Elissalde : « Ils ont su faire du neuf avec du vieux »

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    Elissalde : « Ils ont su faire du neuf avec du vieux »
Publié le , mis à jour

Jean-Pierre Elissalde, ancien joueur, puis entraîneur de la Rochelle livre son regard sur le rugby de l’Atlantique.

Quel est le premier point commun qui unit La Rochelle à Bordeaux ?

Ce sont d’abord deux clubs qui sont dirigés par deux hommes qui ont joué à haut niveau. Ce n’est pas anodin dans notre rugby qui quitte les mains des gens issus du milieu. Je remarque aussi que Laurent Marti et Vincent Merling parlent très peu de leur passé. Et puis, je n’oublie pas que ce sont deux chefs d’entreprise qui ont bien réussi. Ils ont créé des entreprises à partir de rien.

Au-delà de cette ressemblance, ont-ils eu une action comparable ?

Je crois qu’ils ont su faire du neuf avec du vieux. Chaban-Delmas a été réaménagé dans le style rugby. À Deflandre, on a su aussi garder le style traditionnel avec notamment la tribune des dockers. Après, il y a eu des différences car Vincent Merling s’est appuyé sur une tradition de 110 ans. Marti a construit quelque chose en dix ans. Mais je suis impressionné par le résultat. J’ai un fils qui joue à Saint-Médard-en-Jalles (en Gironde) et je suis frappé par le nombre de jeunes qui portent un maillot de l’UBB. Il y a encore quatre ans, c’était encore Toulon et Toulouse qui avaient leur faveur.

Les deux clubs semblent portés par une ferveur spéciale. Êtes-vous d’accord ?

Oui, mais la ferveur, on la voit surtout dans la victoire. Nous ne sommes pas chez les Rangers de Glasgow. Je ne parlerais pas de ferveur mais d’une vraie assise populaire, quels que soient les résultats. J’ai connu l’Académie à Bègles et la fameuse tribune des Dockers à La Rochelle, j’y reviens.

Culturellement, on a souvent dit que le rugby a toujours été le sport emblématique de La Rochelle. Alors que le rugby bordelais fut souvent dans l’ombre du foot...

Attention, La Rochelle a eu aussi du basket. avec Rupella. C’est le basket qui a amené le professionnalisme à La Rochelle et le Stade Rochelais s’est inspiré de ça.

Finalement, derrière les apparences, vous trouvez pas mal de ressemblances entre les deux clubs....

Oui, et je vous en donne un autre, les deux clubs ont dû se construire à une époque avec des pouvoirs publics qui ne les soutenaient pas tant que ça. À Bordeaux, les autorités ont été longtemps distantes et à La Rochelle, Michel Crépeau n’était pas un fana de sport. Il n’a pas fait grand-chose pour le rugby, il suivait plus qu’il accompagnait. Il fallait se construire soi-même contre vents et marées. Je crois aussi que Marti a été très seul pendant plusieurs saisons. Culturellement, ceci donne de la force car ça oblige à bien gérer son argent. Après, si je vois des ressemblances, je pointe aussi des différences. Bordeaux c’est 700 000 habitants, La Rochelle, seulement 120 000.

Les deux clubs ont-ils eu des liens spéciaux ?

Oui, les La Rochelle-Bègles étaient de vrais derbys à mon époque. C’était très chaud, on se rencontrait souvent notamment chez les jeunes. En plus à mon époque, il y avait un éducateur rochelais très connu qui venait de Bègles, M. Heugas. Ça renforçait les liens mais même si c’était chaud, ça se passait bien car nous étions des gens bien éduqués.

Pensez-vous que désormais les deux clubs sont en Top 14 seront en concurrence frontale ?

Non, pas plus que ça. Ils ne sont pas plus en concurrence entre eux qu’avec les autres clubs du Top 14. La Rochelle, est tourné vers le Grand Ouest, vers les pays de Loire ou la Bretagne. Bordeaux regarde plus vers le Sud Ouest.

Jérôme Prévot
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