L’enfant du Pays Basque

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Un an après avoir quitté l’Aviron Bayonnais pour rejoindre le RCT, Charles Ollivon va pour la première fois refouler la pelouse de Jean-Dauger. Un retour non sans émotion pour le jeune troisième ligne.

«Le Top 14 est de retour à Jean-Dauger ! » Certes. Mais, à côté, ce slogan qui trône en tête de son site, l’Aviron bayonnais pourrait également préciser qu’à l’occasion de la venue de Toulon, l’un des joueurs les plus prometteurs ayant foulé la pelouse de Jean-Dauger ces dernières années fera son grand retour. En effet, Charles Ollivon, parti à l’été 2015 à la suite de la relégation de son club formateur jouera pour la première fois devant le public de l’Aviron Bayonnais, sous ses nouvelles couleurs. Un match forcément particulier pour l’international tricolore (2 sélections). « Jean-Dauger c’est chez moi, donc ça va être un moment spécial. C’est pourquoi je préfère me concentrer sur le rugby et sur ma performance dans un premier temps. Le côté émotionnel viendra après le coup de sifflet final. »

Très attaché à son club formateur, le Basque (23 ans) avait pourtant fait le choix de ne plus revenir (même en tant que spectateur) depuis son départ pour la Rade. La raison ? « J’ai énormément de copains qui jouent à Bayonne alors je ne voulais pas en faire trop, je préférais me concentrer entièrement sur mon aventure toulonnaise. En revanche, même si je ne suis jamais revenu au stade j’ai suivi de très prêt les résultats et j’ai gardé des contacts avec tout le monde. » Et si sa famille devrait être présente pour son retour à Bayonne, le joueur ne fera pas de ce match un événement particulier. « Je préfère ne pas trop y penser, parce que j’ai un travail à faire et je vais essayer de rester le plus professionnel possible. » Un match comme un autre, au moins jusqu’à la quatre-vingtième minute.

Humilité et ambition

S’il a démarré son aventure professionnelle un soir de mars 2013, face à l’UBB, Charles Ollivon se révélera aux yeux du public la saison suivante. « Pour moi les vrais débuts de Charles sont à situer en décembre de la même année face à Toulouse (victoire 21-13 à Jean-Dauger). Il avait déjà disputé des rencontres avec le groupe pro, mais c’est face au Stade toulousain que les gens ont compris qu’ils avaient sous les yeux un jeune pétri de talent. » explique Christian Lanta, qui l’a lancé dans le grand bain alors qu’il n’avait que dix-neuf ans. « Que ce soit en Espoirs ou à l’entraînement avec la Une, Charles s’est rapidement affirmé. Il a un sens du jeu très intéressant et se situe très bien sur un terrain. De plus, c’est un troisième ligne capable de jouer debout et de passer les bras. Enfin, en tant que numéro huit c’est un garçon qui a une faculté à démarrer rapidement autour des mêlées tout en bonifiant le ballon. » Le manager de l’USAP est d’ailleurs persuadé que son ancien joueur a les capacités d’atteindre le plus haut-niveau et de retrouver le XV de France à deux conditions : qu’il s’impose en club et qu’il reste humble, comme il a su l’être pour s’imposer à Bayonne. « L’humilité n’est pas un antagoniste de l’ambition et je crois que Charles doit garder l’ambition qui est la sienne ».

Et sur sa capacité à gérer l’émotion dimanche ? « Malgré son jeune âge, Charles est mature et lucide. Ainsi, je ne pense pas qu’il sera touché par l’aspect émotionnel. Il aura de l’émotion de revenir dans le stade qui l’a vu débuter mais c’est une situation, en tout cas tel que je l’ai connu, qu’il contrôlera totalement. » Et s’il reconnaît que certains Bayonnais ont commencé à lui « mettre quelques pièces et à [le] chambrer », nul doute que l’enfant du pays aura à cœur de répondre sur le terrain, avant de se laisser aller à l’émotion, une fois la rencontre terminée.

Par Pierrick ILIC-RUFFINATTI

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