Novès : «Les joueurs ont chargé...»

De retour d’Argentine où les Bleus ont remporté leur tournée, Guy Novès s’est longuement confié à Midi-Olympique sur l’évolution de son équipe, son appréhension de son nouveau rôle, ses coups de gueule et sa communication. Mais aussi sur les enjeux fédéraux du moment. Morceaux choisis.

À la fin du Tournoi, vous affirmiez que votre équipe de France rivaliserait, à moyen terme, avec les meilleures nations mondiales. Cette tournée d’été en Argentine (1 défaite et 1 victoire) vous conforte-t-elle en ce sens ?

Pour les nations européennes, j’en suis sûr. Notre Tournoi des 6 Nations se résume à deux matchs gagnés que nous aurions pu perdre, certes, mais aussi trois matchs perdus que nous aurions pu gagner. À la limite, je mettrais une parenthèse sur les Anglais, même si nous avions su les mettre dans les cordes. Les Gallois nous avaient battus avec des chandelles et un ballon de contre, pour marquer un seul essai. En Écosse, nous avions été en dessous de tout sur la discipline et, malgré tout, nous avions perdu de peu. Nous avions tout de même retiré du positif de ce Tournoi, notamment une avancée certaine chez les joueurs dans la compréhension du projet de jeu. Cela n’intéresse peut-être que nous, le staff, mais nous avions vu des progrès indéniables. Pour les nations du Nord, je confirme donc que très rapidement, nous serons à la lutte. En ce qui aconcerne les nations du Sud, je suis en attente. Je ne suis pas certain que l’Argentine que nous avons affrontée soit, aujourd’hui, au niveau de l’Australie, de l’Afrique du Sud et de la Nouvelle-Zélande. Nous le vérifierons prochainement. Mais compte tenu des résultats que cette nation a eus depuis quelques saisons, c’est quand même réconfortant d’avoir gagné un match sur deux. Surtout dans ce contexte.

Comment quantifiez-vous les progrès de votre équipe, notamment après le deuxième test-match gagné 27-0 ?

Je mets les deux matchs côte à côte, qu’importe qu’ils soient gagnés ou perdus. Ne se servir que du match gagné serait un manque d’humilité. Les progrès ne sont pas visibles que sur une victoire ! Lors du premier test, perdu, nous sommes devant au score à la 60e minute. Il y a ensuite eu des faillites individuelles, qui ont fait que les Argentins sont entrés dans notre défense comme dans du beurre. C’était trop gros pour être vrai ! Mais nous avons vu du jeu, du mouvement, des ballons aériens mieux maîtrisés, une superbe conquête. Ces progrès ne tombent pas du ciel. En termes de projet, nous sentons que nous nous rapprochons de notre cible.

Vous souhaitiez profiter de cette tournée pour jauger la profondeur du réservoir français. Rassuré ?

Si on prend Kévin Gourdon, c’est un garçon qui était connu et suivi. Des choix avaient été faits pendant le Tournoi, il n’avait pas joué mais il a attendu son heure et il a bossé. Il nous a confirmé qu’il était très proche de ce niveau international. Concernant d’autres joueurs, nous étions dans l’inconnue. Julien Ledevedec, nous l’avons découvert à ce niveau. Si tous les deuxième ligne du Tournoi avaient été disponibles, nous ne l’aurions peut-être pas sélectionné. Au final, il a été exceptionnel. 

Jusqu’à pouvoir s’installer ?

Ces signaux sont forts mais je les prends avec modération. Je ne veux m’emballer ni sur le résultat, ni sur le comportement de ces joueurs, aussi bons fussent-ils. Je me dis seulement qu’il faudra les revoir face à des oppositions qui seront sûrement supérieures à ce que nous ont proposé les Argentins lors du deuxième test, malgré tout le respect que j’ai pour eux.

Les performances de Baptiste Serin ont largement séduit. On imagine qu’il en va de même vous concernant…

Vous imaginez bien. Baptiste, on l’avait vu pendant le Tournoi, à Marcoussis. Il a bien bossé dans son club, à l’UBB. Il est revenu avec un bagage technique supérieur à ce qu’il présentait cet hiver. À 21 ans, il n’y a aucune raison pour qu’il ne continue pas à progresser. Malgré la présence de Sébastien Bezy, nous avons souhaité le voir à deux reprises. Au premier test, il a été étonnant et nous voulions savoir s’il pouvait confirmer. Il a effectivement confirmé. Désormais, il s’inscrit clairement dans notre projet.

