Au cœur du monde

  • Au cœur du monde
    Au cœur du monde
Publié le , mis à jour

Sainte-Foy La Grande - Là où Lamerat, Ledevedec et Mola ont découvert le rugby, l’accueil de joueurs étrangers est devenu une tradition, très éloignée des considérations financières. La population foyenne s’en réjouit.

A Sainte-Foy La Grande, aux confins de la Gironde et de la Dordogne, patrie annexe des Britanniques, les bavardages sur l’arrivée massive des étrangers font sourire. Depuis le milieu des années 70, le Stade Foyen a inscrit à son patrimoine des échanges qui sont autant d’aventures humaines. Les trois frères Pattinson — on se souvient de l’arrière Jimmy acteur de la finale de Deuxième division en 1978 et de la montée en Nationale - furent les premiers à venir installer leur entreprise familiale. à la même époque, au ministère de l’éducation nationale, un Foyen était en charge de la distribution sur le territoire des lecteurs d’anglais britanniques. Ceux qui possédaient un bon cursus rugby prenaient la direction du lycée de Sainte-Foy. C’est ainsi que les écossais Graham Linn et Peter Drenann, le Gallois Simon Griffin, parmi d’autres, ont porté le maillot rouge et noir. Ce fut aussi le cas du Néo-Zélandais Nick Feast, si attaché au club qu’il fit un aller-retour pour venir assister aux obsèques de l’ex emblématique pilier Jean Besse. La maison de Jeannot et Marie-Claude a toujours été pour les étrangers un lieu d’accueil ouvert et convivial. L’ensemble du village est également concerné et déploie son sens de l’hospitalité. Une association dispense bénévolement des cours de français, des emplois sont proposés afin de valider les études, les familles se mobilisent pour inviter « leurs amis étrangers » à leur table, et dans son établissement du Comptoir du sport, Eric Jarnage offre chaque jeudi soir un dîner gratuit à la communauté. Histoire de créer des liens indéfectibles.

La formation reste prioritaire

Il y a une dizaine d’années, autour de l’ancien demi de mêlée Yannick Queyrou l’un des héros des années 70, une « commission internationale » a été créée. Elle est animée aujourd’hui par Simon Griffin qui active efficacement ses réseaux. Le Gallois partage avec Sainte-Foy une histoire d’amour. Il revient régulièrement en famille dans la maison qu’il a achetée. À ses côtés, Queyrou, qui conduit à Paris ses affaires professionnelles, et André Turcki œuvrent avec le même enthousiasme. Yannick Queyrou est fier de ce que le Stade Foyen a accompli : « Sainte-Foy c’est une trilogie : la bastide, les vignes et le club de rugby. Cet accueil des étrangers fait partie de notre patrimoine culturel. Nous sommes en quelque sorte des Barbarians et ces échanges se font en parfaite harmonie avec la population. Ils apportent un enrichissement mutuel. » Le demi de mêlée sud-africain Christoff Fernhout est venu cette saison se joindre à la belle aventure que vont vivre l’Ecossais Andy Mackay, le Néo-Zélandais Téo Fudakowski et le Sud-Africain Botta Kleinhans dans des conditions d’amateurisme pur et dur. Au Stade Foyen, la politique de formation reste un axe prioritaire. Quel club fédéral pouvait se targuer d’avoir en Argentine deux titulaires tricolores issus de son école : Julien Ledevedec et Rémy Lamerat. Et quand Hugo Mola, un autre enfant du pays, a traversé son année sabbatique, il a joué bénévolement le rôle de manager des seniors. Chacun est imprégné de cette culture locale, la preuve, en Argentine, Julien Ledevedec a si bien vanté les mérites de son club qu’il a « recruté » à Cordoba un jeune numéro huit de 1re division, Matias Vila, lequel arrive en compagnie d’un talonneur, Facundo Michelazzo. Les réseaux foyens continuent de s’ouvrir sur le monde.

midi olympique
Voir les commentaires
Réagir

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?