Lacroix: « Je veux me rattraper »

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    Lacroix: « Je veux me rattraper »
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Victime d’une rupture des croisés lors de la deuxième journée l’an passé, Thibault Lacroix a vécu une saison blanche avec l’aviron Bayonnais mais revient plein d’ambitions.  

Comment s’est passée la reprise mercredi ?

 

Nous avons effectué des tests physiques, de vitesse plus exactement. Personnellement, je n’ai pas pu les passer car je dois continuer à faire du renforcement pour être sûr de ne pas compenser sur l’autre jambe. On ne veut pas prendre de risques.

 

Vous n’êtes donc pas à 100 %?

 

Pas encore.Je pensais reprendre la préparation avec tout le reste du groupe mais le nouveau médecin a estimé que j’étais trop juste.ça s’est vérifié lors d’un test médical sur une machine spécifique, qui a constaté une grosse différence musculaire et de puissance entre les deux jambes.Du coup, j’ai droit à quinze jours de renforcement intensif avant de pouvoir faire la préparation avec tout le monde. C’était un peu la mauvaise surprise de la reprise.Mais je préfère écouter le médecin pour ne pas faire une saison blanche à nouveau.

 

Vous aviez pourtant rejoué un match en fin de saison dernière, à Béziers.

 

Oui, et je n’aurais peut-être pas dû… Mais le fait de partir en vacances m’a sûrement fait perdre un peu.Nous avions un programme à suivre et j’ai continué à travailler mais je n’avais pas les machines qu’il fallait et ce n’était pas aussi efficace.Vincent Etcheto m’a dit de faire de la rééducation à fond pendant quinze jours pour revenir au top. Je n’ai vraiment pas envie de récidiver alors je m’y tiens. J’arrive à un âge où je dois être à 100 %donc je souhaite éviter de prendre des risques (il a 31 ans, N.D.L.R.).

 

Justement, comment avez-vous vécu la saison passée ?

 

C’était difficile. Jouer seulement deux matchs puis se blesser, et devoir repousser son retour par la suite, c’est frustrant. Je pensais reprendre la compétition en avril mais j’ai été handicapé par une grosse entorse de la cheville subie pendant la rééducation et j’en ai pris pour quelques semaines encore…Ne pas être sur le terrain quand les autres vivent des moments exceptionnels comme ceux d’une montée laisse toujours un sentiment mitigé. J’étais content évidemment mais ça n’avait pas la même saveur.Cette saison a été tellement belle, j’aurais souhaité y participer…

 

Du coup, dans quel état d’esprit vous trouvez-vous aujourd’hui ?

 

Je veux retrouver les terrains, ma place et mon meilleur niveau. Le staff médical et les préparateurs physiques ont vraiment fait le nécessaire pour que j’y parvienne.Il s’agissait de la première grosse blessure de ma carrière et sincèrement, ça a été très dur sur le plan psychologique.Au niveau de l’opération déjà.J’ai subi une anesthésie locale et non pas générale, ce qui fait que j’ai tout vu et tout entendu…C’était affreux ! ça a été le plus traumatisant.Ensuite, du fait qu’il s’agissait de ma première blessure, je ne savais pas trop comment gérer les choses.D’autant qu’elles ont pris plus de temps que prévu. Alors je râle de devoir encore attendre…Mais je serai apte pour la reprise alors ça ira. Je veux me rattraper : l’an dernier, j’ai passé quasiment toute l’année à l’écart du groupe, dans la salle de musculation, alors que je venais avec beaucoup d’envie.Je voulais montrer des choses et Vincent (Etcheto) comptait énormément sur moi.C’était un échec.Mais je m’en sers pour rebondir.C’est une motivation supplémentaire.

 

À titre collectif, la reprise a dû être différente de l’an passé…

 

C’est le moins qu’on puisse dire.L’an dernier, nous étions seize alors que nous étions quarante-cinq mercredi. ça change tout évidemment.On voit aussi la différence entre le Top 14 et le Pro D2, les équipes et les staffs sont plus étoffés.On sent une grosse attente autour de nous et une grosse motivation au sein du groupe.Il va falloir assurer maintenant. 

 

On promet l’enfer au promu en général.Comment exister dans ce Top14 ?

 

Vous savez, on nous promettait aussi l’enfer l’an passé en disant que le club jouerait la relégation.Je ne dis pas qu’on va renverser tout le monde mais on va bien se préparer pour mettre beaucoup de jeu et de vitesse, à l’image de ce que veut Vincent.

 

Vous connaissez bien Vincent Etcheto, qui était votre coach à l’UBB.Cette remontée, c’est aussi sa victoire ?

 

Bien sûr. Pour en avoir parlé ensemble, on se disait que si l’équipe avait perdu la finale, tout ce qu’il avait fait n’aurait servi à rien.Mais il a gagné alors il a eu toutes les médailles et les félicitations.Il a réussi son pari, en somme. Comme il l’avait fait avec Bordeaux.C’est d’autant plus valorisant pour lui que le pays basque, c’est chez lui.Maintenant, il a les pieds sur terre et sait très bien que tout sera remis en question si nous enchaînons quelques défaites. Il sait le travail qu’il reste à faire et où il veut aller.

 

Aviez-vous été surpris de cette réussite si tôt ?

 

Sincèrement, oui.Parce qu’il faut avouer que nous avions une équipe de revanchards et de chômeurs.Mais je crois que tout le monde a adhéré au projet, parce qu’il est intéressant et plaisant. C’était la même chose à Bordeaux : on n’avait pas les meilleurs joueurs du monde mais on y arrivait parce que, quand tu es content d’aller à l’entraînement, ça fait la différence. L’équipe est soudée et partage beaucoup de moments ensemble.

 

C’est le côté très affectif de Vincent Etcheto.Est-ce une qualité selon vous ?

 

J’en suis persuadé.J’ai eu beaucoup d’entraîneurs et je pense que si certains s’étaient montrés plus proches de leurs joueurs, les choses se seraient passées différemment.Il ne faut pas oublier que le rugby est un sport où il faut se faire confiance et pouvoir se parler.Et s’il y a trop de distance entre le manager et ses joueurs, des non-dits s’installent et on ne se donne pas de la même manière sur le terrain.

 

Que peut-on vous souhaiter alors pour la saison à venir ?

 

Personnellement, de vite jouer et de retrouver des sensations sur le terrain.Collectivement, je ne parlerai pas de ce que l’on voudrait parce qu’on n’en a pas trop le droit, mais ce serait génial que l’équipe retrouve le niveau qu’elle avait en Top 14.On sait qu’on est très loin des équipes comme Toulon, le Racing ou Montpellier mais tout le monde est conscient que les choses se construisent sur la durée.Quand on voit le temps qu’a mis le président Lorenzetti à décrocher un titre, avec les moyens dont il dispose, on voit bien que ce championnat est très difficile. On n’a pas les mêmes moyens, ni les mêmes ambitions, mais nous espérons avoir notre mot à dire dans ce championnat.

 

Quels seront les atouts de Bayonne, alors ?

 

Son public (il sourit).L’Aviron est un club historique, qui parle aux gens.Je crois qu’avec un entraîneur compétent, des joueurs qui comprennent bien et un bon public, on devrait pouvoir gagner des matchs.

 

 

 

Emilie Dudon
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