Peut-on penser que les absents malgré eux, dans ce contexte de doublon avec la phase finale de Top 14, ont eu tort ?

Non, absolument pas. Il serait gravissime que je dise cela. Dès le début, j’ai dit aux joueurs que le club devait être leur priorité. Ce fut donc le cas, avec la phase finale de Top 14. Comment expliquer, désormais, que ceux qui ont donné le meilleur pour Toulon, Clermont, Montpellier ou le Racing ont eu tort ? Ils ont montré leur valeur, avec des demi-finales et une finale de très haut niveau. Les absents pour cause de Top 14 restent dans le projet du XV de France pour les trois prochaines années.

Personnellement, comment avez-vous vécu cette première tournée de trois semaines de vie commune ?

D’abord, j’ai pu constater que les personnes qui s’occupent du XV de France, au-delà du staff et des joueurs, sont des gens de grande qualité, très professionnels. Nous avions demandé à Tony Marin de partir cet hiver en Argentine pour régler toute la logistique. Il a effectué un boulot immense. Dans le contexte pourtant compliqué de San Miguel de Tucumàn, nous avons disposé d’un hôtel exceptionnel, de conditions de travail au niveau attendu. Nous n’avons jamais manqué de rien. Dans ces contextes d’éloignement et d’isolement, la moindre anicroche peut créer de l’énervement. Ce ne fut pas le cas et me concernant, cela a levé beaucoup d’inconnues. Ensuite, j’ai pu observer de plus près le travail de l’encadrement, déjà entrevu lors du Tournoi. Pour avoir des joueurs performants le jour J à l’heure H, il faut un staff performant. Loin de nos bases, j’ai eu la confirmation que j’étais entouré de mecs qui bossent comme des fous, du matin au soir. Nicolas Buffat (analyste vidéo, N.D.L.R.), par exemple, c’est du caviar pour un sélectionneur. C’est réconfortant. Sur cette tournée, j’étais d’abord en observation et en découverte. Finalement, elle m’a apporté du réconfort. Nos bases de travail sont saines.

L’intérêt d’une première tournée n’est-il pas, aussi, de souder un groupe ?

Je ne sais pas si c’est l’objet des seules tournées. Dès qu’on enfile ce maillot, ce bleu blanc rouge et ce coq, on se fout de savoir si on joue à Paris, en province où l’étranger. Ce maillot scelle un pacte particulier au sein du groupe. On représente notre pays, avec l’outil du rugby. On sert la France, ses intérêts et ses valeurs quel que soit le terrain : qu’il soit entouré de barbelés, comme à San Miguel de Tucumàn, ou qu’il soit plus champêtre où les gens peuvent enjamber et venir nous voir. Nous sommes partis en portant notre drapeau. Je pense que nous sommes rentrés en l’ayant respecté.

La deuxième semaine a été « pénible et dure » aux dires de certains joueurs qui n’ont pas caché votre colère. Qu’en est-il ?

Bien sûr qu’elle a été pénible pour certains. J’ai clairement fait en sorte de la rendre pénible. Yannick (Bru) et Jeff (Dubois), à leur niveau, ont aussi œuvré en ce sens. Gérald Bastide également puisque nous avions pris trois essais lors du premier test. On ne pouvait pas être insensible au fait que notre conquête était exceptionnelle mais que, en suivant, on se faisait percer trois fois trop rapidement. Il n’y avait pas de logique. Effectivement, il y avait de la colère. Comme tous les coachs, nous avons eu la sensation d’avoir mal fait notre boulot parce que certains n’avaient pas évolué à leur meilleur niveau. Et comme chaque fois, quand un entraîneur est en colère, cela retombe sur la tête des joueurs. Notre job était de faire en sorte qu’ils ne renouvellent pas toutes ces erreurs évitables. Alors oui, la semaine a été pénible, parfois dure. Mais je crois surtout qu’elle était nécessaire dans l’optique du deuxième test et qu’elle a été comprise. Nous ne pouvions pas tolérer ce qu’il s’est passé sur les trois essais encaissés. La façon dont ils ont été marqués ne reflète pas notre état d’esprit du Tournoi. Nous avions alors vendu chèrement notre peau. Là, ce n’était pas le cas. Les joueurs ont donc chargé après le premier test, je l’assume. Et je confirme qu’ils chargeront, chaque fois qu’il y aura des erreurs de ce type. C’est ma façon de manager. Ça ne veut pas dire que je vais les oublier. Simplement que nous allons leur donner les moyens de mieux faire. Râler après un joueur, ce n’est pas l’abandonner. C’est lui tendre la main et tisser autour de lui une toile de compétences pour qu’il fasse mieux la fois suivante.

