[SAGA TOP 14] Le Devedec : « Ce n’est pas une régression »

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    [SAGA TOP 14] Le Devedec : « Ce n’est pas une régression »
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Deux ans après avoir quitté le club, l’ancien bordelais, Julien Le Devedec, qui a pris une nouvelle dimension en juin lors de ses débuts remarqués en Equipe de France, est de retour en Corrèze. Impressions.

Grâce à vos premiers pas salués en équipe de France, votre début d’été a été riche…

La fin de saison a été frustrante car nous visions les phases finales avec Bordeaux-Bègles. On a raté le coche. Après le revers à Toulon, j’étais déçu… Et le lendemain matin, j’apprenais officiellement que j’étais retenu avec l’équipe de France en Argentine. C’était reparti et ce fut très fort en émotion. En entrant sur le terrain, j’ai repensé à tous les moments galères que j’ai traversés (deux graves blessures au genou, N.D.L.R.). Je ne suis pas passé loin de ne plus jouer au rugby… Là, je me dis que j’ai plutôt fait du bon boulot. Avec une équipe remaniée, beaucoup de monde nous prédisait deux branlées. Mais, la première semaine, on sortait tous d’une saison difficile. Nous, Bordelais avions raté la qualification, les Parisiens ont connu des instants durs, Demotte est descendu avec Agen. Cette tournée était l’occasion de lâcher la frustration. Avec une défaite honorable et une belle victoire, on l’a réalisé.

Qu’est-ce qui a changé pour vous depuis cette tournée ?

On parle un peu plus de moi mais, à mes yeux, rien n’a changé. Je vais me préparer pour reprendre efficacement avec Brive. Je suis impatient. C’était si bien de jouer pour l’équipe de France. Nous étions un peu loin de chez nous et j’aimerais connaître la sélection dans mon pays maintenant. Mais je ne vais pas m’enflammer car il peut se passer tellement de choses, pas juste sportives. Je me dis que si ça doit suivre, ça suivra.

Que vous ont apporté ces deux saisons bordelaises ?

Cela m’a fait du bien de voir autre chose, de connaître d’autres entraîneurs. Régis Sonnes, Vincent Etcheto et Émile Ntamack m’ont tous trois beaucoup apporté. Je pense avoir progressé. C’était une belle étape de ma carrière.

Ce retour à Brive, est-ce le choix du cœur ?

Oui, mais aussi l’envie de vivre une nouvelle aventure. En début de saison dernière, à Bordeaux, je ne vais pas dire que je ne me sentais pas désiré mais on m’a fait comprendre que j’étais un joueur un peu banal. Les dirigeants brivistes étaient très intéressés par mon retour. Je l’avais derrière la tête depuis que je suis parti. Là, il y a eu quelques détails qui ne m’ont pas trop plu à l’UBB, deux ou trois déclics et je me suis décidé.

Après l’annonce de votre départ, vous avez pourtant beaucoup joué…

C’est paradoxal. Je n’avais pas assez joué à mon goût lors de la première saison et, après ce choix, les coachs ont continué à m’aligner à chaque match. Mais je ne regrette en aucun cas ma décision.

Vraiment aucun remords alors que l’UBB semble armée pour le haut du tableau ?

Non, aucun. Mon objectif est de faire mentir tous ceux qui pensent que signer à Brive est une régression. Dans ma tête, c’est très clair. Même si on peut me prendre pour un fou, j’espère qu’on fera quelque chose de grand. Je suis persuadé que c’est possible. Il y a eu peu de changements. Ici, on ne voit pas cinquante mecs arriver ou partir lors des intersaisons. Cette stabilité fait la force du groupe. Et en progressant un peu chaque année…

Est-ce à dire que votre ambition est de s’approcher des poids lourds, voire de viser les phases finales ?

Ce serait un rêve mais, si je le dis, je vais me faire taper sur les doigts (rires). Si quelqu’un avait à parier, Brive serait la grosse cote. Mais cela ne sert à rien de jouer si l’on n’a pas des ambitions. Je me rappelle des phases finales de Pro D2 avec cette équipe. C’était génial et ce serait dommage de ne pas le revivre. Puis c’est la dernière saison d’Arnaud (Mela, N.D.L.R.), JB (Péjoine, N.D.L.R.) ou Sisa (Koyamaibole, N.D.L.R.). Ce sont des mecs que j’ai appris à apprécier et cela fait partie des raisons de mon retour. Ce serait énorme de faire un truc pour leur dernière.

Avez-vous le sentiment de revenir au club avec un statut différent de celui que vous aviez en le quittant ?

Ce serait une erreur de penser que j’arrive avec un autre statut. Je connais bien les joueurs de Brive, l’identité du club et je sais que je devrai y gagner ma place. Cette équipe tournait déjà très bien sans moi. Je ne vais pas m’emballer et dire en débarquant : « Salut les gars, laissez-moi ma place. »

Jérémy Fadat
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