Laurent Arbo : "On gère tout le monde au cas par cas"

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    Laurent Arbo : "On gère tout le monde au cas par cas"
Publié le , mis à jour

Préparateur physique au Castres Olympique depuis 2013, Laurent Arbo nous explique comment son club a abordé la préparation physique avant et pendant cette très longue saison. Pour lui, il n'y a pas de formule magique, chaque joueur est géré différemment.

Comment gère-t-on des joueurs à plus de 30 matchs ?

Laurent Arbo : Il faut adapter chaque semaine. On tient à jour trois paramètres : les minutes jouées, l’âge et les blessures subit par le joueur. On a ces trois paramètres et on jongle. On adapte la semaine de travail en fonction de ça. Par exemple, le lundi quand la plupart des joueurs sortent s’entraîner, certains ne sortent pas.

C'est donc le cas par cas qui prime...

L.A. : Oui, c’est très individualisé. Il y a souvent une réunion en début de semaine. J’ai les données GPS des joueurs sur toute la semaine écoulée et j’utilise surtout les données du match que l’on vient de jouer. Grâce à cela je peux donner les prérogatives et l’entraîneur peut décider. Avec ces données et ces réunions, on adapte la semaine du joueur au cas par cas. Si un joueur a beaucoup couru le samedi lors du match par exemple et que c’est inhabituel pour lui, on peut très bien se dire que vu son âge, il vaut mieux le laisser de côté le lundi voire le mardi. Et on fait ça pour chaque joueur.

Qu’est-ce que la Coupe du monde a changé pour vous dans l'approche de cette saison ?

L.A. : Déjà on savait que la saison allait être vraiment spéciale. A un moment on a par exemple avalé 16 matchs d’affilés. Il fallait qu’on s’adapte. On faisait donc un programme chaque mois pour pouvoir monter crescendo dans une saison qui allait être plus longue qu’à l’accoutumé. Ensuite, il a fallu qu’on gère les joueurs qui sont rentrés du Mondial.

Justement, comment avez-vous géré cette situation ?

L.A. : Les internationaux, on les a récupérés comme on les a récupérés. Certains avaient la tête à l’envers, d’autres avaient enchaînés les matchs de 80 minutes de haut niveau. Un garçon comme Rory Kockott par exemple avait très peu coupé. Après la saison dernière, il a enchaîné avec la préparation de la Coupe du monde avant de revenir ici. Il a donc fallu qu’on s’adapte. Le paramètre mental est aussi primordial. Pour moi, c’est le plus important. Il fallait qu’on gère tout le monde au cas par cas. En plus de gérer des niveaux physiques disparates, il a fallu qu’on jongle avec des mecs qui sont rentrés déçus de leur Coupe du monde, ceux qui sont allés loin, etc… Souvent quand on va loin dans une Coupe du monde, les joueurs sont sur un nuage. Les joueurs surfent sur la vague pendant deux ou trois mois et même physiquement, il faut arriver à surfer dessus. A l'inverse, si la Coupe du monde est un échec pour certains, cela se ressent dans leurs performances physiques.

Propos recueillis par Lucas Vola

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