Vous ne nommez jamais les joueurs mais, assez clairement, ce sont Jonathan Danty et Jules Plisson qui étaient visés…

Pas seulement. Sur le troisième essai, le deuxième ligne argentin passe d’abord entre les mains de Louis Picamoles. Je n’ai aucun problème à le citer parce que je le connais très bien et qu’il a été exceptionnel lors du deuxième test. Mais là, il passe au travers. Sur cet essai, Sébastien Bezy se fait également larguer à 22 mètres de notre ligne. Ce sont des joueurs de Toulouse, que je connais bien et que, sur le coup, je n’ai pas reconnus. Un certain nombre d’entre eux n’ont pas été à leur niveau et devaient l’être très rapidement, dès le second test. Ce n’est pas un couperet qui tombe sur des têtes. Simplement, il faut admettre quand on a été mauvais et vite se remettre en questions. Lâcher mentalement, comme certains l’ont fait à la fin de la rencontre, c’est quelque chose d’insupportable dans une équipe. Que l’on soit en Quatrième Série ou en équipe de France. 

Votre management des hommes est-il le même qu’à Toulouse, ou l’avez-vous adapté au contexte de l’équipe de France ?

Manager, que ce soit des gens en entreprise ou dans un contexte sportif, c’est la même chose. La différence, c’est ce que représente le maillot de l’équipe de France. Cela, je ne m’en rendais pas suffisamment compte. Pourtant, ce maillot, je l’ai porté en tant que joueur à plusieurs reprises, avec deux tournées. Mais à 21 ou 22 ans, on n’a pas la même vision des choses. Cette expérience me sert. Ces jeunes, je suis là pour leur expliquer à quel point leur comportement est disséqué à la loupe par des millions de gens. Cela va bien au-delà du professionnalisme. À part ça, mon management est le même. Je suis très vigilant au travail du staff. Je suis entouré de gens de grande qualité, en qui j‘ai une immense confiance et je veux qu’ils puissent travailler dans les meilleures conditions. Les joueurs apprennent aussi à me connaître. Ils vont vite comprendre que je suis quelqu’un d’attentif, sur lequel on peut compter par tous les temps. Mais ils sauront toujours ce que je pense d’eux. Ils ne seront jamais surpris par un comportement de Guy Novès parce qu’ils auront toujours des explications et l’occasion d’exprimer leur ressenti. Ensuite, je prendrai mes responsabilités, en accord avec mes assistants.

Vous n’avez jamais mis en avant l’excuse de la fatigue, pourtant régulièrement brandie pour les test-matchs de juin. Parfois même avant le début de la tournée…

Bien sûr que non ! Déjà, cette tournée se jouait en même temps que la phase finale du Top 14. En vingt-trois ans au Stade toulousain, je n’ai jamais entendu qu’un joueur était cuit en fin de saison, au moment de la phase finale. Il y avait de l’excitation, qui doit être la même pour l’équipe de France. Sur le fond de la question, je ne prendrai jamais cette excuse. Les joueurs internationaux savent qu’ils vont partir en tournée. Ils ont un programme d’accompagnement. Ceux de cette année avaient été prévenus dès le printemps par le staff qui est venu les rencontrer dans leur club. Personne ne nous a demandé de le laisser en vacances ! Le rugby a évolué. Les joueurs sont préparés, suivis de manière méticuleuse par un grand nombre de préparateurs physiques dans leur club. L’excuse de la fatigue ne tient plus.

Pour novembre, vous ne cachez pas vouloir stabiliser votre groupe. Une nécessité ?

Oui, j’en suis persuadé. Notre temps est court. Nous allons solder la première saison, il me restera, a priori, trois ans de mandat avec trois moments clés par saison. Si je commence à tourner autour du pot et des joueurs pendant deux ans, j’ai tout faux. Je préfère bien faire comprendre à ceux qui le méritent ce qu’ils ont à faire plutôt que de procéder à de l’essayage et, finalement, ne jamais être sûr de mon effectif. Les joueurs ont besoin de confiance. Il faut optimiser au maximum le peu de temps dont nous disposons. Pour cela, il faut travailler avec les mêmes.

C’est un fonctionnement très anglo-saxon. Est-ce une inspiration ou une évidence ?

