Tomas: « Un rendez-vous très particulier »

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    Tomas: « Un rendez-vous très particulier »
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Le demi de mêlée de la Section paloise évoque ses retrouvailles avec son club formateur Montpellier. Un match toujours particulier pour le joueur.

Quatre ans après votre départ, la confrontation face au MHR garde-t-elle un sentiment particulier ?

 

Bien sûr. Surtout à Montpellier. C’est LE rendez-vous de la saison pour moi. Celui où je vais jouer devant mes parents, mon frère, mes sœurs, les parents de mon épouse, mes amis d’enfance et face à quelques copains même s’il n’en reste pas beaucoup (rires !). Cette semaine, j’ai bataillé avec mes nouveaux coéquipiers pour tenter de récupérer un maximum de places pour cette rencontre. C’est un moment que j’attends avec impatience. Même si le club a beaucoup évolué, ce sera toujours particulier pour moi d’affronter le MHR.

 

Comment jugez-vous son évolution ?

On est passé d’un club au fonctionnement familial à une véritable PME qui veut des résultats et les obtient. Je n’ai pas à juger ou à déplorer la méthode. Une, voire deux ou trois pages se sont tournées depuis que j’en suis parti. C’est une équipe sud-africaine avec un entraîneur étranger qui a carte blanche en matière de recrutement tant qu’il obtient des victoires. Ce qui est sûr, c’est que le MHR n’est plus le Petit Poucet du Top14 mais est devenu l’un de ses cadors.

 

Reste que le MHR a tourné le dos à ce qui faisait son ADN, la formation ?

Mais il n’en a plus besoin pour exister. Il s’appuie sur une autre politique. Ce n’est pas le seul en Top 14. C’est devenu un club ultra-professionnel. Avant, dans le vestiaire, tout le monde savait ou donnait son avis sur le recrutement d’un tel ou d’un tel. Le club partageait tout avec les joueurs. Aujourd’hui, c’est plus secret, plus pros aussi.

 

Des quatre fantastiques (Tomas, Trinh-Duc, Picamoles et Ouedraogo tous formés au MHR et devenus internationaux), il ne reste que Fulgence. A-t-il fait le bon choix de poursuivre à Montpellier ? Vous ou Louis avez été champion de France ailleurs.

C’était et je crois c’est toujours le capitaine ! « Fufu » a été assez vite le patron de notre génération. C’est lui qui a évolué avec le groupe professionnel en premier. Je crois que pour le moment, il a bien fait. Être à Montpellier ne l’a pas handicapé. Au départ, nous voulions tous les quatre grandir avec ce club. Cela ne s’est pas fait. Chacun a pris son envol et mes expériences vécues à Castres et au Stade français ont enrichi mon bagage rugbystique et ont fait de moi un homme. Je n’ai pas de regret même si les liens qui se sont créés entre nous sont forts. Avec François, on était très heureux de se retrouver pour le match Pau — Toulon et on a envoyé ensemble un texto pour souhaiter bonne chance à Louis qui jouait son premier match avec Northampton. Et samedi, j’irai claquer la bise à « Fufu ».

 

Venons-en au match, comment la Section l’aborde-t-elle ?

Plus sereinement après la victoire face à Bayonne. C’est toujours plus simple de travailler après un succès qu’une défaite. On a bossé - comme les autres vous me direz - mais pas mal durant les deux mois d’intersaison. Il fallait trouver de la cohésion et les deux revers ont marqué le vestiaire. Il ne fallait pas rentrer dans une sinistrose. Cette fois-ci, notre saison est lancée.

 

Avec quels objectifs ?

Une bonne partie du groupe a pas mal bourlingué en Pro D2 et a été le ciment de la montée et du maintien de l’an passé. Maintenant, il ne faut pas que l’on fasse un complexe d’infériorité. Nous avons le potentiel pour bien vivre dans ce Top 14. Nous aussi nous avons des qualités rugbystiques. On se doit tous de rêver à la même chose. Il faut maintenir le club mais on ne doit pas jouer avec la peur de perdre, mais l’envie de gagner. Ce n’est pas du tout la même philosophie.

 

Qu’est-ce qui vous marque dans votre association au quotidien avec Colin Slade ?

Son implication dans le plan de marche. Colin est très exigeant avec lui-même et aussi envers le groupe. Mais surtout en semaine, il n’hésite pas à sortir du simple rôle de joueur. À la vidéo, s’il décèle une faille chez l’adversaire, ou un point à travailler chez nous, il n’hésite pas à le dire, à proposer à Frédéric Manca (l’entraîneur des lignes arrière, N.D.L.R.), un choix de combinaison ou un lancement différent. Il discute beaucoup en amont avec nous ou avec les coachs alors qu’une fois la rencontre débutée, il est dans sa bulle. Il te transmet les informations pour jouer mais n’est pas du style à t’encourager. À l’inverse par exemple d’un Conrad Smith, très présent aussi pendant les rencontres.

Pierre-Laurent Gou
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