Paillaugue : « Nous devons relever la tête »

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    Paillaugue : « Nous devons relever la tête »
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De retour dans le groupe contre Clermont et probable titulaire à Bordeaux, le meilleur Héraultais de la saison passée fait le point sur la situation de son équipe et son cas personnel.

Comment avez-vous réagi en apprenant que Montpellier recherchait un neuf pour l’an prochain, du calibre de Serin ou Pienaar par exemple ?

J’ai été surpris, extrêmement déçu plus qu’en colère, car personne au club n’est venu m’en parler. J’ai lu que Montpellier chercherait un neuf de haut niveau pour l’an prochain, peut-être que je ne réponds pas à ce critère aux yeux des dirigeants. Je ne suis peut-être pas assez « bling-bling » pour le club car je ne suis pas international. Cette situation peut remettre en cause beaucoup de choses (sous contrat jusqu’en 2018, N.D.L.R.), et ne m’aide pas à préparer ma saison dans les meilleures conditions. Je me pose beaucoup de questions et je vais donc attendre de voir si ces rumeurs se confirment. Pour l’instant, je préfère rester concentré sur mon retour à la compétition et l’équipe.

Justement, où en êtes-vous physiquement ?

J’ai été un peu freiné dans ma préparation à cause d’une déchirure à un mollet et je ne suis donc pas encore à 100 % de mes moyens. Je l’ai ressenti dès mon entrée contre Clermont sous une grosse chaleur. Je manque de rythme. Mais je travaille dans mon coin et j’espère arriver rapidement à mon pic de forme. J’en ai besoin pour moi et pour m’épanouir totalement dans notre système de jeu. Mais je vais tout faire pour répondre présent à Bordeaux, que je sois titulaire ou remplaçant.

La semaine a-t-elle été mouvementée après le revers à domicile contre Clermont ?

Non ce fut une semaine classique. Mardi, on a récupéré et fait deux séances vidéos séparées, suivies de séances de passes et de skills pour bosser notre technique individuelle. On n’est pas content de ce qu’on produit à l’heure actuelle mais il n’y a pas de sonnette, d’alarme à tirer. Ni de grosses tensions ou quoi que soit d’autre. On doit juste relever la tête.

Êtes-vous tout de même conscients de l’urgence de la situation après deux revers consécutifs et votre 12e place au classement ?

Bien entendu, nous le savons. Après, on peut voir une lueur d’espoir sur le fait qu’on aurait pu gagner ces deux premiers matchs même en étant très moyens. Si on arrive à retrouver notre jeu, nous pouvons donc vite redevenir une équipe redoutable. Mais à l’inverse, si l’équipe revient de Bordeaux avec une troisième défaite, nous risquons de commencer à gamberger et cela pourrait être dangereux. C’est pour cela que ce match à Bordeaux est extrêmement important.

Surtout que Bordeaux est un terrain qui vous réussit bien ces dernières années...

Certes, mais nous avions gagné à Toulouse et deux fois contre Clermont et cette année, nous avons perdu deux fois. C’est anecdotique, car Bordeaux a bien évolué et sort d’une belle saison. Ils ont fait des choses intelligentes en recrutant un entraîneur de choix (Brunel) et restent donc une équipe redoutable, qui a fait tomber le champion de France à la première journée. On s’attend donc à un très gros défi. À nous de réaliser un solide match d’équipe, ce qu’on avait su le faire l’an dernier.

Comment expliquez-vous que le MHR ait perdu ce rugby frontal, physique et pragmatique qui faisait sa force l’an passé ?

Nous ne jouons pas bien et on n’arrive pas à se trouver. Mais n’oublions pas qu’on a eu une préparation difficile avec de nombreux blessés, qu’on n’a joué qu’un match amical et qu’on manque donc de repères et de rythme. Je nous trouve un peu mous et j’espère que cela va vite revenir.

Le fait de vouloir faire évoluer votre jeu dans une période aussi courte ne vous a-t-il pas au final porté préjudice ?

Peut-être, mais nous voulions faire évoluer notre jeu car on se sait décrypté et attendu sur de nombreux secteurs assez basiques. Pour continuer à gagner, il fallait donc trouver d’autres armes pour surprendre. Et je suis certain que cela portera ses fruits dans les mois à venir. Notre but est de progresser offensivement, de jouer d’avantage pour proposer autre chose que du combat. Mais actuellement, il faut se retrouver sur les basiques, l’agressivité et une très belle défense pour se rassurer

Le groupe est-il déstabilisé par la perte du capitanat de Ouedraogo et la nomination de quatre capitaines cette saison ?

Le club a fait savoir qu’il voulait quatre capitaines. C’est son choix. Est-ce Fufu le numéro un ? Je ne sais pas car je ne fais pas partie du truc. Mais capitaine ou pas, il fait toujours son boulot de la même façon. Après, il doit y avoir d’autres leaders qui émergent sur le pré et peut-être qu’à l’heure actuelle, nous ne répondons pas tous présent.

Quel regard portez-vous sur votre duel à la mêlée dimanche avec Baptiste Serin ?

Avec Baptiste, on se ressemble car même s’il est plus grand que moi, nous ne sommes pas des 9 bodybuildés. Il a une très bonne vision du jeu, une excellente passe des deux côtés, tape des deux pieds et bute. Il est très complet et beau à voir jouer. Il représente sûrement l’avenir du rugby français donc c’est toujours intéressant de se mesurer à un tel joueur.

Propos recueillis par Julien Louis

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