C’est une évidence. Je ne l’ai pas fait en m’inspirant, cela me paraît juste logique. Si les Anglo-saxons fonctionnent également de cette façon, je me dis alors qu’on n’est pas plus cons qu’eux ! Leurs résultats sont aussi le fruit de cette continuité. J’ai suivi ce qu’avait fait Vern (Cotter), mon pote, avec l’Écosse. Il a mis du temps à mettre son projet en place, il a été critiqué. Ce n’était pas simple pour lui mais il avait la personnalité pour encaisser cela. Aujourd’hui, je ne pas pense qu’il reste grand monde pour le critiquer… Pour ceux qui me connaissent, j’ai aussi mon petit caractère. Je resterai fidèle à mes convictions, qu’importe ce qu’on peut en penser.

Dans votre discours, vous mettez beaucoup en avant le contenu, jamais l’importance des résultats. Est-ce quelque chose qui va perdurer ?

Je ne parlerai jamais des résultats. Pour atteindre un résultat, il faut surtout ne pas se tromper de chemin. Moi, je travaille sur le chemin et les attitudes. Si nous réussissons notre chemin, nous atteindrons les résultats. Du moins, je l’espère.

Cette position est-elle tenable, à moyen terme, avec le XV de France ?

Mais si je parle de résultats sans me soucier du chemin, je mets une pression négative sur mes hommes ! Aujourd’hui, les joueurs sont avec nous quinze jours consécutifs, au plus trois semaines. J’espère que cela changera mais en attendant, avec si peu de temps, si je les harcèle sur l’importance du résultat, je fais fausse route ! Je le répète, les joueurs ont besoin d’accompagnement, de compétences qui les entourent. Pas d’être harcelés.

Avec Toulouse, quand le résultat le réclamait, vous avez su adapter votre contenu…

C’est différent. À mes débuts avec Toulouse, avec Serge (Laïrle), nous avons été gavés de résultats sans réellement les chercher. La première année, l’équipe n’avait pas été championne depuis 1989. Mon président de l’époque, René Bouscatel, nous avait alors donné trois ans pour retrouver des titres. Nous nous sommes concentrés sur le travail du contenu et les résultats sont arrivés plus rapidement que prévu. Mais nous n’en avions jamais parlé aussi tôt ! Après ce premier titre, certains dirigeants ont changé de logique. Les discours ont évolué. D’abord : « Si vous pouviez être encore champions l’an prochain, ce serait fabuleux. » Heureusement, ce fut le cas. On nous a alors dit : « De toute façon, nous devons encore être champions l’an prochain. » Encore une fois, bien heureusement, nous y sommes parvenus. Trois ans de suite. Et là, le discours est devenu : « Si vous n’êtes pas champions une quatrième fois de suite, vous êtes des cons. » Les discours qui évoluent, ce sont ceux des personnes qui n’ont jamais mis de maillot et qui ne connaissent pas les efforts à consentir pour être champion, ne serait-ce qu’une fois. Moi, je n’ai toujours pensé qu’au contenu. Je fonctionne de la même manière en équipe de France. Au fond de moi, j’espère bien sûr que les résultats viendront rapidement. C’est une priorité et notre public les mérite. Mais je n’en parlerai jamais à mes joueurs. Je veux qu’ils rentrent sur le terrain pour gagner leurs duels. Si les vingt-trois y parviennent, en principe, le résultat sera atteint sans qu’on ait eu besoin d’en parler.

On retrouve la préoccupation d’intelligence, plutôt que de destruction, dans le rugby que vous prônez…

(il coupe) Ça me fait plaisir, à mon âge, qu’on constate que mon équipe propose un rugby adapté aux contextes. Pour le deuxième test en Argentine, nous avons su nous adapter à nos défaillances du premier test, au style de jeu de l’adversaire, aux qualités propres de nos joueurs et aux conditions climatiques. L’intelligence, c’est de jouer les ballons qui peuvent l’être. On ne peut pas porter le maillot de l’équipe de France et se dire : « Si je fais une passe, je prends un risque. » Je n’arrive pas à comprendre cette logique. Le risque, je l’ai déjà dit, c’est de ne pas faire la passe. Quand un gymnaste est capable de faire un triple salto, il ne va pas se contenter d’un double salto dès lors qu’il enfile le maillot de l’équipe de France ! Quand un ballon est jouable, quel que soit l’endroit du terrain, il faut le tenter. Il y a du travail entrepris pour que les mecs soient dans les meilleures conditions physiques, techniques… Cela doit se ressentir sur le terrain.

