Germain : « Je ne suis pas un leader de vestiaire »

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    Germain : « Je ne suis pas un leader de vestiaire »
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Malgré des approches de Toulon ou Montpellier, Gaetan Germain, le meilleur buteur du dernier Top 14 est resté fidèle au CABCL. Il se confie sur son rôle, ses responsabilités

Quel goût vous laisse le match nul obtenu, ou concédé, à Lyon samedi dernier ?

Avant le match, nous aurions signé pour ces points car le Lou, avec son recrutement impressionnant, n’est pas un promu comme un autre. Sur la physionomie de la rencontre, ce nul est mérité mais, même si nous sommes plutôt satisfaits de cette entrée en matière, il existe un petit regret car nous pouvions l’emporter. C’est toujours la même chose derrière un match nul.

Demain, vous retrouvez le Stadium de Brive, où vous avez très peu perdu ces trois dernières années. Dans quel état d’esprit ?

Un premier match à domicile, c’est toujours particulier dans une saison. Chacun ressent l’envie de bien lancer celle-ci, et ça passe par une victoire chez nous. Jusqu’ici, cela nous a effectivement bien réussis…

Justement, comment expliquez-vous cette réussite à domicile ?

C’est dur à dire. Moi-même, j’ai du mal à me l’expliquer… J’espère simplement que cela va continuer. être invaincu à la maison reste un objectif prioritaire. Cette équipe se sent bien sur cette pelouse, devant ce public et le ratio de victoires le prouve. S’il y a une chose à conserver, c’est le fait que les autres formations doivent se répéter qu’il est dur de se déplacer à Brive.

Est-ce dû aux leaderships des anciens comme Arnaud Mela ou Guillaume Ribes, attachés à faire du Stadium une forteresse ?

C’est vrai, eux attachent beaucoup d’importance au fait d’être intraitables devant leurs proches, leurs familles. Peut-être nous l’ont-ils transmis car cela nous tient tous à cœur. Pour l’heure, nous parvenons essentiellement à nous mettre dans ces conditions à domicile, moins à l’extérieur. Pourquoi ? Je ne sais pas, on devrait se le dire tout le temps. Mais hors de nos bases, il y a ce truc en moins, ce léger décalage dans le contenu. Pour exister au haut niveau, il faut pourtant aller chercher des succès à l’extérieur.

Vous parlez de haut niveau. Quand on finit huitième, on a forcément envie d’aller voir au-dessus…

C’est quelque chose dont nous avons pas mal discuté entre nous. Brive sort effectivement d’une belle saison mais ne doit pas non plus se tromper d’objectif. Il reste de se maintenir le plus vite possible. Pour cela, il faudra encore être solides sur nos bases. Je le répète mais s’égarer au niveau de nos ambitions serait dangereux. Bien sûr que nous avons tous envie d’aller voir plus haut mais chacun doit se rappeler que le CAB possède le dernier budget du Top 14. D’abord le maintien et, ensuite, on verra.

Paris est une équipe qui vous réussit à domicile. Avec notamment cette victoire bonifiée, lors de la dernière journée de la saison 2014-2015, synonyme de survie dans l’élite…

C’est sûrement le souvenir le plus fort en émotions que j’ai à Brive. Cela faisait six mois que nous bataillions, tous les joueurs étaient sous pression… Et ce fut une magnifique délivrance, une communion entre tous les membres du club et le public.

Depuis trois ans, Brive est réputé pour sa stabilité. En quoi est-ce bénéfique pour les joueurs ?

Pour nous, c’est très confortable de constater cette continuité au niveau des dirigeants, du staff, de l’effectif. Il n’y a pas besoin de se découvrir, les affinités sont là. C’est une chance car ce championnat est tellement homogène que, pour faire son bonhomme de chemin, mieux vaut prendre de l’avance…

À titre personnel, à 26 ans, êtes-vous à un virage de votre carrière ?

Je suis à l’image du club. Je trace ma route et j’ai encore des progrès à faire. Mais, depuis trois ans que je suis à Brive, j’ai la chance de jouer, de gagner de la confiance et d’avoir celle de mes entraîneurs.

Des clubs comme Toulon ou Montpellier se sont intéressés à vous mais vous avez choisi de prolonger à Brive. Pourquoi ?

Je ne vais pas cacher que cela m’a fait réfléchir… Mais il y a beaucoup de paramètres qui entrent en compte. Déjà, je me sens bien ici, dans le club et la ville. J’apprécie ce cadre de travail. Mais le plus important est que j’accumule de l’assurance et du temps de jeu. Voilà pourquoi j’ai fait le choix de continuer à Brive, en poursuivant encore sur cette voie.

Et vous devenez certainement un cadre de cette équipe…

Je suis plutôt d’un caractère réservé. J’adore déconner avec les autres mais, sur le terrain, je me tiens dans mon coin et me concentre sur mon rôle. Je ne suis pas un leader de vestiaire. Disons que j’apporte ce que je peux et que je prends mes responsabilités quand il le faut.

Quand on est un buteur, il le faut…

Le poste d’arrière et les tirs au but amènent ces responsabilités. Mais je le vois plus comme un plaisir. Buter, j’aime ça. Je ne me pose pas trop de questions. Venant du football, c’est un geste que je fais depuis tout petit. J’essaye de conserver ce naturel.

Vous avez terminé deux fois meilleur buteur du Top 14 lors des trois dernières saisons. Est-ce devenu un objectif personnel ?

Non, c’est anecdotique. L’essentiel, pour moi, est de demeurer régulier et efficace dans ce secteur. Après, si je finis encore meilleur buteur, cela signifiera que nous avons obtenu beaucoup de pénalités et mis nos adversaires sous pression. On va dire que ce sera positif pour tout le monde (sourire).

Jérémy Fadat
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