La honte

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Les Isérois sont restés longtemps enfermés dans leur vestiaire. Mais si des paroles fortes ont été prononcées, le FCG a besoin d’actes.

Neuvième défaite consécutive, la troisième en autant de matchs cette saison, la deuxième sanctionnée d’un bonus offensif à l’extérieur… N’en jetez plus, la coupe est pleine, et le bilan tout simplement digne d’une lanterne rouge. Laquelle n’en finit plus de voir grandir la forêt de ses insuffisances, que même l’arbre Aplon (auteur de son quatrième essai de la saison, soit l’intégralité des réalisations du FCG) ne peut plus cacher. Une débâcle, une autre, qui valut au vestiaire isérois de rester longtemps fermé. Que s’est-il dit, dans cette intimité? Oh, rien qui ne puisse être trahi. Gio Aplon, encore, incitant ses partenaires à livrer ce qu’ils avaient sur le cœur, à exprimer ce que signifiait, pour eux, le fait de porter le maillot du FCG. Alors oui, il y eut des mots, forts. Quelques larmes, aussi. L’embryon d’une réaction? Seul l’avenir pourra le dire…

Le hic, c’est que le FCG arrive à un moment de sa saison où les mots ne compteront plus. Parce que ce n’est pas avec des mots que l’on pousse, malheureusement, en mêlée, et que l’on ne saurait décemment demander à Gio Aplon de tout faire. Voilà pourquoi il faudra bien se poser, en haut lieu, la question du cas Dayna Edwards. Placardisé par Bernard Jackman depuis le début de la saison en raison de ses écarts de poids, le pilier droit australien demeure malgré tout l’unique valeur sûre du club alpin dans le secteur de la mêlée fermée.

 

Le cas Edwards

La preuve? C’est que si les Grenoblois s’étaient flattés la semaine dernière d’un meilleur comportement en mêlée, celui-ci avait étroitement coïncidé avec l’entrée d’Edwards en deuxième mi-temps. De quoi s’étonner de son absence sur la feuille de match à Lyon, alors que les Isérois savaient que les Rhodaniens allaient clairement cibler ce secteur, avec le retour aux affaires de cette vieille connaissance d’Albertus Buckle? Et oui, quand même… Car même si ses détracteurs assurent – probablement non sans raison – qu’une titularisation d’Edwards revient à évoluer à quatorze dans le jeu courant, force est de constater qu’en son absence, le FCG joue aussi souvent en infériorité numérique, la faute aux cartons jaunes récoltés dans l’épreuve de force. On peut s’appeler Bégon, Landreau, Noriega, Dundon, voire même Jean Liénard ou Jacques Fouroux, le constat demeure le même: sans Edwards, la mêlée du FCG tangue. Un constat amplifié par l’absence en deuxième ligne de la poutre Hendrick Roodt, pour lequel le président Chérèque nous a encore confirmé ce week-end qu’aucun joker ne pouvait être envisagé…

 

Alors, dans ce contexte, un retour d’Edwards pour la réception du leader briviste est-il indispensable ? Au vu du profil de l’adversaire et du contexte de la partie, cela semble inéluctable… Car en cas de nouvelle débâcle en mêlée et de quatrième défaite de la saison, on imagine mal quels ressorts psychologiques les entraîneurs pourraient bien activer pour sauver la patrie. Rejaillirait alors, en effet, cette sinistre perspective d’une vingtaine joueurs en fin de contrat, que toutes les journées de team-building du monde – comme celles prévues en début de semaine - ne sauraient contrebalancer. Les hommes restant des hommes, et les rugbymen professionnels des professionnels. Le FCG le sait, pour en avoir payé le prix voilà onze ans…  

Nicolas Zanardi
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