[Saga Top 14] « Cadrer notre folie »

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Publié le , mis à jour

Hugh Chalmers est désormais le plus ancien de l’effectif. Après huit saisons à l’UBB, le troisième ligne néo-zélandais mesure le chemin parcouru par un club qu’il a découvert en Pro D2.

Vous voilà le seul doyen de l’effectif de l’UBB…

Oui, je suis désormais le plus ancien de l’effectif depuis le départ d’Adam Jaulhac à Bayonne. Nous étions arrivés tous les deux en 2008.

À ce moment-là, pensiez-vous retrouver un jour en Top 14 et en Coupe d’Europe ?

Oui, oui, j’avais cette ambition dès cette époque, même si nous étions en Pro D2. Laurent Marti l’avait aussi. Nous étions comme deux fous. À ce moment-là, je voulais même jouer en équipe de France.

Le rugby de cette époque était-il différent ? Le jeu a-t-il évolué depuis ?

Oui, bien sûr. À l’époque, avec Marc Delpoux, nous pratiquions basé sur une sorte de folie offensive. Maintenant, les choses sont plus structurées, plus cadrées. Nous essayons toujours produire du jeu offensif, mais nous savons que dans notre folie, nous aurons des points de repère. C’est un peu comme dans une toile de Jackson Pollock, le peintre abstrait américain, il faut qu’il y ait une sorte de logique dans le chaos pour ne pas faire absolument n’importe quoi. Les joueurs doivent savoir où ils doivent être, et à quel moment.

On vous résume souvent à votre talent de sauteur en touche. Est ce que ça vous énerve ?

Oui, un peu, car il n’y a pas que ça dans ma panoplie. Je suis par exemple satisfait de mes dernières statistiques défensives. Je pense aussi que nous sommes en train de mettre en place un nouveau système où le ballon va davantage bouger. Peut-être que je n’aurai pas qu’un rôle de nettoyeur-plaqueur, mais bien sûr je serai à la disposition de mes coachs. Je ferai ce qu’on me demandera.

Ne souffrez-vous pas d’un manque de puissance à l’impact ?

Oui mais on ne joue pas à XIII, le rugby ce n’est pas que de l’impact, non plus. Il reste quand même une place pour l’évitement.

Sur le terrain, faites-vous partie de ceux qui parlent, votre qualité d’ancien vous y autorise, non ?

Oui, je parle parfois trop. Mais j’ai toujours pensé que c’était rassurant pour les autres d’entendre quelqu’un communiquer positivement car j’essaie de rester positif dans mes interventions, même si, de temps en temps, la frustration prend le dessus.

On imagine que vous annoncez en touche…

Non, je peux le faire, ça ne me dérange pas, mais Louis-Benoît Madaule aime bien assumer ce rôle. Julien Ledévédec aimait ça aussi. Moi, j’aime bien jouer un autre rôle. Apporter un regard supplémentaire et faire part de mes observations à la mi-temps par exemple.

Revenons à la saison dernière. Dans quel état d’esprit l’avez-vous terminé ?

Tout le monde a pris cette fin de saison comme un échec. Nous voulions vraiment goûter au top 6, moi comme les autres. J’avais resigné deux ans pour ça.

Sur un plan plus personnel comment aviez-vous vécu cette nouvelle septième place ?

Je n’ai pas joué les six derniers matchs, sur choix de l’entraîneur. J’ai essayé de réagir avec sang-froid, je n’ai pas pensé qu’à ma gueule. J’ai continué à aider ceux qui étaient dans le groupe, j’ai mis mon ego de côté. Mais j’espère bien que je vais retrouver du temps de jeu. Je ne rêve que de participer enfin au fameux top 6.

Vous avez un nouvel entraîneur des avants pour ça…

Pour remplacer Régis Sonnes et tout ce qu’il a apporté au club, il ne pouvait y avoir qu’un entraîneur de niveau international comme Jacques Brunel. Il voulait nous connaître pour voir ce qu’on était capable de faire en touche et en mêlée. Puis, les exercices sont devenus de plus en plus rapides et de plus en plus précis

Jérôme Prévot
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