[Revue de l’élite/numéro 8] Vermeulen et Tulou sur le podium

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    [Revue de l’élite/numéro 8] Vermeulen et Tulou sur le podium
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Trois néo-zélandais dans le classement cette année. Côté français, Picamoles, Goujon et Gourdon sont présents.

Vermeulen, très bonne pioche

Il n’a pas manqué sa première saison en France même s’il l’a commencée tard (en novembre à cause de la Coupe du monde) et qu’il l’a finie tôt (il n’a joué ni la demie, ni la finale à cause de sa sélection avec les Springboks). Mais en quinze matchs de Top 14 (tous comme titulaire) et sept matchs de Coupe d’Europe, Duan Vermeulen a su se montrer à la hauteur de l’investissement de Mourad Boudjellal. Il a beaucoup apporté au pack du RCT, quand il avance bien sûr, mais aussi quand il est (parfois) en difficulté car Duane Vermeulen est un combattant infatigable, très fort au cœur du trafic et capable de tirer son épingle du jeu, même quand sa mêlée recule.

Quand son pack est dominateur, évidemment, sa puissance s’exprime à plein dans les petits espaces. La façon dont il a posé son empreinte à Toulon se juge aussi à l’identité des gens qu’il a mis sur le banc ou poussé vers une autre place. Steffon Armitage, par exemple, s’est retrouvé avec le numéro 7 dans le dos après l’arrivée du Sud-Africain et n’a récupéré le 8 qu’après son départ. L’international français Charles Ollivon, pur numéro 8, n’a joué que quatre matchs de Top 14 de la saison.

Tulou, déjà vieil habitué

Il est un habitué de notre classement puisqu’il monte pour la troisième fois sur le podium depuis 2012. Alex Tulou a donc bien négocié sa première saison castraise, ce qui donne tort à Jake White qui ne comptait plus sur lui à Montpellier. Dans le Tarn, Christophe Urios l’a titularisé à 19 reprises en Top 14 (sur vingt matchs joués), et douze fois, il a joué la totalité du match. Il en aurait joué cinq ou six de plus s’il n’avait pas été blessé à un doigt, ce qui le contraint à subir une intervention chirurgicale en janvier.

En plus, Alex Tulou a marqué neuf essais, c’est le record de notre aréopage et ça en dit long sur l’impact du Samoan sur le jeu du CO où il a prolongé jusqu’en 2020. Il sait jouer de sa masse pour faire constamment avancer son équipe. On se souvient qu’il a frôlé de très peu une convocation en équipe de France sous l’ère Saint-André mais les règlements internationaux de l’époque lui avaient barré la route des Bleus. Quelques minutes jouées en 2008 sous le maillot de l’équipe nationale à VII de la Nouvelle-Zélande le maintiendront jusqu’à la fin de sa carrière dans la catégorie des excellents joueurs de club. Six ans après son arrivée en France, il a déjà marqué le Top 14 de son empreinte.

Les surprises : Coughlan et Gourdon

On ne les attendait pas forcément à ce niveau, c’est vrai. À Pau, pour sa première saison en France, James Coughlan a donné raison à Simon Mannix qui avait parié sur lui. L’ancien joueur du Munster avait une petite réputation mais son absence de sélection pouvait faire nourrir des doutes à son sujet et son âge, 34 ans, n’était pas présenté comme un avantage. Autre « pensionnaire » de cette rubrique encourageante, Kévin Gourdon qui fait son entrée dans ce classement.

Le Rochelais utilisé à plein par son entraîneur au poste de numéro 8 malgré un gabarit assez léger pour le poste (20 titularisations sur 22 à ce poste, les deux autres avec le numéro 7). C’est vrai qu’avec son mètre 85 et ses 103 kilos, il fait presque figure de poids plume. Kévin Gourdon a tiré parti du bon parcours de La Rochelle jusqu’à découvrir le groupe élargi du XV de France durant le Tournoi et décrocher ses deux premières capes en Argentine. Sa présence dans la nouvelle liste « Élite » prouve que Guy Novès compte vraiment sur lui.