 

Le Top 14 est-il un frein à ce jeu ?

Je ne crois pas. J’ai vu des demi-finales et une finale où, justement, les mecs ont lâché le frein. Les quarts (barrages) proposent un contexte plus particulier de match à l’extérieur, plus tendu. J’imagine en tout cas, puisqu’avec le Stade toulousain, j’ai certes perdu un quart de finale mais je les ai toujours joués à domicile. Pour le reste, plus les équipes sont de qualité, plus les matchs sont rythmés. Aucun coach ne va se priver d’un joueur de talent capable de dynamiser, d’allonger des passes et d’assurer du jeu debout !

Pour finir, qu’attendez-vous du congrès de la FFR qui se tient ce week-end (cet entretien a été réalisé vendredi) ?

J’imagine que je suis la personne qui le regarde avec le plus d’attention ! Nos équipes de France sont tellement dépendantes du résultat, j’espère positif, de la nouvelle convention (adoptée à 82 %)… Ce serait une énorme avancée et cela permettrait à l’équipe de France de progresser. Mais pas seulement. Elle servirait tout le monde. Quand un joueur se donnera pleinement et dans la continuité avec le XV de France, il pourra en faire de même avec son club, quand il rentrera. Un joueur qui portera les deux casquettes, du club et de l’équipe de France, arrêtera d’en changer toutes les semaines, au gré du temps. Il sera plus performant avec chacune des entités. J’espère que tout le monde comprendra que nos clubs professionnels et l’équipe de France sont nos phares, qu’ils sont des locomotives très importantes pour amener les enfants vers les écoles de rugby de tous les clubs, à commencer par les amateurs.

À la fin de l’année, il y aura les élections fédérales. En cours de mandat, vous pourriez aussi changer d’employeur ou, en tout cas, de président de Fédération. Est-ce une crainte ?

Le changement, c’est une énorme crainte pour moi. Je travaille aujourd’hui dans un tel climat de confiance… (il marque une pause) Les dirigeants actuels m’ont accordé leur confiance et, par tempérament, j’ai envie de leur renvoyer l’ascenseur. Même quand on est plus vieux, on veut rendre à ceux qui vous ont tendu la main. Je vois aussi que ce sont des gens qui travaillent énormément, contrairement à ce qui peut être dit. La preuve, avec cette convention. J’y reviens mais c’est importantissime. Parce qu’elle va donner du temps aux joueurs avec l’équipe de France. Et pour ceux qui raconteront que, quand j’étais entraîneur de club, je râlai après cela, je leur rétorque qu’ils disent une énorme connerie ! J’ai toujours râlé quand j’avais dix sélectionnés, cinq blessés et que je devais préparer dans le même temps un match de doublon de championnat. Ce sont les doublons qui m’ont fait râler. J’ai toujours été un grand supporter de l’équipe de France, dès lors le Stade toulousain ne jouait pas en même temps. Sur les doublons, j’étais le plus impacté et j’essayais d’alerter le monde du rugby. Par la suite, mon discours a été repris un peu partout, quand les joueurs internationaux ont été dilués dans un plus grand nombre de clubs. Toutes ces expressions publiques ont permis au rugby d’aller dans le bon sens. Cette convention le prouve.

Disons les choses clairement : parmi les candidats, la perspective d’une élection de Bernard Laporte, qui ne vous épargne que rarement, serait une situation qui vous fragiliserait…

Je n’ai pas à m’étendre là-dessus. Qu’il m’aime ou pas, je n’en sais rien, il faudrait lui demander. Publiquement, je n’ai jamais entendu Bernard Laporte dire de méchancetés sur moi. Ce que je sais, c’est qu’il n’est pas mon employeur. Mon employeur, c’est la Fédération française de rugby, avec Pierre Camou à sa tête. Je ne rends de compte qu’à lui et son équipe. Voilà ce qui m’anime. Ce sont des gens proches de l’équipe de France, avec qui je partage tout. Cette Fédération propose aujourd’hui quelque chose d’exceptionnel avec cette nouvelle convention. Il ne faut pas manquer ce virage. Si Bernard Laporte est élu et qu’il a envie d’agir de façon différente, il fera du Bernard Laporte. Moi, croyez-le, je ferai du Guy Novès.

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Il n'y a pas que les joueurs qui ont Changer Novés aussi c'est le Lèche Cul de Laporte et Simon Novés n'est pas le Sélectionneur des Bleus juste Ferme là et applique les consignes des BOSS