Boudjellal : « La DNACG a voulu faire un exemple »

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    Boudjellal : « La DNACG a voulu faire un exemple »
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Le RCT a écopé d'une amende 100 000 € par le conseil supérieur de la DNACG en raison d'un dépassement de salary cap au titre de la saison 2014-2015. Mourad Boudjellal réagit à cette annonce. Et contre-attaque.

Comment avez-vous réagi à l'annonce de cette sanction financière ?

Je n'ai pas été surpris par cette décision. Je n'étais même pas allé devant la commission. Je savais que les dés étaient pipés d'avance et que la DNACG allait taper. Les instances ont voulu faire un exemple. D'ailleurs, ils auraient pu nous sanctionner davantage. Car pour 100 000 € de dépassement, ce devrait être 1 million d'amende. Normalement, c'est multiplié par dix. Le rugby professionnel représente un chiffre d'affaires de 350 millions d'euros qui est généré, à 60 %, par quatre à cinq clubs. Le problème est que les décideurs préfèrent que ces quatre à cinq locomotives rejoignent le restant des troupes plutôt que de tirer ces dernières vers le haut.

Savez-vous ce qui vous est reproché ? Et comment vous en défendez-vous ?

Oui, ils ont réussi à nous augmenter la masse salariale d'un million d'euros. Ils nous comptent du droit à l'image pour des joueurs qui n'en ont plus et estiment que certains d'entre eux devaient être payés plus chers qu'ils ne le sont. Simplement, comme à l'époque pour Toulouse, certains d'entre eux sont prêts à toucher moins pour venir chez nous. Il y a trois cas problématiques à leurs yeux. Le premier est celui de Mamuka Gorgodze. Ils disent que son contrat est inférieur à 200 000 € à ce qu'il toucherait ailleurs. Il y a pourtant une attestation du joueur qui certifie qu'il s'est engagé pour ce montant. Que peut-il faire d'autre ? Déclarer de l'argent qu'il n'a pas touché ? Simplement, comme Toulouse à une époque, les joueurs sont prêts à un sacrifice financier pour venir à Toulon et gagner des titres. Il y a aussi Michalak : ils estiment qu'il devrait toucher 200 000 € de droits à l'image. Mais c'est lui-même qui nous a demandé de ne pas en avoir par le club. Son image est gérée par de grandes sociétés que tout le monde connaît. Enfin, il y a le cas de Maxime Mermoz. Il m'est reproché d'avoir donné une prime de finale au joueur. Mais c'est lui-même qui me l'a demandé car il avait des difficultés liées au fait que son précédent employeur n'avait pas payé ses droits à l'image. Qui était-il ? C'était l'Usap avec Paul Goze à sa tête. D'ailleurs, Maxime est allé devant les tribunaux à ce sujet et a eu gain de cause. La même personne qui n'avait pas payé son joueur me punit aujourd'hui pour l'avoir surpayé. Et avec tout ça, nous ne dépassons que de 100 000 € le salary cap...

Avez-vous l'intention de faire appel ?

Oui. D'un côté, c'est une très bonne décision. Elle va nous permettre d'aller devant les tribunaux civils pour voir s'il est possible que l'on nous réévalue ainsi le montants de nos contrats. Il y a un autre exemple qui est symptomatique : ils ont tiqué sur le nouveau contrat de Fernandez Lobbe car il est inférieur au premier. Mais il y a une différence : à l'époque, le Four-Nations venait de commencer et Juan Martin était absent une partie de l'année. Quand il a signé son nouvel engagement, il a logiquement accepté cette baisse de rémunération. De toute manière, depuis cette saison, j'envoie une copie de tous mes contrats pour voir si la DNACG valide leur montant et si je peux bel et bien engager le joueur en respectant la règle.

En quoi ce système de validation du salary-cap est-il déficient à vos yeux ?

Nous sommes victimes de la subjectivité d'une instance. Or, en droit, la subjectivité est interdite. Il n'y a que les chiffres qui peuvent être pris en compte et rien d'autre. La situation est simple aujourd'hui : Toulon ne démarrera pas le championnat tant que la Ligue n'aura pas validé tous les contrats actuels. S'ils ne sont pas tous validés, il faudra que j'en enlève. Sinon, à la fin de chaque année, je vais me retrouver avec des montants de salaires revalorisés, un dépassement de salary cap et une amende à payer... Je ne peux pas vivre avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête. Je vais solliciter la Ligue via mes avocats pour obtenir le rapport du cabinet Deloitte au plus vite. Ce même cabinet qui est lié à Michelin. Ensuite, je rendrai tous leurs chiffres publics pour les confronter à la réalité afin que tout le monde comprenne.

Vincent Bissonnet
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