Sus aux Saracens

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    Sus aux Saracens
Publié le , mis à jour

Les Sarries seront en course pour la passe de trois. Qui pourrait bien les en empêcher ? Les Wasps, Bath, Northampton, Leicester et Exeter ont chacun une petite chance. Coup d’envoi ce soir à 20h45, à Gloucester.

Le championnat d’Angleterre reprend ce soir dans un climat d’euphorie. Le parcours formidable du XV de la Rose d’Eddie Jones lors de la dernière tournée a balayé l’accident industriel de la Coupe du monde, tout comme la victoire des Saracens en Champions Cup. Les douze clubs de l’élite se sentent en position de force sur le plan financier après des années de complexe vis-à-vis des Français. Le plafond salarial a été poussé vers le haut à 6,5 millions de livres (environ 6,7 millions d’euros) et les clubs ont le droit de recruter deux joueurs au-delà de cette limite, les fameux « Marquee players ». Une question s’impose à tous : les Saracens vont-ils réussir le triplé ?

Le championnat d’Angleterre vit depuis 2014 sous la domination de la machine londonienne et de son jeu hyperstructuré, basé sur un impact physique implacable et agrémenté par la botte de Owen Farrell. Ces Sarries sont financés certes par des capitaux sud-africains mais ils sont toujours prodigues pour alimenter l’équipe nationale. Leur effectif n’a pas été bouleversé à l’intersaison et a reçu le renfort d’un poids lourd, en la personne de Schaalk Burger, 86 sélections chez les Springboks. Mais il a déjà 33 ans. Sean Maitland a également signé, sans que l’on sache bien s’il s’agit d’un renfort de poids. L’ancien Crusader a plutôt déçu depuis son arrivée en Europe, même s’il est devenu international écossais et même Lion (sans jouer de tests).

Les prétendants

Qui pourrait donc enrayer la machine infernale mise au point par l’entraîneur Mark McCall ? Il faudra chercher la perle rare dans un peloton composé des Wasps, Leicester, Bath, Northampton et Exeter. Ces équipes ont recruté leur lot de vedettes « sudistes » (lire ci-dessous). En termes d’effectif, elles semblent au-dessus du lot. L’une d’entre elle a changé d’entraîneur : Bath, qui sort d’une saison affreuse, a limogé Mike Ford (son fils George est resté). Il sera remplacé par Todd Blackadder, ancien capitaine des All Blacks et coach des Crusaders depuis 2009. Il a déjà annoncé qu’il s’était infusé les soixante-trois derniers matchs de son nouveau club en vidéo. Il pourra compter sur deux recrues phares, Toby Faletau et Luke Charteris, deux cadres du pays de Galles, plus le demi de mêlée samoan Kahn Fotuali’i (ex-Northampton). Il faudra quand même surmonter les départs de deux bons attaquants : Olly Devoto et Kyle Eastmond.

Les Wasps resteront sur la lancée de leur déménagement à Coventry et son grand stade. Ils retrouveront le sémillant Danny Cipriani, pur produit du club, six ans après son départ pour jouer le Super 15 et un passage par Sale de quatre saisons.

Leicester n’a plus manqué les demies depuis 2003 mais on dit que le club des Midlands manquerait d’un mécène très puissant capable de signer le chèque qui le mettrait à la hauteur des nouveaux cadors. Ses dirigeants ont quand même conservé Manu Tuilagi, hypersollicité en échange d’un contrat de trois ans à 425 000 livres par saison (500 000 €). L’effectif de Northampton fait aussi partie de ce club de prétendants et son effectif regorge d’internationaux anglais. Exeter, qui a joué la première finale de son histoire en juin, n’a pas donné de signe de faiblesse et son entraîneur Rob Baxter semble toujours tenir la baraque. à noter que Bath aura l’avantage de ne pas jouer la Champions Cup, une occasion unique pour se concentrer uniquement sur le championnat.

Le ventre mou

Il risque d’être peuplé par Sale, les Harlequins et Gloucester, bastions solides sans plus mais au recrutement peu clinquant. Mais Sale a changé de propriétaire, avec l’arrivée de Simon Orange qui déborde d’ambition. On verra bien si les Requins changent de dimension tout de suite. Comme les Harlequins, qui ont changé d’entraîneur (O’Shea laissant sa place à sona djoint John Kingston), ils devront composer avec la Champions Cup.

La relégation

Le promu Bristol, Worcester et Newcastle devraient s’escrimer pour éviter la chute en deuxième division. Worcester aura peut-être du mal à se remettre du départ de son coach Dean Ryan. Newcastle avait évité le couperet de peu en 2016, son effectif semble un peu léger dans un championnat où tout le monde semble s’être renforcé.

Jérôme Prévot
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