Ils sont fous ces Pumas !

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    Ils sont fous ces Pumas !
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Jamais les Springboks n’avaient perdu en Argentine. Une ultime penalité de Gonzalez Iglesias a mis fin à cette traversée du désert.

Santiago Gonzalez Iglesias se souviendra toute sa vie de cette minute cruciale, la 78e. Après un drop manqué de Morné Steyn, c’est lui qui prit la responsabilité de jouer rapidement le renvoi aux 22 mètres pour lui-même puis de s’échapper sur vingt mètres pour lancer Cordero. Deux points de fixation et deux pénalités signalées par M. Garcès plus tard, l’ouvreur remplaçant des Pumas, entré à la 45e minute, prit ses responsabilités. Et d’un impeccable fouetté, il ajouta les trois points décisifs.

26 à 24 : pour la première fois de son histoire, l’Argentine a fait tomber les Sud-Africains sur son sol. Une étape de plus dans la liste des événements historiques qu’auront vécus les Pumas depuis une dizaine d’années. En termes d’embrassades, d’accolades et de débordements lacrymaux, on rassure tout le monde, ils ont été à la hauteur de leur réputation. De plus, l’étroitesse du score est mauvaise conseillère. Une victoire sud-africaine aurait été le hold-up de la décennie même si Habana (servi par Louw) et Du Toit (quelle puissance) ont failli renverser la partie.

Mais on sentait venir cette victoire des Pumas depuis la semaine dernière quand ils avaient failli s’imposer à Nelspruit. à Salta, les hommes d’Agustin Creevy ont, d’entrée de jeu, mis les Springboks sous l’éteignoir. De mémoire, les Sud-Africains ont vécu les quarante minutes les plus tristes de leur histoire récente. Leur plan de jeu semblait consister à balancer de longs ballons vers l’avant, pour le plus grand régal des contre-attaquants argentins. La différence de style était assez stupéfiante entre les deux formations. Même le carton jaune du pilier Herrera ne changea pas la donne. L’entraîneur Coetzee aura du mal à justifier une telle faiblesse.

Gonzalez Iglesias : la revanche de l’homme de l’ombre

Le premier essai de Tuculet fut un chef-d’œuvre de jeu offensif, une longue séquence avec l’ancien arrière de Grenoble et de Bordeaux en position de finisseur et de créateur (un cadrage-débordement de légende). Puis après le repos, ce fut un numéro de deux anciens pensionnaires du Top 14, Juan Martin Hernandez servit Juan Manuel Leguizamon embusqué sur l’aile, d’une longue passe au pied comme portée dans les airs par les supporters de Salta. « Cette victoire montre toute notre personnalité, je tire mon chapeau à tout notre groupe pour cette performance, » confia le troisième ligne de 33 ans, désormais salarié des Jaguars après avoir écumé l’Europe pendant dix ans.

Ce succès récompense la saison historique du rugby argentin qui comptait pour la première fois une franchise en Super Rugby. Les Jaguars n’ont gagné que deux matchs sur douze mais ses joueurs ont tiré tous les bénéfices de ce premier stage au contact du rugby sudiste. Santiago Gonzalez Iglesias en premier lieu, bien sûr. La presse argentine eut tôt fait de célébrer ce joueur de l’ombre, quinze fois remplaçant sur ses 18 sélections. Il a aussi passé six ans dans l’effectif des Pampas, à jouer des matchs formateurs, mais dans l’ambiance confidentielle de la Vodacom Cup puis de la Pacific Rugby Cup. Il n’a jamais joué en Europe, ce qui faisait de lui une sorte de soutier du rugby argentin : « Oui, bien sûr que j’ai rêvé de ce genre de moments. Ce n’est pas facile de trouver sa place avec des talents comme Nicolas Sanchez ou Juan Martin Hernandez, mais je me suis toujours tenu prêt pour ce genre d’opportunités. »

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