Tokyo déjà en tête

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    Tokyo déjà en tête
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C’est le Français Laurent Palau qui dirige l’équipe de Colombie, inattendue lors des Jeux olympiques. Il revient sur cette aventure.

Laurent Palau pensait la tenir cette première victoire aux jeux Olympiques. La Colombie menait à la pause face au Kenya dans le match pour la onzième et avant-dernière place. Ses joueuses n’ont pas su tenir le résultat. La déception était grande pour l’entraîneur français de 37 ans, débarqué en Colombie en 2004 après avoir travaillé au Racing club dracénois comme emploi jeune ainsi qu’au comité Côte d’Azur, lui qui avait débuté le rugby à Menton - « Nous étions trois à l’école de rugby quand j’ai commencé » - et fini sa carrière de joueur à Monaco. Malgré un statut de Petit Poucet de la compétition et une dernière place qui n’avait rien de honteuse pour cette équipe qui n’a jamais participé à un tournoi des World Series, Laurent Palau avait du mal à cacher sa déception : « Je vais dire que les bons souvenirs ne seront pas ceux du terrain. J’ai des joueuses qui n’ont pas répondu présentes. Nous n’avons pas su vivre cet événement pleinement sur le terrain. J’espère que l’on arrivera à digérer ces échecs pour en retirer le meilleur car c’est un apprentissage magnifique. »

Un rêve né en 2012

Une fois la déception évacuée, l’entraîneur finit par se détendre et perçoit les bons côtés de cette aventure au Brésil, lui qui a débarqué en Colombie en 2004 comme professeur de français avant d’endosser une carrière d’entraîneur professionnel seulement en 2015 : « L’expérience est fantastique, le cadre merveilleux. Le point positif de l’aventure est d’avoir pu permettre de montrer que le rugby existe en Colombie, aussi à l’extérieur mais surtout à l’intérieur du pays. Ses filles nous ont permis d’avoir une reconnaissance vis-à-vis du grand public. Mais il va falloir que l’on existe un peu mieux sur la prochaine olympiade. Nous sommes déjà tournés vers Tokyo. Dès le début, notre projet était axé vers 2020. À Rio, nous savions que ça serait limite. Mais, c’est ça notre rêve. Ces jeux Olympiques ont été nos premiers et ils ne doivent pas être les seuls. »

Car, si la Colombie n’a pas réussi à accrocher de victoire au Brésil, l’histoire de cette équipe est tout de même extraordinaire. Elle est née véritablement en 2012 quand ce même Laurent Palau, après le désistement tardif de l’entraîneur prévu, reprend la sélection féminine : « Cette année-là, les filles terminent deuxièmes du championnat sud-américain, derrière le Brésil. À partir de cet instant, on commence à rêver, car on sait que le pays organisateur est déjà qualifié. On décide alors de bosser très sérieusement, puis de mieux en mieux, et, en 2015, voilà qu’on arrive à se qualifier en battant l’Argentine, sur un gros coup de chance. Mais la chance reflète aussi la préparation. Ici, à Rio, nous n’avons pas eu de chance et cela symbolise également pas mal de paramètres de préparation qui n’ont pas été au niveau olympique. »

La Colombie a maintenant quatre ans pour arriver à Tokyo mieux préparée.

Nicolas Augot
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