[SAGA PRO D2] Vannes, l’émergence d’une nation celte

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    [SAGA PRO D2] Vannes, l’émergence d’une nation celte
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Pour la première fois de son histoire, le rugby breton va avoir un représentant au niveau professionnel la saison prochaine. Plus qu‘une simple accession, cette montée dans le club fermé des élites est vécue comme une véritable révolution dans tout le rugby armoricain.

La Bretagne a longtemps été considérée comme une région inaccessible à la reconnaissance nationale. Mais depuis quelques années, ses résultats en Fédérale 1, mais aussi ceux de ses équipes de jeunes, ont modifié la donne. Aujourd’hui, cette Bretagne du rugby est respectée. N‘est-elle pas devenue le troisième comité en termes de licenciés (hormis la région parisienne s‘entend) ? C‘est donc cette Bretagne-là qui va défier les équipes du Sud-Ouest qui constituent l‘essence même de ce Pro D2. Après quatre saisons à la tête de l‘asso « RC Vannes », François Cardron - l‘homme qui est arrivé du ballon rond, mais converti à la chose rugbystique - aura été le grand inspirateur de l‘ambition vannetaise. Pour lui, cette accession « ne vient pas trop tôt bien au contraire. Elle arrive au bon moment, même si nous n‘avons pas encore sensibilisé toute l‘économie bretonne à la réussite de notre projet. Nous nous étions donnés deux ans pour réussir. Le fait d‘avoir pris un an d‘avance sur notre feuille de route est bénéfique pour le club et la région. Je ne sais du reste pas si nous aurions eu les mêmes capacités à réaliser le même parcours si nous étions restés en Fédérale 1 ». L’homme s‘affiche volontiers optimiste sur l‘avenir immédiat.

« Lorsque je vois notre capacité à boucler un budget de 5,5 millions d’euros en aussi peu de temps, je me dis que rien n‘est impossible. Notre SASP a été portée sur les fonts baptismaux en décembre. Aujourd’hui elle est opérationnelle avec une souscription à l‘actionnariat qui nous a apporté près de 300 000 €. Notre public, nous l‘avons aussi conquis en demi-finale retour contre Massy. Les Vannetais croient en notre projet, en notre ambition de créer quelque chose de durable ici en Bretagne, à Vannes. Et Vannes doit devenir le centre d‘intérêt de tout le Grand Ouest. Les clubs de Normandie, de Mayenne, des Pays-de-la-Loire doivent regarder vers l‘Ouest, plus vers le Sud-Ouest. Le rugby doit devenir un choix naturel pour les gamins, comme le football l‘est dans certaines régions… comme la Bretagne du reste », ajoute François Cardron élu dernièrement président délégué de la SASP et directeur général de la section professionnelle. Derrière cette ambition sportive, s‘exprime aussi un autre dessein. Celui de faire de Vannes la capitale de la nation celte rugbystique. « Notre identité doit s‘exprimer dans le rugby. La Bretagne est la troisième nation celte derrière l‘Irlande, l‘Écosse et devant le pays de Galles en termes de population. Lors de la Coupe du monde 2015, trois nations celtes étaient en quart de finale », s‘enflamme un président délégué déjà impatient d‘être dans le grand bain, alors que reste encore des tonnes de problèmes à régler.

Forteresse imprenable

Invaincu à la Rabine depuis deux saisons, le club vannetais sait parfaitement que ce record sera mis à mal en cours de saison. « Mais si notre objectif premier est de rivaliser, de faire du spectacle et de donner au bonheur aux gens, nous voulons aussi faire de La Rabine, un lieu où il est difficile de s‘imposer. La Rabine, c‘est le petit village d‘irréductibles Gaulois qui résistent à l‘envahisseur. C‘est Astérix et Obélix, qui eux gagnent toujours certes, mais qui, avec le soutien du peuple breton défendront les positions. »

Reste maintenant au groupe constitué à se lancer corps et âme dans cette nouvelle aventure. « J‘attends de cette nouvelle équipe qu‘elle me surprenne, qu‘elle ait la capacité à tenir sportivement à ce niveau. Je regarde le Pro D2 par le prisme de la télé qui donne une image d‘inaccessible parce qu‘on n‘y voit que les équipes de haut de tableau. Vannes n‘y sera pas… mais peut très bien construire son avenir à distance de ces grosses écuries », conclut François Cardron.

Par Didier Le Pallec

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