Les valeurs sûres : Grice, Picamoles et Koyamaibole

Sixième l’an passé, cinquième cette année, le Grenoblois Rory Grice a réussi une deuxième saison magnifique, elle est sans doute passée inaperçue pour le grand public car le parcours de son club n’a pas passionné les foules hors les limites de l’Isère. Mais les supporteurs du FCG savent ce qu’ils doivent à ce Néo-Zélandais débarqué dans l’anonymat en 2014 sans avoir joué en Super Rugby. Louis Picamoles figure pour la septième fois consécutive dans ce classement. Pour sa dernière saison avec le Stade toulousain, il a fait son boulot. Pourtant, il a été handicapé par une blessure à une cuisse (une déchirure) qui l’a contraint à quitter l’équipe de France dès le premier match du Tournoi contre l’Italie.

Si l’on ajoute son absence liée à la Coupe du monde, ça donne une saison à treize matchs seulement de Top 14 plus quatre en Coupe d’Europe. Mais il a quand même su honorer le maillot qu’il porte depuis sept ans par sa puissance. Son retour chez les Bleus pour le deuxième test en Argentine a aussi démontré qu’il est presque indispensable. Autre « valeur sûre », le Fidjien de Brive Sisa Koyamaibole, 35 ans, et capable encore d’apporter son écot au bon parcours des Corréziens en Top 14. Il n’est pas un coureur de fond, c’est entendu, mais sur quatre ou cinq bons ballons, il est toujours capable de réussir les percées qui remettent son équipe dans le droit chemin.

Les absents : Lee, Mowen, Ollivon

Cinq classés de 2015 ont disparu en 2016 : Juan Smith, Viliami Ma’afu, Fritz Lee, Charles Ollivon et Ben Mowen. Juan Smith a joué exclusivement troisième-ligne aile avec Toulon, Viliami Ma’afu a pâti des mauvais résultats d’Oyonnax même si individuellement, il n’a pas été si décevant. Fritz Lee n’a pas fait la saison de sa vie avec Clermont même s’il serait injuste de l’accabler, il nous avait habitués à mieux. L’Australien de Montpellier Ben Mowen ne faisait pas partie des premiers choix de Jake White, il n’a joué que treize matchs (onze titularisations) dont seulement trois avec le numéro 8.

Le cas de Charles Ollivon est assez édifiant. Après avoir préparé la Coupe du monde avec le XV de France, il n’a débuté que quatre matchs de Top 14 avec Toulon (le dernier en mars). En Coupe d’Europe son seul match fut disputé en tant que troisième ligne aile. Charles Ollivon incarne les choix risqués des jeunes joueurs. Après la relégation de Bayonne, fallait-il rejoindre une écurie aussi fournie que Toulon et la concurrence des Vermeulen et des Steffon Armitage. Tiens Armitage, lauréat en 2014, ne fait pas non plus partie de ce classement. Mais sur 20 titularisations, il a joué douze fois flanker.

Les déceptions : Parisse, Spies et Goujon

La saison 2015-2016 de Sergio Parisse, lauréat en 2015, ne restera pas dans les annales à l’image du parcours de son club, le Stade français. Il n’a joué que neuf matchs dont huit comme titulaire en Top 14. Mais ses performances avec l’Italie durant le Tournoi justifient quand même sa présence dans ce classement (ah, le fameux drop manqué contre les Bleus à la dernière minute). Et ses sept matchs de Coupe d’Europe aussi.

Le Sud-Africain Pierre Spies termine à la septième place pour sa première saison en Top 14. Ce n’est pas si mal, mais vu la réputation du joueur et ses 53 capes avec les Springboks on attendait un peu mieux de lui. Les suiveurs de Montpellier espéraient d’avantage de courses tranchantes, sa spécialité. Mais, nous le reconnaissons, le constat est un peu sévère.

Loann Goujon fait aussi partie de ce chapitre puisqu’il passe de la cinquième à la dixième place. Mais il découvrait un nouveau club, l’UBB, en prenant la saison en cours à cause de la préparation du Mondial. Il a joué 12 fois avec le 8 et ses performances furent correctes mais les Bordelais pensent que la saison à venir sera celle de l’épanouissement. On est forcément exigeant avec un néo-international.

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