Tournées d'été : l'hémisphère Nord fait bonne figure

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    Tournées d'été : l'hémisphère Nord fait bonne figure
Publié le , mis à jour

Après une Coupe du monde ratée pour l'Europe (aucun représentant en demi-finales), on s'attendait à des tournées d'été à sens unique dans l'hémisphère sud. Deux week-ends plus tard, les nations européennes déjouent les pronostics.

Rappelez-vous, c'était il y a huit mois. Le dernier carré de la Coupe du monde réunissait quatre nations de l'hémisphère sud (Argentine, Australie, Afrique du Sud et Nouvelle-Zélande). L'humiliation était totale pour l'Europe, balayé au stade des quarts de finale voire au premier tour pour le pays organisateur anglais. Cette tournée de juin allait, se disait-on, prolonger l'hégémonie des sudistes surtout face à des nations européennes comme la France ou l'Angleterre en pleine reconstruction.

Mais après deux week-ends de matchs internationaux, force est de constater que l'hémisphère Nord est au rendez-vous. Dans l'impact et l'intensité, comme les Gallois en Nouvelle-Zélande ou l'Italie en Argentine le semaine passée, voire dans le jeu (l’Irlande ce week-end en Afrique du Sud), les Européens arrivent à tenir tête aux meilleures nations du monde. Et quelques fois, le résultat, la perf' arrive. Les Anglais n'avaient jamais gagné une série en terre australienne ? C'est désormais chose faite. Les Irlandais ne s'étaient jamais imposés en Afrique du Sud ? Ils ont réussi l'exploit et qui plus est à quatorze une bonne partie du match. Même les Gallois ont réussi à mener à la pause face aux All Blacks samedi dernier. Un exploit qu'aucune nation n'avait réalisé depuis deux ans !

 

L'influence des entraîneurs sudistes

 

Mais comment expliquer ces bons résultats ? Plusieurs facteurs peuvent entrer en ligne de compte. Tout d'abord, avec quatre entraîneurs issus de l'hémisphère sud, l'Angleterre (Eddie Jones, Australie), l’Écosse (Vern Cotter, Nouvelle-Zélande), l'Irlande (Joe Schmidt, Nouvelle-Zélande) et le Pays de Galles (Warren Gatland, Nouvelle-Zélande) appliquent des méthodes voire des stratégies de jeu vu quelques fois dans l'hémisphère sud. Ce qui pourrait les amener à rivaliser. Conjugué à la qualité des jeunes joueurs gallois, anglais ou irlandais issus de leur formation, le mélange entraîneur hémisphère sud – joueurs de l'hémisphère nord semblent faire bon ménage.

Une autre explication, d'un point de vue physique cette fois, semble tenir le route. Les provinces irlandaises ainsi que les clubs gallois furent éliminés très tôt en Coupe d'Europe cette saison. Un mal pour un bien pour les internationaux qui, avec le poids de la Coupe du monde, peuvent se sentir un petit peu plus frais qu'après être aller disputer une finale de Champions ou Challenge Cup. Néanmoins, cela n'empêche pas le XV du Trèfle d'être priver de six ou sept joueurs majeurs pour cause de blessures lors de son affrontement avec l'Afrique du Sud.

Ces résultats nous donnent aussi quelques enseignements majeurs. L'élimination de l'Angleterre au premier tour de sa Coupe du monde relève plus de l'anomalie et de l'accident de parcours que d'un déclin du XV de la Rose. La nouvelle génération semble prendre le relais et assumer cet échec pour mieux rebondir. Enfin, la victoire de l’Écosse au Japon prouve que les Nippons ont encore du chemin à parcourir avant de pouvoir rivaliser véritablement avec les meilleures équipes du globe. Au contraire de l'Italie qui après une bonne performance en Argentine la semaine passée, continue de montrer ses progrès avec une victoire en terre américaine. L'arrivée du nouveau sélectionneur, Conor O'Shea semble faire du bien.

 

Par Kevin Saccani (avec Jérôme Prévôt)

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