Méric, sans rancune

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    Méric, sans rancune
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Arrivé au RCT en juin 2014 après trois saisons passées au Stade toulousain, Anthony Méric veut montrer au club haut-garonnais qu’on s’est trompé sur son cas et à Diego Dominguez qu’il peut compter sur lui.

Deuxième demi de mêlée le plus utilisé face au Stade français lors du premier match amical - derrière Sébastien Tillous-Borde mais surtout devant Éric Escande et Jonathan Pélissié - Anthony Méric espère que les portes du Top 14 s’ouvriront définitivement cette saison. Appelé à sept reprises dans le groupe en 2015-2016, il reste un an de contrat espoirs au natif de Périgueux pour atteindre le Graal : un contrat pro. Mais avant de s’imposer en championnat, le numéro 9 de 21 ans sait qu’il devra réaliser une nouvelle performance remarquée ce vendredi lors de la réception du Stade toulousain, club avec lequel l’ex-international moins de 20 ans a une histoire toute particulière.

Rendez-vous raté

Formé à Montauban, Anthony Méric rejoint le Stade toulousain en cadets deuxième année. Il passe alors trois saisons sous le maillot rouge et noir, dont deux où il s’entraîne avec le pôle France. Ainsi, lors des saisons 2012-2013 et 2013-2014, le numéro 9 passe la semaine à Marcoussis et rentre pour disputer les rencontres avec les équipes de jeunes du club toulousain. Et si cette répartition ne fait pas de remue ménage la première saison, la deuxième fera grincer les dents en interne (surtout que deux de ses coéquipiers, Arthur Bonneval et Thomas Ramos, refusent le pôle pour se consacrer uniquement à leur club). Une décision lourde de conséquences pour le joueur alors âgé de 18 ans. « Lorsque j’ai accepté de faire une deuxième année au pôle France certains dirigeants du Stade ont décidé de me mettre des bâtons dans les roues. Ainsi, mon année espoirs a été très difficile car je n’étais pas soutenu par tout le monde. Je pense que cette décision m’a fermé beaucoup de portes alors que jusqu’à ce moment-là j’étais plutôt bien à Toulouse. » C’est à cet instant, en juin 2014, que le jeune demi de mêlée fait le choix de rejoindre Toulon. « Le RCT me voulait depuis deux ans et, comme les derniers temps ça n’allait plus du tout à Toulouse, je suis parti sur un coup de tête. Il me restait un an de contrat avec le Stade toulousain mais Toulon l’a racheté. ça s’est fait assez rapidement. » Un rendez-vous raté entre l’un des plus grands espoirs du poste de demi de mêlée et le club le plus titré du rugby hexagonal.

Revanchard, pas rancunier

Si le joueur est revanchard, il ne fait preuve d’aucune rancœur envers le club toulousain. « Lors de mes deux premières années à Toulon, même quand je jouais en espoirs, je cochais les dates des matchs contre Toulouse. Il fallait que je fasse les meilleures prestations de ma saison face à eux, pour leur montrer qu’ils s’étaient trompés. La démarche de bloquer un jeune appelé avec le pôle France n’est pas bonne. Nous n’étions pas d’accords et ils n’ont pas voulu que je m’épanouisse, c’est ainsi. » Mais quand il revient sur cet épisode Anthony Méric retient surtout l’expérience acquise à Marcoussis. Il ne regrette ainsi aucunement d’avoir accepté d’intégrer la promotion 2013-2014 du Centre national du rugby, au dépend de son club. « Quand je prends une décision, je l’assume à 100 % et j’ai vécu des aventures extraordinaires avec le pôle, qui m’a notamment permis de jouer avec les équipes de France jeunes. J’ai vécu des moments énormes que ce soit en dehors ou sur le terrain. Puis aujourd’hui, même si c’est un peu tendu quand je croise le staff des espoirs du Stade, j’ai de très bons rapports avec les mecs de ma génération, alors je ne regrette pas ma décision. »

Bousculer la hiérarchie

Cette saison, le joueur qui a été intégré à la « liste de développement » de Guy Novès, tentera de montrer à Diego Dominguez qu’il peut compter sur lui. « Cette saison sera la mienne. C’est une année relais entre les espoirs et le groupe pro, c’est-à-dire que si on me fait confiance, je répondrai présent. Je vais essayer de grappiller du temps de jeu et pourquoi pas de titiller les autres 9. » Celui qui se décrit comme un « demi de mêlée casse-pied » aspire à rentrer dans la rotation. « Quand je vois un mec comme Baptiste Serin, je pense, qu’en plus d’avoir beaucoup de talent, il a bénéficié du temps de jeu nécessaire pour progresser. » Mais alors pourquoi rester à Toulon où trois demis de mêlée de haut-niveau se disputent la place de titulaire ? N’aurait-il pas eu intérêt à être prêté ? « C’est ce que je voulais, mais le manager a directement mis son veto. » Preuve qu’on compte sur lui pour la saison à venir. « Diego attend que j’apporte de la vitesse au jeu de l’équipe. Je dois être capable de mettre de l’incertitude. » Ce sont en tout cas ses qualités, auxquelles on peut rajouter son profil d’éjecteur, qu’Anthony Méric fera valoir pour mettre le doute dans la tête de son manager, et ce dès vendredi.

Par Pierrick ILIC-RUFFINATTI

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