Salles : Les vertus retrouvées

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    Salles : Les vertus retrouvées
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Depuis 35 ans les Sallois attendaient un nouveau titre majeur. Leur douloureuse descente a impulsé une dynamique irrésistible jusqu’au sommet de la division. 

Dans le cortège d’un titre national les héros chantent leur bonheur et leur fierté. Les Sallois champions de France ne cessent d’exulter. Laissons-les à leur joie ô combien légitime et posons-nous une question : fallait-il en passer par une rétrogradation très mal vécue, un an plus tôt, pour en arriver à cette liesse qui a submergé le village du sud gironde ? La réponse est oui. Car cet épisode sombre a été le déclencheur de réactions salutaires et d’une nécessaire réorganisation. Ainsi, l’arrivée à la vice-présidence en charge du sportif de l’ancien Michel Plassot n’a pas été neutre. « Il a su refédérer les anciens autour du club, reconnaît l’heureux président Didier Dallet. Il s’est engagé avec de l’énergie et de la volonté. Parallèlement, des gens de la génération précédente ont intégré un comité directeur rajeuni. Nous sommes plus dynamiques. » Tous ces éléments sont à prendre en considération dans la réussite salloise, mais le facteur X, celui qui a contribué à la mise sur orbite de la fusée rouge et blanche, est essentiellement sportif. Au risque de heurter la sensibilité des partisans des valeurs collectives, on pourrait même lui donner un nom de code : François Cantet. Le Mérignacais connaît bien la maison USS qu’il avait quittée il y a cinq ans. La suite, c’est Didier Dallet qui la raconte : « à l’époque je m’étais accroché avec François, je lui reprochais de ne pas produire assez de jeu. Je lui ai demandé de revenir et nous avons mis nos fiertés de côté pour le bien du club. » Pour conduire sa mission de reconquête François Cantet s’est entouré d’un encadrement composé de Pascal Gomez, Jérôme Bertazzo, Benoît Constant, Georges Péreira (tous issus du club) et Sébastien Danthez pour la préparation physique. « Notre titre nous le devons aussi à la qualité et la complémentarité de ce staff », se félicite le manager dont le plan d’attaque était limpide. Salles devait absolument retrouver ses vertus et dans les quatre premiers mois de son parcours initiatique l’équipe a récolté une dizaine de cartons rouges.

Une page a été tournée

Didier Dallet s’est interrogé mais il a entendu le discours de Cantet : « François m’a expliqué que c’était un passage obligé pour reconquérir le respect. Il a dit aux joueurs que les structures avaient évolué et que le club avait perdu son identité quand les équipes ne venaient pas gagner à Salles. Mais je souhaitais aussi que l’on produise un rugby de mouvement et cette saison on s’est régalé. Jérôme Bertazzo a transmis aux attaquants son amour du jeu. » Grand témoin du rugby sallois qu’il manage depuis des lustres, Loris Bertazzo mesure l’importance dans le rendement du groupe de l’apport de l’attaquant Romain Plantey en janvier, puis du centre Florian Bourrut, le frère de Julien l’ouvreur, pour les phases finales. « à leur contact nos joueurs ont repris confiance. » On n’inscrit pas 23 essais en phase finale (3 concédés) sans une véritable vocation offensive. Et l’excellent pack, sans négliger ses missions de base à l’image du 2e ligne Périat, s’est invité à la fête. Perron, Richet et consorts s’en donnant à cœur joie. De fait, la phase finale a été traversée avec les 24 mêmes éléments, ce qui met en exergue le travail, reconnu de tous, du préparateur physique Sébastien Danthez également engagé sur le front de l’UBB. L’histoire retiendra qu’en 2016, l’US Salloise a tourné une page, celle du dernier titre de 1981. Comme un trait d’union. « On ne vit plus avec le passé », affirme Didier Dallet en forme de conclusion.

Par Gérard PIFFETEAU

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