Maestri : "Il y en a marre des défaites honorables"

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    Maestri : "Il y en a marre des défaites honorables"
Publié le , mis à jour

Longtemps incertain pour ce second test-match face à l’Argentine, Yoann Maestri sera finalement titulaire samedi à Tucumàn. Le deuxième ligne du Stade toulousain sera même le capitaine du XV de France pour la première fois de sa carrière. Entretien.

En raison de votre blessure, avez-vous eu peur de passer à côté de cette tournée ?

Oui, un peu, mais tout s’est passé très vite. La peur, c’était de rater ou la fin de saison avec Toulouse, ou la tournée avec l’équipe de France. Après, comme je l’ai déjà dit, à partir du moment où j’ai pris le risque de jouer avec mon club, je le fais aussi avec l’équipe de France. Avec le temps, la douleur s’est estompée. Mais, c’est aussi, après une réflexion collective, pourquoi je n’ai pas joué le premier test.

Comment vivez-vous ce premier capitanat en équipe de France ?

Je l’ai été quelque fois à Toulouse, mais franchement, je n’y pense pas. Je fais comme d’habitude. On a un manager d’expérience, des joueurs d’expériences. Même sur le premier test, il y avait quand même des mecs qui ont l’habitude de jouer à un certain niveau. Guilhem (Guirado) l’a démontré durant le Tournoi des 6 Nations, avec peu de mot et une certaine attitude, on peut jouer son rôle de capitaine. L’important, ce sera le terrain. Je ne me mets pas de pression particulière.

Votre nom avait circulé pour être capitaine avant que Guilhem Guirado ne soit nommé par Guy Novès. Aviez-vous été déçu ?

Non, pas du tout. J’ai très bien vécu ça. Le plus important, ce n’est pas d’être le capitaine de l’équipe de France. Le plus important, c’est de jouer pour l’équipe de France. Pour moi, Guilhem représente la personne idoine pour ce rôle. Et j’apprécie d’être un de ses relais car je crois en lui.

Comment avez-vous vécu le premier test-match face à l’Argentine ?

Je l’ai vécu depuis les tribunes (rires). C’était un bon match. Evidemment, on peut toujours faire mieux. On ne va pas se satisfaire de ça (ndlr : une défaite 30-19). D’ailleurs, on ne peut plus se satisfaire d’une défaite. En revanche, j’ai vu des choses très positives.

Lesquelles ?

La touche a été parfaite, la mêlée très bonne, même si il n’y en a pas eu beaucoup. Après, j’ai vu des Argentins très joueurs, avec beaucoup de gaz, imposant un rythme soutenu à la rencontre. Mais j’ai aussi vu une équipe de France dans le même registre, peut-être avec un peu moins de liant en raison d’une forte de présence de joueurs qui se découvraient. Il y a donc eu des choses très positives, mais aussi certaines négatives. Prendre trois essais, c’est beaucoup. Il y a vraiment eu un tournant dans le match qui a permis aux Argentins de prendre l’avantage définitivement.

Comment expliquez-vous que sur ce premier test, l’équipe de France franchisse deux fois plus le premier rideau défensif que les Argentins, mais que ces derniers marquent trois fois plus d’essais ?

C’est un souci récurrent ! Sans être trop négatif, ce fût déjà le cas contre l’Angleterre lors du dernier match du Tournoi des 6 Nations. Sur ce match-là, les Anglais avaient été beaucoup plus réalistes que nous. Et ils viennent de confirmer qu’avec 30% de possession de balle ils pouvaient battre l’Australie. C’est une philosophie de jeu. Il faut être très pragmatique comme les Anglais le sont et comme les Argentins l’ont été sur le premier test-match. Quand on est dans le camp adverse, il faut savoir marquer des points.

Mais, comment expliquez que les Anglais, à la sortie d’un Mondial catastrophique, aient réussi en si peu de temps à redevenir aussi efficaces ?

Ils ont réussi rapidement à construire une confiance collective qui leur permet, même dans un temps faible, d’être pragmatique et efficace. A l’inverse, il savent exploiter la moindre défaillance adverse. De notre côté, nous sommes encore en développement. Mais c’est quelque chose vers laquelle on doit tendre rapidement. Dès samedi, il faudra que nos progrès se concrétisent dans ce secteur. Les Argentins ont aussi un temps d’avance car l’ossature de leur équipe était déjà à la Coupe du monde. Ils ont construit un groupe depuis déjà quelque temps. Nous, on a fait une Coupe du monde catastrophique en terme de résultats avec de nombreux joueurs qui ont fin à leur carrière internationale. On doit donc reconstruire avec des joueurs qui découvrent le niveau international. C’est pourquoi aujourd’hui, nous sommes plus dans une logique de progression plus que dans une logique de résultat. Aujourd’hui, on a une ligne directrice, on doit s’y accrocher.

Mais vous disiez récemment en avoir marre des défaites honorables...

Attention, il y a une vision de jeu à mettre en place, mais effectivement il y en a marre des défaites honorable, il ne doit plus y en avoir. En tout cas, pas en France lorsque tu affrontes l’Angleterre. Après, si c’est un test en Nouvelle-Zélande et que tu t’accroches, c’est un peu différent. Mais j’insiste, on peut plus se permettre de subir des défaites honorables au Stade de France contre l’Angleterre ou le pays de Galles.

Vous attendez-vous à affronter une équipe d’Argentine plus rugueuse samedi que lors du premier test ?

 

Ce n’était peut-être pas la meilleure équipe d’Argentine sur le premier test, mais ça gagne quand même. Ils nous ont battu par le jeu, pas dans le combat. D’ailleurs, nous avons été très bon en conquête, mais à part un ballon en touche, eux aussi ont eu tous leurs ballons. Je pense surtout qu’il faudra qu’on soit moins permissif en défense. On ne pourra pas se permettre encore une fois de rater autant de plaquage.

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