[Revue de l’élite/Troisièmes ligne aile] Le retour de Gorgodzilla

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Publié le , mis à jour

Victime de la concurrence l’année dernière, le flanker géorgien Mamuka Gorgodze a été colossal pour sa deuxième saison avec le RCT, et a ainsi relevé le défi varois.

Voilà plus de dix ans qu’il est arrivé en France, et pourtant Mamuka Gorgodze n’a connu que deux clubs dans sa carrière française : Montpellier, pendant neuf saisons, et Toulon, depuis deux ans. Présent dans le top 5 de classement 2011 et 2012, il l’a quitté en 2013 pour y revenir timidement l’année suivante, à la huitième place. La saison passée, il en avait à nouveau disparu, victime de la concurrence de ses coéquipiers Steffon Armitage (huitième) et surtout de celle de l’inoxydable Juanne Smith, deuxième.

Mais comme on était en droit de l’attendre quand on connaît le tempérament de compétiteur qui habite le Géorgien, le séjour de ce dernier sur le banc des remplaçants n’a pas été de longue durée. Cette année, et comme il l’avait fait pendant ses années montpelliéraines, « Gorgodzilla » a mis tout le monde d’accord.

Papa poule

Orphelin des Botha, Williams, Hayman et Masoe, le pack de Toulon s’en est remis à la puissance du Géorgien pour prolonger son règne sur le Top 14, lequel a été sérieusement remis en question par la montée en puissance de ses concurrents, comme le Racing 92 ou Montpellier. À Toulon, Gorgodze est devenu un chef de file, comme nous l’assurait il y a peu son entraîneur des avants Jacques Delmas : « Mamuka, c’est un leader qui apporte ce que nous donnait Bakkies Botha dans l’agressivité et la capacité à défier. »

Cette année, il a particulièrement veillé à l’éclosion de ses jeunes compatriotes géorgiens, le pilier droit Levan Chilachava et le deuxième Konstantin Mikautadze. Sous sa houlette, les deux jeunes internationaux ont clairement franchi un palier, au point que le trio géorgien est devenu redoutablement intimidant : « Sur le papier, leur nom claque moins que Hayman, Botha et Williams, reconnais Jacques Delmas, mais je suis content de pouvoir compter sur eux. C’est une garantie. Je sais que je peux aller à la guerre avec. »

« Je n’ai rien lâché »

Et ces trois-là furent de toutes les batailles, à l’image de leur leader et de sa saison à rallonge marquée par une préparation de Mondial, une Coupe du monde, et un retour à la compétition avec Toulon tout juste trois semaines après sa dernière titularisation avec la Géorgie. Avec un tel agenda, on pensait que le colosse allait forcément s’essouffler… Avant les demi-finales, Gorgodze l’a même reconnu lui-même : « À un moment, j’ai senti que j’étais bien fatigué cette année. Mais c’est bon, j’ai retrouvé de la fraîcheur. Tout part de la tête. C’est le cerveau qui commande le corps et là il me dit d’être au maximum. Je n’ai rien lâché. »

Huit mois et vingt-trois matchs après le Mondial, le flanker était toujours là, animé de la même envie, celle de remporter un titre : « Je n’ai jamais gagné de titre avec Toulon. La Coupe d’Europe l’année dernière ? J’étais content mais je ne l’ai pas remportée. » Malheureusement pour lui, Gorgodze n’a pas levé ce foutu bouclier après lequel il court depuis onze ans. Mais d’aucuns pensent que son heure viendra…

Les raisons du choix

1. Pour sa puissance

Avec les départs de Carl Hayman, Ali Williams, Bakkies Botha et Chris Masoe, le pack varois a perdu un sacré poids, d’autant qu’en début de saison, le staff varois a dû compenser avec les absences de leurs remplaçants, Samu Manoa et Duane Vermeulen, retenus avec leurs sélections respectives. Dans ce contexte, la puissance du Géorgien fut particulièrement précieuse.

2. Pour sa défense

Plaqueur féroce, le flanker géorgien a terminé la saison régulière à la troisième place du classement des meilleurs plaqueurs toulonnais, avec 122 interventions défensives. Une férocité qui lui a d’ailleurs valu de concéder dix-sept pénalités, un total qui fait de lui le quatrième Varois le plus pénalisé. Mais on lui pardonne volontiers, au vu de son impact sur les rencontres.

3. Pour son leadership

Capitaine exemplaire de la Géorgie qui a réalisé une belle Coupe du monde en remportant deux victoires en phase de poule contre le Tonga et la Namibie, le flanker géorgien a eu le même rayonnement en club. Un rayonnement d’autant plus précieux que le pack du RCT avait perdu bon nombre de ses cadres. L’autre atout de taille du colosse géorgien est sa polyvalence. Non content d’être capable de couvrir les trois postes de la troisième ligne, il monte également volontiers dans la cage. Bernard Laporte l’a ainsi titularisé six fois de suite en deuxième ligne de mars à mai.

Le classement

1. Mamuka Gorgodze, Toulon
Né le 14 juillet 1984 - 1,96 m ; 118 kg
Temps de jeu : 1 143 minutes - Points : 10
International géorgien - 66 sélections

2. Wenceslas Lauret, Racing
Né le 28 mars 1989 - 1,88 m ; 106 kg
Temps de jeu : 1 056 minutes - Points : 5
International français - 12 sélections

3. Juan Martin Fernandez-Lobbe, Toulon
Né le 19 novembre 1981 - 1,93 m ; 102 kg
Temps de jeu : 1 203 minutes - Points : 10
International argentin - 71 sélections

4. Wiian Liebenberg, Montpellier
Né le 13 avril 1990 - 1,89 m ; 105 kg
Temps de jeu : 1 028 minutes - Points : 5

5. Alexandre Lapandry, Clermont
Né le 13 avril 1989 - 1,93 m ; 102 kg
Temps de jeu : 1 325 minutes - Points : 5
International français - 10 sélections

6. Alexandre Bias, Castres
Né le 21 avril 1981 - 1,94 m ; 100 kg
Temps de jeu : 1 481 minutes - Points : 10

7. Damien Chouly, Clermont
Né le 27 novembre 1985 - 1,92 m ; 110 kg
Temps de jeu : 799 minutes - Points : 10
International français - 41 sélections

8. Steffon Armitage, Toulon
Né le 20 septembre 1985 - 1,78 m ; 104 kg
Temps de jeu : 1 662 minutes - Points : 35
International anglais - 5 sélections

9. Louis-Benoît Madaule, Bordeaux-Bègles
Né le 24 septembre 1988 - 1,90 m ; 105 kg
Temps de jeu : 1 579 minutes - Points : 5

10. Fulgence Ouedraogo, Montpellier
Né le 21 septembre 1986 - 1,90 m ; 98 kg
Temps de jeu : 1244 minutes - Point : 0

10. Mahamadou Diaby, Grenoble
Né le 15 août 1990 - 1,88 m ; 102 kg
Temps de jeu : 1 074 minutes - Points : 5

10. Olivier Missoup, Oyonnax
Né le 5 février 1981 - 1,93 m ; 102 kg
Temps de jeu : 1 145 minutes - Point : 0

Les autres classements

LES ARRIERES
LES AILIERS
LES CENTRES
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LES NUMEROS 9
LES NUMEROS 8

Simon Valzer
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