Paris UC, sauvé des eaux

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    Paris UC, sauvé des eaux
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Après avoir été battu par les flots en Fédérale 2, le navire puciste entend bien hisser le pavillon violet et blanc qui a tant contribué à sa renommée

En voyant, à la fin du printemps dernier, certains quartiers de la Capitale envahis par la montée des eaux, les aficionados du XIIe arrondissement n’ont pu s’empêcher de penser que la cote d’alerte avait été, d’une certaine manière, atteinte, elle aussi, du côté de La Cipale. Reste que, de son propre aveu, le bon président Bousquet se voulait confiant quant à un dénouement calqué sur le modèle du « happy end » cher aux anglophones : « Nos finances étant saines, nous avions bon espoir d’être repêchés, ce que notre secrétaire général a confirmé lors du congrès de Pau. » Clin d’œil du destin, il en a été de même à quelques centaines de kilomètres de là, dans la Ville rose, avec le TUC, qui repartira bel et bien à son échelon de provenance.

Toutefois, l’aura du club dont David Aucagne (alias, « Coco », de Vichy, puis de Pau) porta naguère les couleurs est sans commune mesure avec son homologue toulousain. S’il n’est plus question de jouer dans la cour des très grands réservée aux proches voisins de Jean-Bouin et des Hauts-de-Seine, le pouvoir d’attraction de la tunique violette reste intact, décennie après décennie. D’ailleurs, Jérôme Bousquet insiste énormément sur l’effet « calendrier » susceptible de fausser le jeu lors du premier bloc automnal : « Nous avons joué la quasi totalité des rencontres à l’extérieur, d’où ce handicap que nous avons traîné comme un boulet dans une poule qui plus est relevée au possible. Je reste persuadé que n’importe quel autre contexte, nous nous serions stabilisés en milieu de tableau. »

Pas de recrutement tapageur

Et si, jeunesse oblige, l’effectif est par essence soumis à des variations saisonnières tant le passage du vivier estudiantin au monde du travail prime bien évidemment sur la seule pratique sportive, l’aréopage a fait le choix de la continuité en ce qui concerne la succession de Florent Bonnefoy. Celui qui veillait aux destinées de la vitrine principale s’est en effet enrôlé sous la bannière du Stade français. Un « départ en bons termes » précise notre interlocuteur. Place donc à Xavier Teissèdre, un éminent spécialiste de la formation, et de bonne souche cantalienne qui plus est. La diaspora des « Auvergnats de Paris » appréciera ! Avant d’aller chercher ailleurs avec tous les aléas que cela comporte, le staff piloté par Vincent Ouzet a actionné le levier de la parfaite connaissance des lieux. D’autant plus logique que les jeunes du cru vont prendre du galon.

Comme pour mieux balayer d’un revers de la main une idée reçue, Jérôme Bousquet rappelle « que tout le monde ne roule pas sur l’or dans Paris. Et que le rugby se fond dans un certain anonymat ». Autrement dit, pas de recrutement tapageur basé sur la carte de visite. Même si l’enceinte est en capacité d’avancer les matchs au samedi sur le créneau dit de la nocturne, le maillage demeure hyper-concurrentiel. Qu’importe, fort d’un capital sympathie intact, le PUC va poursuivre son bonhomme de chemin. Son horizon va s’élargir, avec davantage d’échéances loin du pré-carré francilien. De là à espérer une dynamique sportive plus favorable de façon à compenser une logistique plus onéreuse, il n’y a qu’un pas que les plus optimistes vont s’empresser de franchir. Avec humour et élégance, histoire de mieux honorer la tradition. Immémoriale plutôt que centenaire ou centennale, comme les crues désormais reléguées au rang de simple mauvais souvenir.

Paris Université Club

Date de création : 1906.
Nombre de licenciés : 600 avec l’ecole de rugby.
Plus haut niveau atteint : Groupe A.
Palmarès : champion de France de Fédérale 2 (2004).
Budget : 450 000 €
En 2015-2016 : Fédérale 2, 9e de la poule 2, relégué sportivement puis maintenu sur tapis vert.

Par Philippe Alary

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