Australie, la crise de nerfs

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    Australie, la crise de nerfs
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Non content d’être une fois de plus balayés, les Wallabies se sont tristement illustrés par leur comportement sur le terrain. Les Blacks, imperturbables, conservent la Bledisloe Cup.

Qu’ils semblent loin les temps où All Blacks et Wallabies s’étripaient joyeusement pour la Bledisloe Cup… Aujourd’hui, les Tout Noirs dominent tellement leur voisin que l’on serait tenté de dire que cette rivalité n’a plus lieu d’être. Les Blacks gardent le précieux trophée depuis 2003 et ont balayé des Wallabies supposément revanchards avec une facilité déconcertante. Comme ce fut le cas une semaine plus tôt à Sydney, les hommes de Steve Hansen ont été à peine dérangés par ceux de Michael Cheika. Rugbystiquement, du moins… Car sur le terrain, les Australiens ont multiplié les mauvais gestes et les provocations en tout genre. Face à un tel déferlement, les Blacks ont, par moment perdu leurs nerfs, à l’image de Brodie Retallick, de Dane Coles ou encore d’Owen Franks, coupable d’une fourchette qui, étonnamment, n’a pas été relevée par le corps arbitral.

Cheika accuse Poite et Hansen

Il n’en fallait pas plus pour déclencher l’ire des Australiens, déjà sous pression avant le match. Une tension que même le capitaine Stephen Moore n’a pas supportée puisqu’il a passé la rencontre à discuter les décisions de l’arbitre Romain Poite. Après la rencontre, le sélectionneur Michael Cheika est allé encore plus loin, expliquant en conférence de presse que Poite avait « des tas d’a priori sur les Wallabies ». L’ex-manager du Stade français a même accusé le référé tricolore d’avoir eu une réunion secrète avec le staff des All Blacks avant le match et qu’il avait déposé plainte à World Rugby pour annuler ce test. à l’évocation de cet hypothétique rendez-vous, le sélectionneur néo-zélandais répliqua par une franche rigolade : « à moins que vous estimiez que de dire « Bonjour Romain » le matin du match parce que M. Poite logeait dans le même hôtel que nous est un rendez-vous secret, ceci est malheureusement faux. Cette semaine, j’ai bien rencontré l’arbitre assistant Jaco Peyper avec Mike Cron, notre spécialiste en charge de la mêlée, mais c’était au sujet d’une requête formulée à la suite du premier test. Je suis persuadé que les sélectionneurs sont là pour soutenir les arbitres et non pour les enterrer. Je n’ai pas rencontré Romain Poite depuis près de deux ans, tout simplement parce que c’est une perte de temps. »

Kieran Read taille patron

Ce que Hansen a apprécié, c’est le relatif sang-froid de ses hommes dans ce contexte particulièrement hostile. Certes, leur prestation ne fut pas aussi aboutie que celle de la semaine précédente mais les statistiques de possession et d’occupation indiquent clairement que les Néo-Zélandais ont contrôlé cette rencontre. Dans cette partie émaillée de plusieurs accrochages, le nouveau capitaine des Blacks, Kieran Read, a passé un véritable test. Et le numéro 8 des Crusaders a bien montré qu’il avait l’étoffe d’un vrai leader, comme s’en félicitait Steve Hansen : « Sur ce point précis, ce match est une grande victoire pour nous. Après avoir perdu des joueurs aussi expérimentés que Richie McCaw et Daniel Carter, il est agréable de voir qu’il nous reste des leaders sur qui le groupe peut s’appuyer, comme Kieran, notre capitaine, ou Ben (Smith, N.D.L.R.), notre vice-capitaine. Tous les deux sont restés concentrés sur la tâche et le groupe s’est appuyé sur eux. Malgré les provocations, personne ne s’est dispersé. C’est une excellente chose pour la suite. » La suite ? Elle ressemble à un chemin pavé de victoires. Parce qu’on ne voit vraiment pas qui va endiguer cette marée noire.

Par Gregor Paul (avec Simon Valzer)

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