[Saga ProD2] Steyer, le couteau suisse

Dans l’organisation sportive du Stade Montois rugby, Raphaël Steyer assure de multiples missions qui font de lui un élément incontournable dans les résultats du club.

Le garçon est discret et pour tout dire pas du genre à se mettre en avant. Pourtant, à 39 ans à peine, Raphaël Steyer a déjà une longue expérience du rugby professionnel. Ayant arrêté tôt sa carrière de joueur, il a d’abord travaillé pour le Comité de Bourgogne, créant avec Didier Retière le Pôle Espoirs de Dijon, avant de prendre en mains les destinées du club de Limoges, qu’il a amené en Pro D2 en 2006 avec un certain Marc Dal Maso. Ce qui explique qu’il ait posé ses valises en 2008 à Mont-de-Marsan, sollicité par l’entraîneur des avants montois et par Éric Lamarque, le manager de l’époque. Il est ainsi, après Patrick Milhet, préparateur physique, le membre du staff ayant le plus d’ancienneté au club. « J’entame ma neuvième saison au Stade montois, je connais donc bien la structure et ses rouages. Cela me permet d’être un appui au staff et aux joueurs pour les orienter vers les bonnes personnes. Disons que je sers de lien sur les plans sportif, médical et administratif.»

Mais Raphaël Steyer a bien d’autres missions à assurer. « J’ai un contrat de préparateur physique et d’analyste vidéo. Pour la préparation physique, je suis l’adjoint de Patrick Milhet, et je m’y consacre surtout à l’intersaison, quand le travail physique est intensif. »

Plus-value

Mais dès que les matchs reprennent, les missions d’analyste vidéo prennent le dessus. Entre la préparation du match à venir, le match lui-même et l’analyse de celui-ci, Raphaël Steyer ne chôme pas : « Dès la fin du match, je traite à l’aide d’un logiciel spécifique la vidéo réalisée par notre cameraman Pierre Ley. Grâce à ses images, qui sont souvent bien meilleures que celles des télés, je remets immédiatement aux entraîneurs un ensemble de données critériées. Les joueurs eux, peuvent, dès le début de la semaine, consulter leurs statistiques sur des ordinateurs à leur disposition sur notre lieu d’entraînement. Parallèlement, je constitue une bibliothèque sur nos adversaires, dans laquelle les entraîneurs vont puiser les éléments qui leur paraissent les plus significatifs afin de les présenter aux joueurs pendant la semaine. »

Bien que dans l’ombre, Raphaël Steyer a donc un rôle important, fournissant au staff la matière dont il a besoin pour la préparation de la semaine de travail, et pour l’évaluation globale et individuelle. Toujours en recherche d’amélioration dans son domaine, il se réjouit de pouvoir s’appuyer sur la synergie qui existe au sein du Stade montois. Il a par exemple pu développer, avec Cédric Lanot, un bénévole féru de rugby et d’informatique, deux nouveaux logiciels centrés sur le jeu au pied et la touche, très utiles aux joueurs pour s’auto-évaluer. Dans le rugby actuel, la vidéo est devenue un outil incontournable de la performance. Avoir en son sein un professionnel de la trempe de Raphaël Steyer constitue à n’en pas douter, pour le Stade montois, une véritable plus-value.

Par Pierre Baylet