Toulon ou le roman d’un pataquès

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    Toulon ou le roman d’un pataquès
Publié le , mis à jour

Depuis trois ans, le dossier de la succession de Laporte n’en finit pas de rebondir. Retour sur un feuilleton assez baroque.  

Ça, c’est un feuilleton ! Parmi les plus pittoresques que puisse nous offrir le sport professionnel... Rarement, un club aura été autant à la hauteur de sa réputation extra-sportive, comme si tout avait été écrit par un scénariste en vue d’une série à succès. Qui sait d’ailleurs, si un jour, Canal + ou Netflix ne s’inspirera pas du RC Toulon 2016 pour nous tenir en haleine le temps d’une saison ….télévisuelle. Tout a commencé quand Bernard Laporte a annoncé en 2013 qu’il n’entraînerait plus le RCT après juin 2015. Mourad Boudjellal réussit à lui faire changer d’avis en le faisant prolonger son séjour d’un an, jusqu’en 2016, donc. Mais en avril 2014, le président Toulonnais annonce la venue de Diego Dominguez pour remplacer Laporte. Celui-ci doit arriver en décembre 2015 en tant qu’observateur en attendant de prendre ses fonctions. Le choix semble faire l’unanimité car en France, l’image de Dominguez est associée aux succès du Stade français des années 90-2000.

 

Quand Dominguez manque le coche

La saison 2015-2016 commence dans une ambiance assez baroque car Bernard Laporte commente la Coupe du Monde au micro de TF1 et lance sa campagne pour devenir président de la FFR. L’équipe est entraînée au quotidien par l’Australien Steve Meehan qui vient d’arriver avec deux ans de contrat ; plus Jacques Delmas qui a prolongé son bail pour deux saisons en avril 2015. Les deux hommes sont donc censés travailler avec Diego Dominguez un manager qui ne les a pas choisis et qui doit en plus arriver bien après eux. Mais on comprend à ce moment-là que Boudjellal se pose des questions sur Dominguez car celui-ci n’a pas voulu venir dès septembre au RCT. Un soupçon s’installe dans la tête du patron . Il parle alors de ce poste à Fabien Galthié. Puis il contacte Marc Dal Maso, porté par la vague du parcours japonais , mieux il lui fait signer un contrat d’entraîneur adjoint. Mais il n’a parlé de lui ni à Jacques Delmas, ni à Diego Dominguez.... De l’art de se créer des problèmes et de s’auto-caricaturer. Les clichés toulonnais ont la vie dure... Début 2016, il revoit Galthié mais celui-ci ne veut pas s’engager en raison de son affaire prudhommale avec Montpellier.

Une rentrée sur fond de tensions

En juillet 2016, la rentrée est plutôt chaude, il devient évident que Dal Maso n’est pas désiré par Dominguez, il devient aussi évident que Dal Maso et Delmas ont du mal à travailler ensemble. Les deux hommes peinent à s’adresser la parole. Mi-juillet, Boudjellal et Dominguez s’accrochent sérieusement, le président aurait même montré la porte à l’Italo-Argentin, puis il contacte Graham Henry, Mike Ford, et surtout Stuart Lancaster qu’il rencontre physiquement à Paris. Le pataquès est énorme. Le grand public n’y comprend plus rien. Mais le renvoi de Dominguez s’avère trop délicat sur le plan juridique. C’est ce qui ressort d’une entrevue des avocats des deux parties, c’est dire si les choses sont allées loin. La situation semble rentrer dans l’ordre jusqu’aux premiers matchs du Top 14. Une défaite à Bayonne en ouverture, une victoire de justesse à Pau et surtout une défaite à domicile contre Brive ; Mourad Boudjellal laisse entendre qu’il pourrait frapper un grand coup sur la table. Le nom de Galthié recommence à circuler, mais plutôt pour le mois de juin. Avant le déplacement à Toulouse, Diego Dominguez se retrouve en position extrêmement délicate. Il ne peut pas ne pas se dire qu’il n’y aura pas de nouveaux rebondissements sur la Rade.

Jérôme Prévot
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