Les jeux en famille

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Publié le , mis à jour

Gaëlle et Jean-Claude Skrela Elle dispute ses premiers jeux Olympiques avec l’équipe de France de basket-ball, lui en tant que manager de France 7.

C’est David qui ne sait plus où donner de la tête. L’ancien ouvreur de Colomiers et du XV de France est à Rio et son programme est chargé. Mardi, 11 heures, match d’ouverture du tournoi masculin de rugby à VII. Même jour, une heure plus tard, France — Serbie comptant pour le tournoi féminin de basket. Et pas question de rater un de ces deux rendez-vous. Heureusement, le stade de rugby et la salle de basket se trouvent à Deodoro, seulement séparés par quelques centaines de mètres. Une proximité qui a permis à Jean-Claude Skrela de filer voir France — Biélorussie lundi soir après la réunion des managers. Difficile de résister à l’envie de voir sa fille Gaëlle, 33 ans, évoluer avec l’équipe de France. « C’est génial. On découvre tous les deux les jeux un peu tard. Jusqu’à maintenant, le rugby n’était pas au programme et elle avait manqué ceux de Londres alors qu’elle était dans la présélection. Aujourd’hui, elle est à Rio, elle vit les jeux après une saison magnifique où elle a été championne de France et où elle a aussi gagné la Coupe de France. »

Père et fille découvrent en même temps la magie du plus grand événement sportif de la planète, son village des athlètes, sa démesure. « Savoir que mon père est juste à côté au village a un côté un peu rassurant. Même si les journées passent très vite, que nous n’avons pas beaucoup de temps, je suis contente de savoir qu’il est là. » Veiller sur des joueurs, c’est exactement la mission de Jean-Claude Skrela au quotidien dans son rôle de manager de France 7 : « Il est hors de question qu’elle ait son père toujours sur le dos comme une petite fille. Elle a sa compétition, j’ai la mienne, mais nous arrivons à prendre des petits temps à nous, de dix minutes ou un quart d’heure pour discuter. »

À partir de ce vendredi, alors que le tournoi de rugby est terminé depuis hier soir, Jean-Claude Skrela troquera définitivement sa casquette de manager pour celle de supporter. « Même quand il est à l’autre bout du monde, même avec des décalages horaires importants, il arrive à suivre mes matchs, rigole Gaëlle. De toute ma famille, c’est toujours le premier au courant du résultat du match. Merci internet. Il est vraiment à fond. »

« Quand j’ai une question, un doute, il est toujours là »

Le père de son côté essaie de ne pas interférer dans la carrière de sa vie, exactement comme il faisait quand David était joueur : « Avec leur mère, nous avons toujours été là pour les aider quand ils sont un peu en difficulté, mais l’important est de ne jamais brouiller les messages des entraîneurs. Il n’y a rien de pire pour un enfant, mais aussi pour un athlète de haut niveau. » Pourtant, Jean-Claude Skrela a quelques références en la matière. Ça serait bête de ne pas le consulter. Gaëlle ne dit pas le contraire : « Il est là dans les moments de doutes, ceux où l’on cherche des réponses, car une carrière ce n’est pas que la magie des JO ou que bons moments. C’est aussi des blessures, des périodes où ça ne va pas en club. Je sais qu’il a toujours des réponses sur les petites choses à améliorer au quotidien pour revenir, ou alors sur un dialogue à avoir avec un entraîneur, où avec une coéquipière. Il m’a vraiment aidé dans le relationnel, dans l’approche du sport, dans la préparation physique. Quand j’ai une question, un doute, ou l’envie de parler, il est toujours là. » Avec un fils, ancien international de rugby et une fille en équipe de France de basket, Jean-Claude Skrela doit bien avoir la clé pour réussir une carrière sportive. Lui s’en défend : « Pourtant, nous les avons toujours plus poussés vers les études que vers le sport. Ils ont d’ailleurs tous les deux une affaire à côté. »

Bien sûr, Jean-claude Skrela espérait mieux pour le rugby français mais la présence de Gaëlle, toujours en course pour une médaille, lui permettra de ne pas ruminer sa frustration. « C’est très beau ce que nous vivons, concède-t-il. Quand son équipe a réussi à se qualifier, nous avons eu une joie intérieure très intense car nous ne pouvions pas rêver de vivre quelque chose comme ça ensemble. Cette émotion est retombée en raison de la compétition mais nous aurons un tas de choses à nous raconter. » Et David qui a pourtant disputé deux Coupes du monde les écoutera attentivement. « C’est un regret pour lui, raconte Gaëlle. C’est quelque chose qu’il aurait aimé vivre. Il le fait un peu par procuration en étant venu nous soutenir à Rio. » n

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