Plisson : «La pénalité ? Même un aveugle l'aurait jouée vite»

Capitaine pour la première fois, Jules Plisson revient sur la déception de ses hommes, malgré un comportement plus qu'honorable sur le terrain. Il justifie, aussi, quelques choix personnels étonnants.

Cette première rencontre laisse-t-elle des regrets ?

Sur ce match, oui il y a des regrets parce qu'on sent qu'on l'a entre les mains à l'heure de jeu. On le laisse filer petit à petit à la fin. Cela laisse des regrets d'autant que l'état d'esprit est irréprochable. On a essayé de produire, de jouer un rugby plaisant et d'en prendre nous aussi, sur le terrain. Il me semble que ça marchait pas trop mal mais quelques coups mal joués, quelques fautes un peu faciles font basculer le match.

 

Un mot sur votre choix de jouer vite une pénalité, depuis vos 22m et à 14 contre 15...

On m'appelle et si ça marque… (il s'arrête) C'était peut-être mon rôle de capitaine de temporiser mais là, la situation de surnombre était tellement flagrante ! On la joue mal. Les Argentins ne marquent pas sur cette situation, leur buteur prend le poteau. De toute façon, c'était tellement flagrant que même un aveugle l'aurait jouée !

 

Vous avez été en difficulté sur les ballons que vous leur avez rendu.

En première mi-temps, ils ne marquent que sur des turn-overs. Pour le deuxième test, il faudra que nous soyons plus présents sur les rucks offensifs. Sinon, ils vont encore nous bouger, récupérer des ballons et marquer en contre. Ce qui me frustre, c'est qu'on se procure des occasions. On joue un rugby qui les met en difficulté mais le plus facile, on le loupe. La conservation du ballon, ce n'est pas nécessairement ce qu'il y a de plus compliqué daans le rugby et aujourd'hui, nous avons été battus là-dessus.

 

Avez-vous l'impression que le rythme était élevé ?

Il y a eu pas mal de séquences, oui. Je n'arrive pas trop à me rendre compte.

 

Sur leur premier essai, la séquence de jeu dure 2 minutes et 40 secondes…

Deux minutes quarante, pour nous ? Et cinq secondes pour eux, non ? C'est frustrant. Le rythme était soutenu, oui, mais les Argentins aussi ont souffert. Dans les premières minutes de la seconde période, je les voyais beaucoup marcher. Nous avons voulu accélérer et nous avons réussi. Malheureusement, nous n'avons pas su marquer. C'est frustrant parce qu'on sent qu'on n'est pas loin.

 

Qu'avez-vous dit aux autres, dans le vestiaire ?

Dans le vestiaire, pas grand-chose. C'est Guy (Novès, N.D.L.R.) qui a parlé. Sur le terrain, je leur avais dit de ne pas lâcher, de continuer parce que l'état d'esprit était irréprochable. C'était une équipe qui ne se connaissait pas il y a une semaine. Une dizaine de joueurs ont fêté leur première sélection à Tucumàn, face à la quatrième nation mondiale. C'est tout sauf évident. Je suis fier de leur état d'esprit.

 

Sur le dernier essai, pourquoi n'êtes-vous pas intervenu pour plaquer Petti ?

Mais ils sont trois à sortir de notre défense ! On se parle avec le 9 (Sébastien Bézy, N.D.L.R.). Il me dit de prendre extérieur, c'est ce que je fais. Si je monte dessus, il me fixe et il fait la passe. Vous savez, quand vous êtes seul et qu'ils arrivent à trois...