Nul et superbe

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Publié le , mis à jour

Score de parité sur la pelouse rochelaise. Si les deux équipes ont offert un superbe spectacle, les Clermontois pourront regretter leur indiscipline. Les Rochelais, eux, sont à créditer d'une belle force de caractère.

Par Léo FAURE

Stade Rochelais 30 - 30 ASM Clermont-Auvergne

 

Le résumé

Match de gala, déjà, à Marcel-Deflandre. Comme la saison dernière en ouverture, l'affrontement entre Rochelais et Clermontois a offert à une litanie d'essais. Cinq en première période, déjà. Bousculés dans le jeu et indigents en touche, les Rochelais s'en remettaient à une mêlée dominatrice (deux pénalités, un bras cassé récupérés) pour limiter la casse, inscrire deux essais (dont un de pénalisation) et basculer avec seulement sept points de retard à la pause (17-24). Car en face, les flèches clermontoises faisaient feu de tout bois. Nakaitaci dès la première minute s'offrait un numéro de soliste, suivi par Iturria et Strettle, sur interception (voir Le joueur). Forts d'individualités déjà en jambes, les Clermontois impressionnaient. Seule l'indiscipline pêchait. Un problème qui ne se réglait pas au retour des vestiaires.

Avec dix-neuf pénalités ou bras cassés concédés au total, Clermont s'est sabordé. Grâce à un essai de Januarie et des pénalités de James, La Rochelle revenait finalement à hauteur. Pour être score de parité juste, au regard du match. Et un match superbe.

 

L'essai

La réalisation rochelaise, superbe, avait un double mérite : régaler le public de Marcel-Deflandre et maintenir le Stade rochelais dans le match, après la douche froide de l'entame. Menés 0-7, les Maritimes réagissaient par le mouvement général. Deux temps de jeu, Atonio en position de centre qui cassait deux plaquages, sortait de la défense par une passe au contact pour Murimurivalu qui cassait lui aussi un plaquage et accélérait. Un jeu au pied plus loin, c'est le jeune ailier Gabriel Lacroix qui prenait tout le monde de vitesse et filait aplatir l'essai de l'égalisation. Superbe.

 

Le tournant - Et Parra flancha

Jusque-là impeccable, que ce soit dans le jeu ou les tirs au but (4 sur 4), le capitaine clermontois Morgan Parra a flanché dans un moment décisif : une pénalité très largement dans ses cordes (57e minute, 30m légèrement à droite) que le demi de mêlée international expédiait sur le poteau. Menant à ce moment 24-17, les Clermontois auraient pu se mettre à l'abri. Au lieu de quoi ils restaient sous la pression rochelaise.

 

Le joueur - Le cauchemar de James

Pour sa première sous le maillot rochelais, celui qui avait passé dix ans sous le maillot clermontois retrouvait son club de toujours. Un contexte à pression, celle-là même qui lui avait tant coûté en Auvergne. Autre maillot, mêmes effets. James est totalement passé à côté de son match. Dans le tir au but, d'abord, ratant en première période deux coups de pied largement dans ses cordes. Dans le jeu ensuite. Si James est réputé pour une faiblesse dans son jeu, c'est bien sa défense. Dès la première minute les Clermontois, qui le connaissent par cœur, ont attaqué sa zone. Avec succès. Un courant d'air et Nakaitaci s'en allait ouvrir le score. Ajoutez à cela une interception (essai de Strettle) et le match de James, clairement, tenait du calvaire. Et puis ? Paradoxalement, James fut aussi un des héros du match. Après avoir laissé le but (sans succès) à Holmes, il remettait le couvert dans l'exercice. Jusqu'à passer la pénalité de l'égalisation. Ombres et lumières en un match, comme le résumé de dix années à Clermont.

 

Les meilleurs

Murimurivalu, Aguillon, Lacroix, Atonio ; Nakaitaci, Lopez, Kolelishvili, Iturria, Ulugia.

Léo Faure
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