[SAGA TOP 14] Clermont, l’Europe au cœur

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Publié le , mis à jour

S’ils joueront les deux tableaux à fond, les Clermontois espèrent profiter de leur élan de fin de saison, malgré l’élimination en demi-finale, pour bien débuter le prochain exercice. Et mieux figurer en Champions Cup, où ils s’étaient vautrés l’an dernier.

Les objectifs ? Ils ne changent pas, à Clermont, depuis bientôt dix ans : bien figurer sur les deux tableaux, aller le plus loin possible et briguer les deux titres pour en accrocher un au moins, sans distinction de priorité. C’est après tout la moindre des choses, quand on affiche trente millions d’euros de budget et un effectif professionnel comportant tranquillement 28 internationaux sur 34 éléments. Cela, c’est le discours normal des ambitions affichées, au niveau de la direction. Reste que le calendrier, d’abord, impose des ordres de priorité.

Le président De Cromières confirme : « Nous avons eu un échec patent en Coupe d’Europe, l’an dernier, parce qu’en décembre et janvier, quand tout se jouait, nous n’étions dans notre meilleure forme collectivement. Il faudra veiller à ce que ça ne se renouvelle pas. D’autant que, cette année, nous allons encore enchaîner les matchs 3 et 4 de Coupe d’Europe, puis la réception du Stade français, un déplacement à Toulouse, la réception de Toulon avant les matchs 5 et 6 de Coupe d’Europe. Et encore, en suivant, un déplacement à Bordeaux-Bègles. Il ne faudra pas se rater. La cible de notre début de saison, clairement, elle est là, sur ces deux mois d’hiver qui décideront de beaucoup de choses pour la suite de notre saison. »

Azéma : « Une revanche sur nous-mêmes »

Il y a, enfin, une priorisation par le sentiment. Celui de la colère. Les Auvergnats n’ont pas grand-chose à se reprocher sur la scène nationale, où ils terminèrent premiers de la saison régulière en Top 14 et éliminés au terme d’une demi-finale aux allures de polémique. Difficile d’en dire autant sur la scène européenne, où ils avaient sombré dans une poule certes plus relevée que ne pouvait le laisser paraître les palmarès respectifs, mais pas assez pour justifier une élimination directe des Auvergnats. L’an prochain ? Petite douceur du hasard, l’ASMCA retrouvera l’UBB et Exeter, récent vice-champion d’Angleterre. L’Ulster complétant la poule, dans le rôle du quatrième larron. « La Coupe d’Europe aura une saveur particulière, prévient Azéma. Nous retrouvons presque la même poule mais la revanche, elle sera d’abord par rapport à nous-même et à notre comportement. La colère qui nous habite, par rapport à cette compétition, va me permettre de m’appuyer sur ce sentiment de revanche sans être dans l’artificiel, sans surjouer. On peut perdre contre meilleur mais nous n’aurons pas le droit de faire deux fois les mêmes erreurs. Les pièges, désormais, on les connaît. »

Un management version 2016

Pour y parvenir, l’entraîneur clermontois pourra s’appuyer sur un effectif particulièrement stable, avec six départs (Van der Merwe, Kotze, Jacquet, Cudmore, James et Davies) pour quatre arrivées (Toeava, Lamerat, Timani et Jarvis). Les dernières places étant ouvertes à de jeunes joueurs issus du centre de formation (Rude, Iturria, Sanga, Cassang). Surtout, Azéma a profité du dernier hiver tumultueux pour trouver un mode de fonctionnement prolifique. « L’an dernier, notre saison avait basculé en février. Dans le comportement des joueurs, nos résultats mais aussi mon management. J’attends depuis longtemps que les joueurs se prennent en main, qu’ils bénéficient d’une forme d’autonomie mais aussi qu’ils s’en saisissent. Je ne suis pas sur le terrain avec eux, c’est eux qui prennent les décisions en match et il faut que cela se retrouve au quotidien, dans la vie du groupe. C’est une envie que j’ai depuis longtemps et que j’ai commencé à concrétiser à partir de février ». Avec, en suivant, une série de dix victoires en treize matchs. L’entraîneur clermontois conclut : « Tout le monde a compris les bienfaits d’une telle politique. Nous n’avions plus le choix et j’ai fait en sorte qu’ils s’approprient leur histoire. Il en a résulté une plus grande force de caractère. » Pourvu que ça dure.

Léo Faure
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