Rugby à VII : Guitoune sort de sa réserve

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    Rugby à VII : Guitoune sort de sa réserve
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Impressionnant à Exeter le week-end dernier, Sofiane Guitoune est le seul quinziste retenu dans les quatorze pour les Jeux Olympiques. Présent en qualité de réserviste, il croit en sa chance.

Lorsqu’il fut l’heure, mercredi, de s’adresser à Sofiane Guitoune, la question s’est posée légitimement : peut-on le féliciter ou est-ce maladroit ? « Bien sûr que vous pouvez me féliciter. Franchement, je suis très fier. » Depuis le début de semaine, l’ancien Bordelais sait qu’il va s’envoler pour Rio avec le groupe de France 7. Même si c’est en qualité de réserviste... Treizième ou quatorzième homme (avec Jean-Baptiste Mazoué), Guitoune préfère déjà savourer là où les autres quinzistes ont échoué : « J’avais envie de partir aux JO mais je savais que ça allait se jouer entre un et deux mecs. Je n’étais pas le favori vu mon expérience quasi nulle du 7. Mais j’ai tout donné pendant la préparation pour montrer mon meilleur visage. Je partais avec beaucoup de retard face à des garçons qui sont là depuis quatre ans. »

Après la coupe du Monde, les JO

Son CV, dans la discipline, se résumait à deux tournois sur le circuit cette saison. Alors, derrière un exercice à oublier en Gironde, Guitoune s’est offert les moyens de vivre l’impensable. Jusqu’à passer par des instants d’intense souffrance. « La première semaine a été très difficile. Je sortais d’une saison quasi blanche à l’UBB. Le dernier mois, je ne jouais plus, je ne m’entraînais presque plus... J’avais déjà programmé mes vacances, j’étais hors de forme. Puis j’ai été retenu. La première séance physique a été horrible. J’avais des crampes aux adducteurs, ça ne m’était jamais arrivé. C’était vraiment fou. Puis la deuxième semaine, c’est vite revenu. Et ça allait ensuite de mieux en mieux... »

Voilà comment, un an après la préparation d’une Coupe du monde à laquelle il a peu participé (un match pour deux essais, N.D.L.R.), le néo-Toulousain a impressionné le staff et gagné du crédit. Avec une ambition en tête : l’échéance d’Exeter. Le championnat d’Europe, disputé le week-end passé, à la veille de la liste officielle pour Rio. Et c’est là qu’il a brillé pour s’assurer une place parmi les quatorze. « Sans me mettre la pression, je me suis dit que ce rendez-vous compterait. Si je passais à côté, c’était mort pour moi. Mais ça s’est bien passé... » À tel point que, comme le confirme Frédéric Pomarel, il fut l’un des Bleus les plus performants.

« Je ne vais pas à Rio en touriste »

Guitoune va donc poursuivre la préparation avec ses coéquipiers. Avec la ferme intention d’être un acteur des Jeux, malgré son statut de réserviste. Plus qu’une volonté, une conviction. « Il reste un mois et nous ne sommes à l’abri de rien, prévient-il. J’ai fait trois tournois et nous n’avons jamais fini à douze. Quand mon nom a été annoncé, les autres m’ont dit : « prépare-toi car, sur l’année, nous n’avons pas terminé un seul tournoi au complet. » Je ne le souhaite pas mais, selon les statistiques, il y aura forcément besoin de moi. Ce n’est jamais très grave mais il y a toujours une béquille ou autre chose... C’est tellement physique comme sport. Je me dis qu’il y a 95 % de chances que je joue. Je m’entraîne pour être à fond et je ne vais pas à Rio en touriste. »

Même si, sur place, Guitoune devra vivre - ou plutôt dormir - en marge du groupe. Si Mazoué et lui auront accès au village olympique toute la journée pour partager le quotidien de leurs coéquipiers, seuls douze logements y sont autorisés. Eux deux passeront donc la nuit dans un « village des réservistes ». Mais l’aventure olympique vaut bien ça. « C’est plus qu’un rêve, affirme l’intéressé. Un joueur de rugby ne peut pas s’imaginer faire les Jeux vu que notre discipline n’était pas olympique. La Coupe du monde, j’en rêvais et c’était un objectif. Mais ça, on n’ose même pas y penser. Les JO, c’est le truc au-dessus. »

Jérémy Fadat
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