La ligue affiche ses ambitions

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    La ligue affiche ses ambitions
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La LNR a dévoilé un projet de développement ambitieux et séduisant pour des secteurs (le 7 et le rugby amateur) dont la gestion est réservée à la FFR. Mais la Fédération pourrait y trouver son compte...

Dans l’obscurité de la Machine du Moulin Rouge, salle de spectacle parisienne connue des noctambules, les dirigeants de la LNR ont profité de leur traditionnelle conférence de presse de rentrée pour mettre un grand coup de projecteur sur leurs ambitions quant au développement du secteur professionnel. Le directeur général de la LNR, Emmanuel Eschallier, a présenté les grandes lignes d’un plan stratégique pour la période 2016-2023. Un plan, de prime abord, séduisant et ambitieux qui sera soutenu par un engagement financier à hauteur de 28 millions d’euros sur sept ans. Mais un plan qui pose questions.Dans ce projet de développement, la LNR sort de ses prérogatives, à savoir la gestion du secteur professionnel du rugby à XV. Ce plan stratégique repose, pour faire simple, sur quatre grands chantiers dont certains secteurs sont sous le contrôle de la FFR. Le premier d’entre eux tient à la création d’un circuit professionnel à VII, chaque club de Top 14 devant créer son équipe. « On voudrait pouvoir commencer en 2017-2018, précise Paul Goze. Ce sera fait sur le mode du circuit international (avec sept étapes dans sept villes différentes, N.D.L.R.). »

Le second pose l’obligation pour les clubs de Top 14 et de Pro D2 de créer et d’engager une équipe féminine à XV dans les championnats de la FFR. Le troisième est la création d’une zone géographique prioritaire « au nord d’une ligne La Rochelle — Lyon excluant Paris », dixit Goze. Il s’agit là de l’établissement d’une liste de plusieurs clubs amateurs de Fédérale 1 à fort potentiel qui bénéficieront d’un accompagnement structurel permanent de la LNR, sur la base de trois critères de sélection : agglomération située dans la partie nord de la France ; projet de développement structuré et inscrit dans le long terme ; bassin économique et démographique propice au développement d’un club professionnel. Au terme de la saison 2017-2018, la LNR attribuera alors une première Wild Card en Pro D2 à l’un des clubs bénéficiant de l’accompagnement de la Ligue. Ce projet de Wild Card s’inscrit sur trois ans. « C’est une de nos priorités, insiste Paul Goze. Il ne s’est jamais rien fait auparavant. On ne prendra pas de petites villes mais des villes qui auront le potentiel d’avoir une équipe professionnelle structurée avec un bassin économique adapté. On a estimé qu’on ne pouvait pas attendre que ces villes y arrivent sportivement. »

« le jeu est connu »

Le quatrième chantier va vers la création d’une troisième division appelé « D3 développement ». Dans le plan stratégique, cette compétition en poule unique avec phases finales sera mise en place dans quatre ans sur le modèle du Top 14 et le Pro D2. Elle sera composée des meilleurs clubs de Fédérale 1, de clubs à fort potentiel répondant à l’objectif d’extension de la couverture géographique, n’ayant pas obtenu de Wild Card en Pro D2 pendant les trois saisons précédentes. Un dernier volet du plan stratégique marque la volonté des dirigeants de la LNR de s’inviter à la table de World Rugby puisqu’il est clairement réclamé la création d’une instance au sein de l’institution internationale en charge de la régulation du rugby professionnel.

Si les ambitions de la LNR peuvent apparaître légitimes aux yeux d’un grand nombre d’observateurs, elles ne sont pas perçues de la même façon du côté fédéral. « Le rugby à VII, le rugby féminin et tout ce qui touche à l’international sont des prérogatives fédérales », souligne un élu. « Chaque fois que l’on prend une décision, vous l’avez vu dernièrement, il y a des gens émus jusqu’aux larmes pour certains, jusqu’aux cris pour d’autres, rétorque Paul Goze. Quoi qu’on fasse, il y a toujours des gens émus. Et certains sont encore plus émus si on ne fait rien. Le jeu est connu, tout le monde est informé. » À la LNR, on assure surtout que ce projet a été envoyé à Marcoussis il y a deux mois et que tout sera orchestré en concertation avec la FFR. D’ailleurs, cette dernière n’a pas officiellement commenté ce plan de développement de la LNR. Au début de l’été, les responsables du rugby professionnel avaient consenti de gros sacrifices en direction du XV de France afin de permettre au sélectionneur Guy Novès de bénéficier de moyens plus importants. Sans doute la FFR est-elle prête à consentir, elle aussi, quelques efforts. Elle pourrait même trouver dans ce projet un soutien important quant au développement des secteurs qu’elle a en gestion et pour lesquels elle peine parfois à trouver le bon chemin.

Arnaud Beurdeley
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