L’ingénieur au centre

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Grégoire Maurino - Centre de Colomiers- Le haut-garonnais a passé un cap la saison dernière. Son diplôme d’ingénieur en poche, il peut se consacrer entièrement au rugby, pour la première fois de sa carrière.

La tempête fait rage à Font-Romeu, le stage de présaison de Colomiers est perturbé et Grégoire Maurino a du temps de libre. « Enfin ! » A-t-on envie de dire. À 26 ans, celui qui est arrivé en 2010 à Colomiers va enfin vivre une saison pleine avec son club. Car depuis six ans, il a alterné entre école d’ingénieur (Insa de Toulouse), sa carrière de rugbyman professionnel, et plus récemment, sa vie de papa. Tout a commencé grâce à Institut national des sciences appliquées de Toulouse d’ailleurs : « Il se trouve que l’entraîneur de l’équipe de l’Insa était le directeur du centre de formation de Colomiers (Philippe Ducousso, N.D.L.R.). C’est lui qui m’a voulu à Colomiers. Je bénéficiais du statut de sportif de haut niveau à l’école. Ce qui m’a aidé. Alterner une école d’ingénieur et un statut de joueur professionnel n’était pas facile. Parfois je suis allé à l’Insa en reculant. J’ai réussi à me remotiver et à finir, c’est une grosse fierté. J’ai trimé. C’est un poids en moins, je peux m’épanouir enfin au niveau du rugby à 100 %. » Il débute le rugby en minimes au Stade toulousain, il se dit alors que c’est pour le plaisir. Ses parents, tous deux sportifs, voient dans le ballon ovale une activité comme une autre. Quinze ans plus tard, Grégoire Maurino est devenu un cadre de l’US Colomiers avec 78 matchs joués pour 71 titularisations.

Un second centre atypique

Cette nouvelle saison s’annonce palpitante pour le joueur de Colomiers. Il reste sur une demi-finale d’accession en Top 14 et veut réitérer cette performance lors du nouvel exercice qui débutera le 26 août à Bourgoin. Lors du premier match amical de la saison face à Montauban, « El Burricot » comme l’appelle Martin Puech, son compère numéro 1 dans les vestiaires, a été nommé capitaine pour l’occasion. « C’est spécial, il y avait beaucoup de blessés », dit-il en riant. Le geste est peut-être anecdotique, mais c’est lui qu’on a choisi en premier. Sur le terrain son rôle est essentiel et son profil est atypique. « Pour son poste, c’est un joueur athlétique, grand et costaud. D’habitude les seconds centres n’ont pas son profil. Il aime le duel, c’est un excellent défenseur. Il fait partie des centres qui réalisent plus de dix plaquages par match et qui couvrent beaucoup de terrain. Il régule ses bouts de ligne d’une très belle manière. Il aime gagner ses duels et pour son gabarit, il manie très bien le off-load », décrit son entraîneur des arrières, Philippe Filiatre.

Alain Carré, le président de l’USC ne pensait pas qu’à son arrivée, il allait devenir aussi important pour l’équipe : « C’est un combattant, il aurait été très bon dans les sports de combat. Il sait où il va. Je lui dis bravo. » Grégoire Maurino est un faux insouciant, « très attachant » selon son président, avec un gros caractère. Et cette saison pourrait être celle de l’explosion pour cette tête bien faite.

Par Philippe Peronne

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