un essai, c’est du bon boulot pour le néo-capé parisien. Sans doute se souviendra-t-il à jamais de ce carré de pelouse haute et grasse dans l’angle droit du stade José Fierro de Tucuman. Comme toujours, dans ce genre de situation, le talonneur du Stade français s’est relevé, ballon en main et fierté en bandoulière, et a immédiatement remercier ses partenaires. Son bonheur, il aime le partager, Rémi Bonfils. Pas le genre à tirer la couverture à lui. Un peu plus tôt dans la semaine, interrogé sur ses premières impressions en bleu, il n’avait répondu qu’à la première personne du pluriel, comme si il était gêné qu’on s’intéresse à lui.

 

Pourtant, il va peut-être falloir qu’il s’habitue aux sollicitations médiatiques. Parce que, disons-le tout net, Rémy Bonfils a plutôt répondu aux attentes du staff technique. D’abord, il a assuré les fondamentaux, ponctué d’un 100% de réussite sur ses lancers en touche. Ensuite, il a montré une très belle activité dans le jeu de mouvement. « Je ne fais pas 130 kilos, avait-il ironisé en amont de la rencontre comme pour mieux signifier qu’il n’avait pas un profil de talonneur à l’ancienne se baladant de rucks en mêlées. J’ai plutôt un profil de talonneur dynamique. C’est donc un projet de jeu très séduisant dans lequel je pense pouvoir m’épanouir. » Et d’ajouter : « Mais j’ai tout à prouver, tout à faire. » Dimanche, dans la nuit « tucumanas », il a fait un partie du boulot. Mais une partie seulement...

 

Evidemment, le poste de talonneur en équipe de France n’est pas ouvert. Il est même verrouillé à double tours. Le capitaine Guilhem Guirado a relégué tous ses concurrents à des années lumières par la répétition de ses performances hors-normes durant le dernier Tournoi des 6 Nations. Mais, Rémi Bonfils a démontré, contre toute attentes et dans un contexte où on lui avait promis, à lui et ses partenaires, un vrai cauchemar sud-américains, qu’il n’était peut-être pas si loin du niveau international.

 

Force est de s’interroger sur les manques à combler pour celui qui est encore pour quelques jours champion de France en titre. Face aux Pumas, il n’a pas souffert du rythme. Au contraire. En revanche, il est apparu en difficulté dans le défi individuel, la faute peut-être à un physique hybride. A chaque fois qu’il a pu s’intercaler dans un intervalle, il a avancé. A chaque fois qu’il est tombé sur un Pumas, il a été stopper net. A l’image de cette action en tout début de seconde période où, pourtant tout proche de la ligne d’essai argentine, il a reculé de plusieurs mètres. Dommage. Le sélectionneur des Bleus Guy Novès avait déclaré avant la rencontre que cette rencontre était la parfaite occasion pour ses jeunes joueurs de mesure l’écart entre le niveau qui était le leur et celui qui s’impose à l’international. En garçon intelligent, Rémi Bonfils saura en tirer des conclusions et développer ses axes de travail. Avec l’objectif, peut-être, de venir s’inviter dans la bataille au poste de suppléant. 

 

Arnaud Beurdeley
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